Le prix du pouvoir - Chapitre IV

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Le prix du pouvoir - Chapitre IV

Message par Claire Sazraêl le Dim 11 Fév - 11:35





Claire Sazraêl : Sith de rang (humaine)

Kenntrav Havern : Garde de la maison Sazraêl (humain)

Miha : Esclave de la maison Sazraêl (Twi'lek femme)

Dix-sept : Compagnon de Claire (droide)

Aya Faurrel : Noble de Zakel, retenue par la maison Sazraêl (humaine)

Teneb Asren : Seigneur sith, gouverneur du système Galaan (humain)

Kaleb Asren : Seigneur sith (humain)








Demeure Sazraêl : Dromund Kaas. Bordure extérieure, secteur Esstran, système Dromund (territoire impérial)

Palais Faurrel : Zakel. Régions inconnues.
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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre IV

Message par Claire Sazraêl le Dim 11 Fév - 11:36

Journal de Claire Sazraêl
Entrée 38, enregistrement audio
Katunda 32 Kelona 23 Ap. TC



Quelle imbécile…
Quelle imbécile ! Quelle imbécile ! Quelle imbécile !

Et dire que j’en suis réduite à cela. Déterrer un vieux journal, datant d’une époque que je m’efforce d’oublier. Déversant mes pensées dans cet enregistrement audio comme le ferait une adolescente en manque d’attention.
J’ignore pourquoi je suis revenue à ce vieux journal qui prenait la poussière. Le besoin d’un exutoire ? L’envie de retrouver quelque chose de connu ? Autrefois je pensais que tenir un journal m’aidait à mettre un peu d’ordre dans mes pensées. Que le simple fait d’écrire ou de parler permettait de m’éclaircir les idées.
Et bon sang, que j’en ai besoin !


Deux mois…il m’aura fallut moins de deux moins pour tout foutre en l’air. Mais quelle conne !

Tout allait pourtant si bien pour le moment. Ma base de pouvoir se construisait, mon réseau de connaissance s’étendait, les autres sith finissaient par me reconnaître comme une des leurs, et même les tentatives d’assassinat avaient cessées.
Et moi, avec cette bonne situation qu’est-ce que je décide de faire ? Je fous tout en l’air ! Je vole mes plus précieux alliés ! Je mens aux services secrets ! Et tout ça pour quoi ? Pour une *censuré* de Zakelienne ! Une ennemie, dont la famille se prélassait dans le luxe pendant que son peuple saignait à blanc le reste de la galaxie ! Une foutue gamine que j’ai vendue sans hésitation la dernière fois.

Bon sang, mais pourquoi je prends la peine d’en parler ? Qu’est-ce qui m’empêche de contacter les Asren, et de leur rendre la gamine ? Un simple appel, et tout sera réglé. Avec de la chance peut-être même qu’ils récompenseront ma loyauté. Pour une vraie sith, la question ne se poserait même pas.


[Un long silence suis avant que l’enregistrement ne reprenne, laissant entendre une voix blasée]


Mais je ne peux pas…

Comment pourrais-je ? Comment oublier les marques et les cicatrices sur son dos ? Le regard qu’elle m’a lancé dans cette navette…comme si j’étais un monstre encore pire que les Asren. Est-ce que c’est ce que je suis devenue ? Un monstre ? Après tout j’ai tué sa protectrice, et je l’ai livré aux assassins de sa famille. Les marques qu’elle porte, la torture qu’ils lui ont fait subir sont tout autant ma faute que la leur.

Mais *censuré* de *censuré* de *censuré* *censuré* *censuré* quel genre de personne peut infliger une telle chose à un enfant ?
Et quel genre de personne je serais en leur livrant, maintenant que je sais ce qui l’attend là-bas ?


[Nouveau silence, aussi long que le précédent]


Je n’ai pas le choix. J’ai menti à cet homme des services secrets, et j’ai menti directement aux Asren. Peu importe l’excuse que je leur sortirais à présent, je suis de toute façon foutue. Tout ce que je peux faire, s’est garder la gamine aussi cacher que possible, en attendant de trouver une solution au problème.
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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre IV

Message par Claire Sazraêl le Jeu 15 Fév - 17:40

Journal de Claire Sazraêl
Entrée 39, enregistrement écrit
Atunda 36 Kelona 23 Ap. TC


A croire que tout le monde s’est donné le mot pour m’agacer…
En me repassant l’extrait de la dernière fois, je me rend compte à quel point il était stupide de croire que tout irait si bien. Que je pourrais simplement cacher Aya sur Dromund Kaas sans que cela ne créer des problèmes.

Mais commençons par le début. Comme prévu, les arènes se sont tenues sur ma demeure de Dreshdae à peine quelques jours après les évènements sur Aringill. Vu la situation j’aurais mieux fait de les annuler, mais cela aurait inévitablement soulevées des questions. Garder les apparences sauves, faire comme si de rien n’était, tel est ma meilleure défense face aux soupçons que pourraient avoir les Asren.
Dans l’ensemble, cette soirée fut plutôt une réussite, avec de très beaux combats contre les créatures que j’avais achetées. Seule Mazie Keen, l’apprentie du seigneur Iv Jivan, s’est montrée décevante face à son adversaire. Sans l’intervention des droïdes, je crois que ce Vorantikus aurait tout simplement fini de la massacrer. Heureusement ses blessures n’étaient pas mortelles, et on a pu l’évacuer sans peine vers l’infirmerie.





Je crois que s’est à partir de là que les choses ont commencées à mal tourner…

Lorsque je suis arrivée à l’infirmerie après les combats, pour voir comment l’apprentie se portait, son maître était déjà présente. Surplombant Kurületh, une sith de rang, avec l’intention de l’envoyer ad patres. Tout ça pour une sombre histoire sabre laser que la sith aurait essayer de dérober à son apprentie pendant qu’elle était inconsciente.
Comme si j’avais le temps pour de telle connerie…Malheureusement, le vol avait eu lieu dans ma demeure, ce qui m’obligeait à trancher rapidement cette affaire, mais sans preuves formelles autres que la parole des deux sith.
Alors, afin d’apaiser tout le monde, j’ai décidé de retenir Kurületh chez moi jusqu’à ce que cette affaire soit résolue.

La garder chez moi…bordel mais il fallait vraiment être totalement conne pour dire cela !
Mais à quoi je pensais bon sang ?! Après tout ce n’est pas comme si je cachais une Zakelienne sous mon toit !

Bien sûr, j’ai essayé de confiner Kurületh à certains quartiers de la demeure, en espérant qu’elle ne croise pas Aya. Mais s’était plus facile à dire qu’à faire : plus d’une fois les gardes ont dû la faire patienter devant une pièce, en attendant d’aller cacher l’enfant et toute trace de sa présence. Mais la situation ne pouvait pas durer éternellement, et j’ai finalement dut me résoudre à organiser un duel judiciaire entre les deux, afin de régler le litige.
Et même ça ne s’est pas passer sans accrochage ! L’apprentie du seigneur Iv Jivan la dominait tellement que Kurületh en est venue à des techniques de plus en plus extrêmes, au point de finir par lui balancer une poussée de Force…alors que l’apprentie la maintenait au-dessus du vide. Ouais, niveau débile j’ai déjà vu beaucoup de choses, mais là on a quand même trouvé un autre stade.





Mais le pire, s’est que ce que je redoutais est arrivé. Durant son séjour Kurületh avait remarqué que quelque chose ne tournait pas rond, et plus d’une fois les gardes l’avaient retrouvé dans une zone qui ne lui était pas affectée, essayant de se rendre jusqu’aux pièces d’Aya.
Alors, en désespoir de cause, elle a essayé de cuisiner Miha. Jouant tant sur la menace que sur les promesses d’une possible liberté pour lui arracher des informations.

J’ignore encore pourquoi Miha a refusé de parler. Une certaine forme de fidélité entre moi ? Cela serait surprenant : elle n’a jamais caché tout le mal que je lui inspire, et les missions dans lesquelles je l’entraine n’ont rien fait pour améliorer les choses.
Alors pourquoi ? Pourquoi un tel silence ? Pourquoi rejeter sa seule chance de gagner sa liberté ? Peut-être pour cette enfant…Pour éviter qu’elle ne retourne aux mains de ses bourreaux, et ne subisse les tortures qu’il lui réserve. Peut-être parce Miha a fini par s’identifier à elle.





Dans tous les cas, il va falloir que je me montre plus prudente. Je ne peux pas simplement compter sur les gardes pour surveiller Aya, et si Kurületh a eut des soupçons, alors d’autres finiront aussi par en avoir.

Pourvu seulement que cette gamine ne tente rien de stupide.
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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre IV

Message par Claire Sazraêl le Dim 18 Fév - 12:05



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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre IV

Message par Claire Sazraêl le Mar 20 Fév - 13:25

Journal de Claire Sazraêl
Entrée 40, enregistrement écrit
Atunda 15 Selona 23 Ap. TC


Cela commence à ressembler à une mauvaise blague, ou une histoire peu inspirée. Je termine mon entrée en me plaignant de la situation actuelle, et j’ouvre l’entrée suivante en disant que les choses se sont encore dégradées. Peut-être que je devrais songer à arrêter d’écrire dans ce journal, cela a l’air de me porter la poisse…

Comme je le craignais, les Asren ne sont pas restés inactifs. L’un des leurs, Teneb, est arrivé il y a quelques jours sur Dromund Kaas. Officiellement il n’est là que pour servir d’intermédiaire avec le moff Incarnus, afin de préparer la réplique de l’empire contre les Jedi qui ont attaqué Aringill et les autres sites impériaux. Mais est-ce vraiment la seule raison de sa présence ? En apparence, rien ne permet pour le moment de croire l’inverse, cependant il faut mieux se méfier. Cet homme appartient à la sphère des mystères, les spécialistes pour dissimuler leurs pensées, et j’ai vu de quoi il est capable. Vraiment le genre de personne dont il vaut mieux se méfier…
Et comme si ça ne suffisait pas, Aya ne fait vraiment rien pour m’aider. Elle a encore tenté de s’échapper l’autre jour, en profitant d’une inattention de la part des gardes. Ils ont heureusement réussi à la rattraper dans les escaliers, juste avant qu’elle ne déboule au beau milieu des invités. Bordel, il va vraiment falloir que je me montre plus prudente ; cette fois-ci j’ai eu de la chance, mais qu’est-ce qui se serait passé si elle avait fait quelques mètres de plus ?

Pas le choix, il me fallait absolument une solution, quelqu’un qui puisse surveiller Aya, et au mieux calmer ses envies d’évasion.

Par chance, quelqu’un de parfait pour ce travail s’est présenté. Un sith du nom d’Adwith Weiss, revenu d’un long exil de plusieurs années. Un type du genre un peu simplet, qui a réussis à se faire enfermer dès son premier jour sur Dromund Kaas. En apparence pas le genre de type idéal, mais j’ignore pourquoi j’ai directement eu un bon sentiment à son sujet. D’autant plus qu’il a une dette et un accord avec moi : je l’ai fait sortir de prison, et pour peu qu’il me serve fidèlement je lui donnerais un vaisseau pour qu’il parcourt la galaxie à sa guise.




Mais bien sur il n’était pas question de lui faire confiance de suite. J’ai commencé par le laisser trainer quelques jours dans la demeure, voir ce qu’il valait, et je l’ai envoyé participer au briefing du moff Incarnus concernant les attaques Républicaines. Ces quelques jours ne faisant que confirmer ma première impression : l’homme fait preuve d’une étrange fidélité, et derrière son apparence simpliste il cache bien plus de bonté qu’il ne veut bien l’admettre.




Dans l’idéal, j’aurais encore pris quelques jours pour confirmer cette opinion, mais le temps était trop compté. Chaque jour Miha rapportait de nouvelles tentatives d’évasions, et si je n’agissais pas rapidement alors Aya finirait par s’enfuir.

J’ai donc décidé de l’envoyer avec Creeta porter un cadeau à l’enfant : un bébé nexus. Ouais, je sais, ça a l’air d’être totalement irresponsable comme cadeau : confier une créature avec des crocs tranchants comme des rasoirs ce n’est pas l’idéal. Mais il parait que ce genre de créature se montre très affective au début de leur vie, et j’espère que cette affection permettra de créer un lien qui retiendra Aya.

Malheureusement, la suite ne s’est pas déroulée aussi bien que je l’espérais. Certes les trois ont réussi à se créer un lien, et vu le caractère de cette Zakelienne le simple fait qu’elle ne leur ait pas jeter une table à la face est en soit une victoire. Mais il a fallu qu’Adwith en fasse trop, et lui confie son sabre laser.
Son sabre laser bordel ! Mais à quoi il pensait ce crétin ?!
Ah certes, niveau lien là ça fait fort. Selon Creeta la gamine a été totalement déstabilisée par ce don, et cela a réussit à la calmer. Mais un sabre laser…pourquoi pas un pass de toutes les portes tant qu’on y est ? Ce qui aurait coûté moins cher, vu le renforcement de la sécurité que j’ai dut payer pour qu’elle ne puisse pas simplement creuser un trou dans la porte et s’enfuir !




Bordel, pourquoi est-ce qu’à chaque fois que j’essaye d’améliorer la situation il se trouve quelqu’un pour tout faire foirer ?!

Bon…heureusement tout n’est pas aussi noir qu’il y paraît. Selon Miha, l’enfant a acceptée le nexus sans broncher. Elle lui a même donné un nom : Aivela, du nom d’une déesse Zakelienne. Avec un peu de chance cela calmera un peu ses envies de fuite.

L’autre bonne nouvelle est la réaction de Creeta et Adwith lorsque je leur aie expliqué la situation. Aucun des deux n’a montré le moindre signe de doute, ou le plus petit indice qui laisserait douter de leur loyauté. Au contraire même, je crois que cela a fini de les convaincre de me suivre dans cette affaire, et de la protéger des Asren. En cela, le lien établis entre elle et eux a bien mieux fonctionné que ce que j’aurais put espérer.




La dernière bonne nouvelle est que Teneb Asren ne s’est pas fait que des amis sur Dromund Kaas. J’ignore encore les raisons de cet affrontement, mais je sais que lui et Leanne Iv Jivan se sont battus dans la tour du peuple. Une sombre histoire de duel judiciaire, qui s’est fini sur une égalité. La seule chose dont je suis certaine, s’est que la tsis n’était pas spécialement ravie, et qu’ils ne se sont pas quittés en très bon terme.

Avec de la chance, peut-être que je pourrais utiliser cette rivalité à mon avantage.

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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre IV

Message par Claire Sazraêl le Ven 23 Fév - 15:15

La nuit était déjà bien avancée lorsqu’elle ouvrit les yeux. Un rapide coup d’œil en direction de l’horloge, qui reposait sur une élégante table fleurie, indiquant bientôt minuit. L’heure à laquelle les gardes commençaient à relâcher leur attention, terrassés par une éreintante journée de service, et à laquelle les personnes parties en soirées n’étaient pas encore revenu. Exactement l’heure qu’elle espérait.
Lentement, son regard remonta vers la porte verrouillée, observant à travers le transparacier la vaste pièce qui se trouvait derrière. Comme prévu, aucune sentinelle n’avait été postée devant sa chambre ; la sécurité qui avait été intégrée à la porte et aux murs étant largement suffisante à leurs yeux. Qu’elle se contente simplement d’érafler la peinture, et les capteurs le détecterait aussitôt, prévenant le poste de garde au rez-de-chaussée. Selon tests qu’elle avait mené, et dont les marques étaient encore visibles sous la forme de trainées noircies, il ne le faudrait que trente secondes avant de débouler dans la chambre.

Mais elle n’avait pas l’intention de sortir par là.
D’un geste lent elle retira la couverture posée sur son corps, le reste de son corps. Par chance, personne n’avait remarqué qu’elle était partie se coucher avec ses vêtements de jour, une tunique noire légère munie d’un pantalon et d’un gilet, qui n’entravaient nullement ses mouvements. La tenue idéale pour ce qu’elle s’apprêtait à faire, ses bottes en cuir effleurant le sol avec légèreté sans provoquer le moindre bruit. Malgré cela, elle s’arrêta quelques secondes dès que ses pieds touchèrent le sol, tendant l’oreille.
Son geste était cependant inutile. Tout était calme dans cette pièce où elle se trouvait enfermée depuis des semaines. Seul le bruit régulier du datapad, un cadeau d’Adwith afin de l’occuper, venait troubler le silencieux religieux de l’endroit. Le ronronnement de l’appareil entrant en parfaite synchronisation avec celui du petit nexu qui reposait sur un coussin rouge, ses piquants dorsaux se soulevaient au rythme de sa respiration.
Rassurée, l’enfant put poursuivre, exécutant la première phase du plan qu’elle avait élaborée au cours des dernières semaines. Depuis en réalité que le sith roux lui avait fourni un sabre laser, avec l’espoir fou que cela calmerait ses envies d’évasion, et la mettrait en confiance. Après ce soir, il allait comprendre quelle bêtise il avait commis, la pensée du châtiment que Claire allait lui infliger traversant l’esprit d’Aya sans la faire hésiter une seule seconde. Derrière leurs belles apparences et leurs gentillesses feintes, les sith cachaient toujours de sombres intentions. Mais elle ne tomberait pas dans le piège.

Pas comme ses parents.

Sa détermination renforcée par cette pensée elle alluma le sabre laser, faisant apparaître dans un bourdonnement caractéristique une lame rouge ; ce soudain poids supplémentaire dans le creux de sa main manquant de lui faire perdre l’équilibre, la faisant reculer jusqu’à percuter le panier du nexu qui s’éveilla d’un seul coup, glapissant.
— Chut…silence Aivela ! » pria l’enfant en posant sa main sur la gueule du nexu, tentant d’étouffer le son. Ce qui lui valu un coup de langue affectif lorsque la créature reconnu sa maîtresse, ses jappements effrayés se transformant en une série de grognement joyeux tandis que sa queue se remuait en tout sens, anticipant le jeu auquel ils allaient s’adonner.
— Désolé ma grande, mais je dois retourner chez moi. Retourner sur Zakel. Tu comprends ?
Bien sur elle ne comprenait pas. Seule une série de ronronnement répondit à l’enfant qui tentait de la calmer, observant son propre visage dans les quatre yeux de la créature. Un visage marqué par le doute et la peur….
— Je n’ai pas peur. » répondit-t-elle aux reflets, d’une voix si peu convaincante qu’elle se força à répéter plus fermement « Je n’ai pas peur ! »
D’un bond brusque elle se remit debout, sa soudaine détermination effrayant le nexu qui partit se réfugier sous le lit.

— Je suis Aya Faurrel de Zakel, et je rentre chez moi. » déclara l’enfant qui en oublia toute prudence, sa voix s’élevant haute et forte comme pour lancer un défi à quelques ennemis invisibles.
Sans se retourner, ne voulant pas laisser à sa détermination passagère le temps de disparaitre, l’enfant alla jusqu’à la vitre. Le transparacier sifflant légèrement tandis que le sabre laser le traversait sans la moindre difficulté, découpant quatre lignes plus ou moins droites.
Deux minutes plus tard, et le carré de verre ainsi découpé bascula en arrière, allant se perdre de nombreux étages plus bas libérant un espace tout juste assez grand pour laisser passer la gamine. Une porte de sortie, une échappatoire suspendue à cent mètre au-dessus du sol. Et pourtant elle n’hésita pas plus d’une seconde avant de s’y engouffrer, ses pieds se posant délicatement sur la corniche alors qu’elle jetait un dernier regard vers le nexu qui l’observait de sous le lit.
— Au revoir ma grande.
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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre IV

Message par Claire Sazraêl le Jeu 1 Mar - 18:49

Vu d’ici, la ville n’en apparaissait que plus impressionnante. Ses nombreuses tours, qui s’élevaient en direction du ciel orageux, formant une muraille entre la cité et la tempête qui venait de la jungle. Comme un défi lancé contre la nature elle-même, Kaas City brillait de ses innombrables lumières artificielles et de ses immenses constructions, s’opposant à l’obscurité et aux ténèbres qui enveloppaient le reste de la planète. Peut-être êtes-ce la vraie symbolique que Vitiate et ses architectes avaient voulu créer en posant la première pierre ici, mille ans auparavant.
Si tel était bien le cas, ils avaient dû oublier que seuls les immeubles les plus hauts permettraient une telle vue. Des immeubles comme celui que longeait Aya.
Ses pieds posés sur la gouttière en métal lui longeaient la façade extérieure, la jeune fille avançait avec une prudence que sa célérité ne laissait pas deviner. Presque par instinct, ses mains allaient d’une prise à l’autre, lui permettant de se maintenir fermement contre le bâtiment malgré la pluie qui tombait rudement contre ses vêtements, et les bourrasques de vents qui menaçaient de l’emporter tel un fétu de paille.

* Aller, tu l’as déjà fait. Un pied, puis un autre. * Se répétait mentalement l’enfant, telle une prière silencieuse, une phrase porte chance qu’elle se répétait depuis des années. Depuis l’époque où, bien plus jeune qu’aujourd’hui, elle escaladait déjà sa demeure familiale sur Zakel. Ses escapades faisant enrager les serviteurs comme ses parents, ce qui ne l’empêchait jamais de recommencer malgré toutes les réprimandes du monde.
Comparé aux bâtiments titanesques de la Flèche, Kaas City n’avait rien d’impressionnant à ses yeux, seul le temps exécrable rendant l’excursion difficile. En une dizaine ses pieds l’avaient déjà porté jusqu’à une fenêtre voisine, qu’elle observa discrètement, penchant légèrement la tête à travers l’encadrement.
Heureusement pour elle, personne ne s’y trouvait. Comme prévu Claire n’était pas encore revenue de sa soirée, laissant sa chambre sa surveillance. Le seul endroit du complexe qui n’était pas équipé de caméra.
Souriant devant ce constat, la Zakelienne lâcha une de ses prises pour attraper le sabre laser d’Adwith, commençant à attaquer la fenêtre. Lentement, le laser découpa le transparacier aussi facilement qu’une feuille de papier. Mais contrairement à ce qu’elle avait fait dans sa propre chambre, la tâche était ici rendue ardue par les conditions de la planète. Le vent qui remontait en sifflant le long de l’immeuble l’obligeant à s’agripper de toutes ses forces sur sa maigre prise, ses doigts rendus glissants à cause de la pluie qui ne cessait de tomber en trombe.

Et finalement, ce qui devait arriver arriva.
Une rafale plus puissante que les autres vint soudainement s’engouffrer dans ses vêtements, faisant gonfler son gilet tel un parachute qui l’entrainait en arrière, en direction du vide. L’espace d’une fraction de seconde, elle se vit morte, le corps brisé au pied de la tour.
Mais presque aussitôt, ses réflexes reprirent le dessus. Sans prendre le temps de réfléchir elle abandonna son arme, le sabre laser encore allumé sombrant jusqu’au bas de la rue tandis que sa main désormais libre s’agrippait in extremis à l’encadrement de la fenêtre avant qu’elle ne bascule à son tour. Cette simple pensée faisant monter à ses lèvres une floppée de jurons qui aurait rendu fier un convoyer corellien.
* Ce n’est pas passé loin…. *
Les mains toujours fermement serrées sur ses maigres appuis, la gamine secoua la tête pour s’éclaircir les idées, faisant gicler les gouttes de pluies hors de sa chevelure brune. Plus qu’un effort. Un tout dernier effort, et elle serait enfin libre. Cette simple pensée, cet espoir qu’elle caressait depuis des semaines, lui permettant de surmonter sa peur. Fonçant son corps à bouger de nouveau, son pied droit se décollant de la gouttière pour frapper le transparacier déjà affaiblit par le sabre, et qui se fissura sous le choc. Un second coup, et une partie de la fenêtre vola en éclat, ouvrant une faille par laquelle elle se glissa d’une roulade, craignant l’espace d’un instant que son entrée fracassante n’attire l’attention.

Mais il n’y avait pas de raison de s’inquiéter. La pièce, faiblement éclairée par la console qui continuait d’exécuter ses routines, brillant par son absence de réaction. Personne n’occupait le luxueux lit en bois de Kashyyyk et aux draps de soie noir, assez grand pour accueillir trois occupants. Personne entrain de méditer devant les sculptures de marbre blanc, représentant quelques formes géométriques complexes. Et guère plus de monde devant la table bleu-gris de Quadrillium, où reposaient quelques objets de valeur pour la maîtresse de maison.
Rassurée par ce constat, Aya put se relever lentement, réfléchissant à la suite. De ce qu’elle avait déduis par les conversations avec et entre les serviteurs, la chambre de la Sazraêl avait été spécialement pensée pour mener jusqu’à une terrasse où reposait toujours un speeder. Une sécurité, qui lui permettait de facilement s’échapper en cas d’attaque. Et pour elle-même, une aubaine sur laquelle elle avait construit tout son plan.
Mais son plan ne prenait pas en compte la perte du sabre laser donné par Adwith. Et sans arme elle n’irait pas bien loin, vu son gabarit une seule personne suffirait à l’arrêter. Heureusement elle se trouvait chez une sith, et pour ce genre de personne avoir toujours une arme non loin était un besoin vital.

Motivée par cette pensée, l’enfant commença à scruter la pièce. Aucun râtelier ou arme en apparence, mais cela ne voulait rien dire, la Sazraêl ayant très bien put les dissimuler. Dans la bibliothèque ? S’était peu probable, sa surface déjà surchargée de livres et de rouleaux ne laissant guère de place. Derrière l’un des tableaux accrochés au mur ? Non plus, cela aurait rendu l’accès trop difficile. Cela ne laissait comme solution que le bureau, et ses multiples tiroirs qu’Aya s’empressa de retourner.
De prime abord, le meuble ne contenait cependant rien de bien extraordinaire. Beaucoup de dossiers et de datapad, traitant des affaires en cours pour la maison Sazraêl : sites archéologiques, commerce d’esclave, tournoi. Le seul élément sortant un peu de l’ordinaire étant un médaillon en or qui s’ouvrit en deux lorsqu’elle s’en saisit sans ménagement, son petit holoprojecteur s’allumant pour présenter le portrait en couleur d’une jeune femme. Une sith, si il fallait en croire ses yeux, dont les longs cheveux rouges étaient noués en une longue natte, ses traits si semblable à ceux de Claire qu’Aya crue pendant un temps qu’il s’agissait de la même personne.
Qui était-elle ? Pourquoi la Sazraêl gardait-t-elle l’image d’une personne qui lui ressemblait tant ? Ces questions fusèrent dans son esprit, mais bien vite elles cessèrent, lorsqu’au fond d’un tiroir la Zakelienne découvrit ce qu’elle espérait tant : un sabre laser.
Et pas n’importe lequel. Son manche blanc et doré si caractéristique de l’Empire éternel aurait suffi pour lui mettre la puce à l’oreille, mais elle n’avait pas besoin de cela. Combien de fois avait-elle vue ce sabre laser brandit entre elle et une menace ? Combien de fois cette lame blanche, qui s’allumait à présent devant elle, avait-elle chassée les ombres qui l’effrayait tant ? Brandie entre les mains de celle qui l’avait gardée en sécurisée des mois durant avant d’être assassinée par les Asren et la Sazraêl.
Étrangement, le souvenir de Lazna ne lui procura si douleur ni colère. Ces émotions, qu’elle avait exprimée pendant si longtemps, ayant cessées de l’affecter. A moins que ce ne fut la tension du moment ? Qu’importe au final. D’un geste elle attacha le sabre laser de Lazna à sa ceinture, remplaçant celui d’Adwith, avant de se mettre en mouvement vers la porte qui glissa pour la laisser passer sans résistance. Un véritable boulevard s’ouvrant à elle jusqu’à la navette qui attendait sur son aire d’atterrissage.

Un chemin vers la liberté tant désirée.
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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre IV

Message par Claire Sazraêl le Mer 7 Mar - 17:02

— PAUVRE CRETIN !
Porté par une rage non contrôlée, le poing fermé s’écrasa contre la mâchoire de l’homme. Sans rechercher à résister d’une quelconque façon, celui-ci senti ses pieds décoller du sol, quelques instants avant de s’écrouler lourdement devant son agresseur. L’air, chassé de ses poumons en un souffle, venant agiter sa barbe rousse alors qu’il cherchait instinctivement à reprendre sa respiration. Cela s’avéra cependant plus difficile que d’habitude, un mince filet de sang coulant de son nez, tâchant le tapis qui recouvrait le parquet de la chambre.
Mais êtes encore une chambre ? Même un adolescent enragé n’aurait pu mettre une pièce dans un tel état. Et il ne s’agissait pas que du trou qui avait été fait dans l’une des fenêtres ; partout où il portait son regard tout n’était que destruction et désordre.
La table renversée gisait en deux morceaux, dont l’un avait fini dans la console qui crépitait encore de quelques étincelles, qui semblaient émettre comme un dernier râle d’agonie. Même le lit luxueux n’avait pas été épargné, ses draps trainant en désordre à travers la pièce, le sommier éventré en son centre par le lustre qui lui était directement tombé dessus. Comme si une tempête était venue pour mettre l’endroit sens dessus-dessous.
Et tempête il y avait bien eu en réalité. Un cyclone qui trouvait son œil juste devant lui, ses coups de pieds rythmés par les hurlements qui sortaient de sa gorge.
— IMBECILE ! PAUVRE SOUS MERDE ! QUAND JE PENSE QUE JE T’AI FAIT CONFIANCE ! J’AURAIS DU TE LAISSER CREVER DANS CETTE PRISON !
Cela durait à présent depuis plusieurs minutes maintenant. Les coups, les insultes, qui suivaient le déchainement de fureur avec lequel elle avait balayé la pièce. Fureur qui n’était pas encore parvenue à s’estomper, le visage de Claire déformé par la colère continuant de jurer avec son élégante tenue de soirée ; une robe de soie noire fendue au niveau des hanches, surmontée d’un décolleté à moitié le dissimuler par des nombreux morceaux de tissus qui tombaient et s’enroulaient à partir de ses épaules.
Face au reste de la pièce, une telle tenue semblait ne pas avoir sa place. Détonnant comparer aux meubles qui gisaient en tous sens, et aux tenues de souillon que portaient les deux esclaves qui tentaient de se faire toute petit. Une twi’lek et une mirialan, Creeta et Eleysan, qui depuis plusieurs minutes ne pouvaient qu’assister à la colère de leur maîtresse, espérant que celle-ci ne s’abatte pas sur elles.

Ce qui bien sûr ne tarda pas à se produire lorsque Claire se laissa enfin d’Adwith, laissant le sith roux se recoquiller sur le sol alors qu’elle tournait ses pupilles brûlantes de rage vers les deux non-humaines.
— Et toi ! » gronda-t-elle comme un orage sur le point d’exploser, pointant son index accusateur vers la mirialan qui devenait plus livide à chaque seconde « Je t’avais ordonné de la surveiller. De prendre soin d’elle comme tu l’aurais fait avec ta propre fille. »
— Madame, je ne pouvais pas…
— SILENCE ! Ferme-la ou bien je jure de te découper en morceaux. Quant à toi…Creeta. Quelle pitoyable excuse va tu essayer de me trouver ? N’as-tu donc aucune conscience de ce qui risque d’arriver maintenant qu’elle s’est enfuie. Du risque qu’elle cour en étant dans la nature ? DU RISQUE QUE NOUS COURRONS TOUS ! »
Ce n’était bien sûr pas une vraie question, et la twi’lek eut le bon sens de la reconnaître comme telle, préférant baisser les yeux docilement plutôt que de tenter d’argumenter comme sa camarade. Attendre que la fureur passe, voilà tout ce qu’elle pouvait faire pour le moment.
Et heureusement pour tous, elle n’eut pas à attendre longtemps. La porte de la pièce s’ouvrant soudainement pour laisser passer un homme dont l’uniforme de sous-officier était tâché de sueur, prouvant en plus de sa voix essoufflée de l’empressement qu’il avait eu pour venir ici.

— Excellence… » articula difficilement Kenntrav en tendant triomphalement un datapad « Nous l’avons localisé. »
Sans même un mot de gratitude, Claire alla aussitôt lui arracher le datapad des mains, sa colère balayée en un instant par cette nouvelle tant espérée.
— Comme Adwith le pensait, l’enfant n’a pas pensé à désactivée la balise du speeder. Miha a pu remonter le signal jusqu’à sa localisation actuelle, dans la jungle. » énonça Kenntrav en observant du coin de l’œil le sith se remettre debout.
— La jungle ? Tu veux dire qu’elle est encore à traverser cette vaste étendue ?
Elle n’eut pas à attendre la réponse pour comprendre que quelque chose n’allait pas. Le visage du sergent, qui devint soudain grave, suffisant pour qu’elle anticipe la réponse.
— A dire vrai, elle n’est pas au-dessus de la jungle, mais dans la jungle. La navette s’est faite tirer dessus par une patrouille.
— QUOI ?! » s’étrangla Claire, dont les vagues de fureur firent à nouveau trembler les deux esclaves « Pourquoi ont-ils fait cela ? »
— Des serviteurs ont signalé le vol avant de savoir qui se trouvait à l’intérieur. Vu qu’elle n’a pas répondu à leurs demandes de se rendre, la patrouille a appliqué la procédure standard et a ouvert le feu.
— L’envoyant s’écraser au milieu de la jungle… » compléta-t-elle à voix basse, ses yeux toujours fixé sur le datapad qui affichait une carte de l’endroit « A-t-on plus de nouvelles ? »
— Aucune pour le moment, mais j’ai déjà rassemblé une équipe de six gardes. Ils se rendront sur place dès que vous en aurez donné l’ordre.
— Oublie cela, j’irais seule.

Toute trace de colère ayant disparue, elle balaya l’assemblée de son regard orangé, comme pour les défier de remettre en cause sa décision. Et si son affirmation lui valut quelques haussements de sourcils, voir une légère inquiétude qui transparaissait sur le regard de Kenntrav, personne n’osa remettre en cause son ordre. Tous sachant par avance que cela serait inutile.
— Vous en avez tous déjà assez fait. Désormais je reprends les choses en mains.
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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre IV

Message par Claire Sazraêl le Lun 19 Mar - 19:47

Vu du sol, la jungle de Dromund Kaas était encore moins engageante que vu du ciel. Ses immenses arbres s’élevant si haut qu’ils en dissimulaient le ciel, donnant un sentiment d’oppression que les lianes et les bruits inquiétant ne faisaient que renforcer. Pas étonnant qu’en plus de mille ans l’Empire n’ait jamais réussit à dominer la nature de sa propre capitale, seule une absolue nécessité pouvant expliquer que quelqu’un se rende sur place.
Une absolue nécessitée, ou une absence de choix. Comme ce speeder qui avait soudain troublé la quiétude de ces lieux, brisant des arbres millénaires lorsqu’elle était rentrée à toute vitesse dans la jungle, allant s’écraser si violemment sur le sol que même les plus redoutables prédateurs avaient fuis. La coque pliée par l’impact, une fumée noire s’élevant de ce qui avait été autrefois son moteur, la navette ressemblaient à présent plus à un morceau de taule qu’au véhicule d’une civilisation avancée.
Et pourtant, malgré son piteux état, elle n’avait pas encore livrée tous ses secrets. Quelques minutes après son arrivée fracassante, la navette reprit vie. L’une de ses portes latérales coulissant lentement pour laisser passer une forme qui alla aussitôt s’étaler contre le sol. Une petite forme qui ne cessait de répéter en boucle les mêmes mots.
— Putain. Fait chier, fait chier, fait chier !
Sans chercher à retenir les jurons qui montaient à ses lèvres, la petite fille rampa lentement loin de la navette. Son visage noircit par la suie et ses cheveux en désordre la faisant ressemble davantage à une indigène d’un tribut reculée qu’à une noble ayant grandie sur la planète la plus évoluée de la galaxie.

Il fallut plusieurs minutes à Aya pour cesser enfin ses jurons, et retrouver ses esprits, faisant refluer la peur qu’elle avait subi lors du crash de la navette. Tentant d’imiter les techniques de Lazna elle régula sa propre respiration, s’imposant le calme. Analyser la situation, voilà la seule chose qui devait occuper son esprit pour le moment.
Malheureusement, l’analyse de sa situation ne lui apporta aucun réconfort. Elle possédait toujours le sabre laser de Lazna, toujours accroché à sa ceinture, mais il s’agissait bien là du seul point positif. La navette était irrécupérable, et la douleur que lui provoquait chaque mouvement de la jambe gauche lui indiqua avant même qu’elle ne les voit les nombreuses plaies dont elle avait hérité.
Un constat sans appel qui menaça pendant un temps de la faire céder. Des larmes, tant de rage que de douleur, montant à ses yeux, menaçant de la faire céder à tout moment. Seul un effort de volonté lui permettant de ne pas se mettre à pleurer comme l’enfant qu’elle était, les larmes coulant le long de ses joues sans parvenir à la faire céder. Tous ces mois passés à fuir, puis à survivre au milieu des sith, avaient réussis à la renforcer psychologiquement.
Comment les choses avaient-t-elles pu dégénérer à ce point ? Lentement, les souvenirs commencèrent à lui revenir : le vol du speeder, les deux chasseurs impériaux qui étaient sortis de la brume pour fondre sur elle, leurs transmissions pour exiger qu’elle s’identifie. Ce qu’elle avait été sur le point de faire, avant de se rendre compte qu’elle ne savait pas comment fonctionnaient les transmissions sur ce type d’appareil, cette simple méconnaissance lui valant d’être abattue comme n’importe quel ennemi.
Que faire maintenant ? Elle savait que le spatioport se trouvait à l’Est d’ici, et en temps normal elle aurait tenté sa chance en suivant la course du soleil. Mais s’était sous-estimer grandement le climat détestable de Dromund Kaas, dont les nuages sans cesse chargés de pluies venaient dissimuler le ciel. Ne faisait-il donc jamais beau sur cette planète ?

Mais alors que le désespoir commençait de nouveau à la gagner, un mouvement en périphérie de son champ de vision vint soudain balayer toute envie de se plaindre.
— Qui est là ? » hurla-t-elle d’une petite voix stridente, allumant le sabre laser dont le manche projeta une gerbe d’étincelles. Sans doute l’arme avait-elle été abimée durant le crash, menaçant elle aussi de l’abandonner. Mais pour le moment l’arme tenait encore bon, et la lame blanche vint éclairer les ombres.
Des créatures se tenaient juste là, en périphérie de la zone balayée par le crash du speeder. Des créatures qu’elle identifia au bout de quelques secondes, faisant remonter les maigres souvenirs de ses études sur la faune de Dromund Kaas. Des créatures massives, aux mâchoires remplies de crocs et aux griffes acérées, dont la couleur verte les rendait quasiment invisibles au sein de la jungle.
Des vignes de vignes. Une meute de trois individus, qui l’observaient de leurs regards avides.
— Sales bêtes…aller, ouste. DEGAGEZ !
Raffermissant sa prise sur la lame, s’y accrochant comme à une bouée de sauvetage, l’enfant agita en tout sens le sabre laser avec le vain esprit que cela suffirait à faire fuir les créatures.
Mais les chats de vignes étaient des prédateurs rusés et retords, qui avaient l’habitude d’affronter les sabres laser sur la planète capitale des sith. Si pour le moment ils se contentaient de garder leurs distances, sifflant devant la menace que représentait la lame blanche, cela ne constituait qu’un faible répit, un équilibre précaire qui risquait que s’effondrer à tout moment.

Et finalement, ce qui devait arriver arriva.
Plus déterminé que ses compagnons, l’un des prédateurs décida soudain de mettre fin à cette tension. Usant de ses puissantes pattes arrière, il bondit d’un seul coup sur l’enfant, parcourant d’un seul saut les cinq mètres qui les séparaient. L’intention de la bête aussi simple que claire : écraser littéralement sa proie sous son propre poids avant de la mettre en pièce avec sa puissante mâchoire.
Face à un habitant de Dromund Kaas, à un sith, cela aurait pu fonctionner sans soucis : un sith se serait porté en avant pour affronter la créature, et l’aurait payé de sa vie. Mais malgré les apparences Aya n’était pas un sith perdu au milieu de la jungle, et sa réaction fut l’exact inverse. Plutôt que de lutter elle céda aussitôt, sa détermination apparente s’écroulant face à la menace, la faisant reculer rapidement et trébucher en arrière.
Ce qui lui sauva la vie.
Accompagnant ainsi le mouvement de la créature, elle ne subit pas de plein fouet le saut qui aurait dut lui briser les épaules, ce dernier ne faisant qu’accélérer sa chute. Cependant, ce fut surtout la lame laser, qu’elle garda distraitement devant elle, qui lui sauva la vie. L’arme empalant la créature, l’arme faisant de tel dommages au prédateur que ce ne fut qu’un cadavre qui vint s’effondrer sur la Zakelienne.
Poussant un gémissement de douleur alors que le poids mort venait l’écraser, la réduisant à la plus totale incapacité alors que son corps se retrouvait immobilisé, Aya aurait put être facilement mise en pièce à ce moment-là. Mais par chance ou par coup du sort, les créatures survivantes ne tentèrent pas leur chance. Sentant l’odeur de la mort émaner de leur compagnon elles filèrent sans demander leur reste, laissant à l’enfant le temps de dégager lentement le corps qui lui pesait dessus.
Quelques minutes plus tard et elle fut de nouveau debout. Le corps meurtri par le choc reçu, mais sa détermination renforcée par le corps qui gisait à ses pieds et par la lame qui brillait dans sa main, chassant les ténèbres. Aussi désespérée que semblait être la situation, il restait encore de l’espoir.
— Aller, en route !
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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre IV

Message par Claire Sazraêl le Mer 28 Mar - 18:31

Pouvait-t-on imaginer pire endroit où se perdre ?
Lorsqu’elle était encore sur Zakel, à une époque qui semblait maintenant appartenir à une autre vie, ses précepteurs lui avait fait apprendre par cœur les noms d’horribles planètes. Oricon, noyée par le côté obscur. Tatooine, aux déserts infinis. Umbara, et les redoutables prédateurs qui se cachaient dans ses terres d’ombres. Mais à présent, elle mettait l’horrible jungle de Dromund Kaas loin devant toutes les autres.
Depuis combien de temps marchait-t-elle ? Impossible de le deviner. L’absence de soleil, sans cesse dissimulé sous les nuages orageux, venait brouiller toute notion du temps. Seuls les éclairs, le bruit fracassant de leur chute contre le sol, venaient donner un semblant de rythme à cette planète.
Cela aurait put être tout aussi bien des jours que des heures. La fatigue criante qu’elle ressentait dans chacun de ses muscles ne faisant rien pour améliorer les choses, venant encore plus brouiller son esprit et rendre impossible toute tentative de se repérer. Les rares moment de repos qu’elle avait essayé de prendre, souvent abritée dans le creux d’un arbre, se révélant totalement inefficace. Qu’importe la fatigue qu’elle ressentait, le bruit lourd des éclairs venait l’extirper de ses rêves, quand la détresse de sa situation ne l’empêchait pas de trouver le sommeil. Tout ce qu’elle pouvait faire, s’était avancer, encore et encore, en espérant atteindre le spatioport dont elle venait presque à douter de l’existence maintenant.

Cette jungle n’avait-t-elle donc pas de fin ?

Si seulement elle pouvait réussir à se restaurer un peu…mais il s’agissait là d’une douce utopie, et la Zakelienne le savait. Tiraillée par la faim et la soif, elle avait déjà tenté de les apaiser en puisant dans les ressources à sa portée. Mais la jungle se trouvait aussi peu charitable qu’accueillante : les fruits avaient un goût de poison, la forçant à recracher ce qu’elle venait d’avaler, tandis que l’eau était croupie, la rendant imbuvable.
Pour ne pas arranger les choses, sa blessure à la jambe ne cessait de se rappeler à son bon souvenir, la tiraillant de douleur. Puisant dans ses maigres connaissances, singeant des mouvements qu’elle avait vu autrefois, Aya avait déchirée une partie de ses vêtements afin de les nouer autour de la plaie, espérant ainsi empêcher tout saignement. Mais de toute évidence elle avait loupé son coup ; certes la plaie ne saignait plus, cependant il n’avait pas fallu longtemps avant qu’un pu blanc vienne remplacer le sang, et que la peau autour de la blessure ne commence à noircir.
Serrant les dents, elle avait pourtant refusée de s’arrêter pour tenter d’améliorer la situation. S’accrochant à l’espoir fou qu’elle parviendrait à s’extirper de ce cauchemar, l’enfant avait continuée à sa route. Sa main se renfermant parfois sur le sabre laser de Lazna qui pendait à sa ceinture, le simple contact avec cette arme suffisant à raffermir sa résolution et à lui donner un nouvel élan.
Mais plus le temps passait, et plus elle avait besoin de ce contact pour continuer à avancer.

* Aller * s’encouragea-t-elle encore une fois * Courage ma grande. Encore un petit effort, tu y es presque. *
Bien sûr, elle savait au fond d’elle-même qu’il s’agissait d’un mensonge. Il lui suffisait de la vue que lui offrait le petit promontoire sur lequel elle s’était hissée, observant la jungle qui continuait de s’étendre à l’infini. Une telle vision ne parvint cependant pas à lui faire baisser les bras, ne faisant que la couper quelques instants dans son élan alors qu’elle reprenait son souffle, abritée de la pluie qui tombait sans cesse par les feuilles d’un des immenses arbres de la forêt, étendant au loin le bruissement des oiseaux qui volaient au-dessus des arbres, ne s’inquiétant plus de leurs envolées soudaines qui la faisaient sursauter peu de temps auparavant.
Tel ne fut pourtant pas le cas de ce qu’elle sentie ensuite.
Au début, elle ne comprit pas pourquoi son corps se tendit soudainement. Aucun bruit suspect n’avait pourtant attiré son attention, et ses yeux couleur noisette n’avaient rien remarqué. Mais, poussé par une certaine forme d’instinct, son corps avait aussitôt réagit, la forçant à allumer le sabre laser blanc pour lutter contre une menace dont elle ignorait jusqu’à l’existence.
Loin de s’en surprendre, Aya accepta au contraire rapidement cet état de fait. Depuis son crash elle avait pu constater la dangerosité de la faune locale, portant sur le corps les traces de ses affrontements contre les prédateurs des lieux. Jusqu’à présent, le chat de vignes qu’elle avait tué avait été le plus téméraire de tous, la plupart des animaux tournant les talons en voyant l’éclat du sabre laser. Avec de la chance, cette nouvelle menace aurait la même réaction.

Il ne lui fallut pas longtemps pour le savoir. Quelques secondes après qu’elle ait dégainé son arme, une créature à l’apparence insectoïde émergea d’entre les arbres, convergeant vers elle dans un silence de mort. Ses yeux rouges, semblables à ceux d’une araignée, la fixant avec avidité tandis que ses mandibules frémissaient d’une excitation mal contenue, comme si la bête pouvait par avance savourer le goût de sa proie.
— Dégage ! » hurla l’enfant tout en agitant son sabre laser, répétant les mouvements et les paroles qu’elle avait fait tant de fois, s’y accrochant comme si les mots avaient gagné un pouvoir magique « Hors de ma vie avant que je ne te découpe en rondelles ! Oust ! »
Mais, sa chance avait fini par passer. Le peu de combativité dont elle pouvait encore faire preuve étant bien loin d’impressionner le Yozusk. Loin de s’enfuir comme les autres, il choisit au contraire de foncer sur sa proie, la gueule grande ouverte prête à déchiqueter l’enfant en deux. Seul le bond qu’Aya fit en arrière lui permettant de rester en vie, l’immense mâchoire ne se refermant que sur du vide.
Cependant, ce n’était là que reculer pour mieux sauter, son esquive la place dans une situation plus délicate encore. Littéralement au bord du ravin, un vide de plusieurs mètres plongeant sous ses pieds, elle n’avait pas plus profité de l’occasion pour porter une attaque à la créature. Et à présent celle-ci se trouvait encore plus en confiance, jugeant sa proie comme incapable de se défendre, repassant à l’assaut presque aussitôt après sa première attaque.
Ce fut là sa première erreur. A présent qu’elle n’avait nulle part où fuir celle-ci n’eut d’autre choix que de se jeter en avant, hurlant pour se donner du courage alors qu’elle allait à la rencontre de la créature, qui de toute évidence n’avait pas anticiper une telle réaction.
Puisant au plus profond de ses instincts, ne cherchant même plus à réfléchir, la Zakelienne plongeant alors que deux mandibules tentaient de se refermer sur elle, son esquive la faisant arriver dans les pieds de la créature. Un éclair blanc plus tard, et ses deux appendices du côté droit tombèrent sur le sol, la chair fumant à l’endroit où ils avaient été découpés. Ce qui malheureusement ne suffit pas à arrêter le Yozusk qui hurla de douleur, battant si bien le sol de ses immenses pattes qu’il en balaya l’enfant. L’une de ses griffes creusant une profonde entaille dans le bras d’Aya, lui faisant lâcher son sabre laser avant qu’un autre coup ne l’envoie rouler en arrière, juste au bord du ravin.
Sonnée, la gamine lutta pour rester conscience, sentant que le danger n’était pas encore passé. Et malheureusement, elle avait bien raison : loin de laisser son adversaire, le prédateur fonça de nouveau sur elle, ses immenses pâtes levées prêtes à l’écraser sous leur poids.
Morte de peur l’enfant ne put qu’observer la créature lui foncer dessus, son corps paralyser par la frayer l’empêchant de faire le moindre mouvement. Tout ce qu’elle pouvait faire s’était voir la créature s’avancer, encore et toujours, comblant rapidement la distance qui les séparait…avant de passer devant elle, allant continuer sa course dans le vide, tombant dans un hurlement où surprise et rage se disputaient la primauté.

* Qu’est-ce que…qu’est-ce qu’il vient de se passer ? *
Etait-il possible que la créature soit si bêtement qu’elle n’avait pas vu le ravin ? Non, cette hypothèse ne tenait pas la route. Quelque chose d’autre l’avait poussé en arrière, entrainant son corps vers cette chute mortelle. Quelque chose, ou bien quelqu’un.
La réponse ne tarda pas à se faire connaître. Quelques secondes seulement après la chute du Yozusk, une forme commença à émerger d’entre les arbres. Non pas une bête, mais un être humanoïde, dont l’armure autrefois brillante était salie de toute part par la boue et les restes de végétation ; le tissu noir qui descendant de sa gorge jusqu’aux hanches se trouvant déchiré en de nombreux endroits, preuve de l’empressement avec lequel cette personne avait traversée la jungle. Une personne dont les traits commençaient à se dessiner, révélant un visage relativement jeune, à moitié dissimulé par de longs cheveux blonds trempés par la pluie qui s’écoulait sans cesse sur cette planète.
Un visage qu’Aya ne connaissait que trop bien. Sa simple vue suffisant à la faire se remettre debout, sa main plongeant instinctivement vers sa ceinture…avant de se rappeler que son arme ne s’y trouvait plus.
— S’est ça que tu cherches ? » demanda Claire en attirant le sabre laser dans le creux de sa main, l’agitant devant le nez d’Aya.
— Quelle ingratitude : je viens de te sauver la vie, et on dirait que tu cherches déjà me sauter dessus.
En cela elle n’avait pas totalement tort. Constatant l’absence de son sabre, la Zakelienne avait levée ses petits poings devant elle, une lueur farouche brillant dans ses yeux alors qu’elle tentait d’arborer l’expression la plus menaçante possible. Ce qui aurait sans doute mieux fonctionné si elle n’était pas au bord de l’évanouissement, écrasée par la fatigue et par sa blessure au bras qui continuait de saigner.
— Il va falloir faire soigner cela. Aller, fini de jouer petite peste, tu m’as assez fait courir. Il est temps de rentrer.

Tout sembla se dérouler au ralenti.
Un caillou roula sous son pied dans un craquement. Aya vacilla puis tenta de retrouver l’équilibre. En vain.
La Sazraêl s’élança dans sa direction. La main levée, un hurlement sourd sur les lèvres alors que l’enfant basculait en arrière, vers le vide. La sith savait qu’elle n’aurait pas le temps d’invoquer la Force pour l’attirer à elle, pas plus qu’elle n’arriverait à temps pour sauver la fillette.
C’était impossible.
Et pourtant, elle y parvint.
Dans un dernier mouvement, Claire enroula Aya entre ses bras, telle une mère étreignant son enfant. L’impériale et la zakelienne tombant ensemble dans le vide.
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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre IV

Message par Claire Sazraêl le Dim 1 Avr - 18:44

Elles chutèrent ensemble. Enlacées l’une contre l’autre, les bras de l’adulte refermés autour de l’enfant comme un cocon protecteur, entrainées tête en bas dans une chute qui aurait été mortelle pour n’importe quel être.
Mais Claire n’était pas n’importe quel être. Elle était une sith, un être bénis par le don de la Force. Ses réflexes affutés au-delà du commun des mortels, elle invoqua cette puissance mystique pour ralentir leur chute tandis qu’elle vrillait son corps en dans un mouvement qui faillit lui briser la colonne vertébrale. Qu’importe, le résultat était atteint : le choc qui aurait dut leur briser la nuque ne percutant que son dos, protégé par l’armure intégrale qu’elle portait.
L’atterrissage n’en fut cependant pas plus doux. Sa faible maîtrise de la Force ne lui avait permis que de freiner la chute, non de la ralentir, et sans les plaques de duracier qui la protégeait, nul doute qu’elle se serait brisée comme une poupée contre le sol. A la place, seule son armure vint se fissurer, tandis que l’air s’échappait d’un seul coup de ses poumons, prit en tenaille entre le sol et le poids de l’enfant qu’elle avait ainsi protégée, la violence de l’atterrissage lui faisant perdre conscience.
Combien de temps ? A peine quelques secondes sans doute : rapidement ses réflexes de soldat reprirent le dessus. A la guerre, un soldat inconscient était un soldat mort, et son esprit la força instinctivement à sortir de sa léthargie. La faisant se redresser d’un seul coup, l’air affluant de nouveau dans ses poumons tandis qu’elle écarquillait les yeux en serrant son sabre, instinctivement prête à défendre chèrement sa vie.
Mais elle n’était pas au front, et aucune menace ne se laissait voir pour le moment. Ce premier constat lui permettant de se détendre une poignée de secondes, avant qu’une autre pensée n’émerge dans son esprit.

* Aya ! *

Elle n’eut pas longtemps à la chercher. L’enfant n’était pas loin, se tenant sur ses deux pieds, preuve que les efforts de Claire pour lui épargner la chute avaient payés, même si le filet de sang qui coulait de sa cuisse laissait deviner que ses plaies s’étaient rouvertes.
Cependant, la zakelienne ne semblait pas éprouver beaucoup de reconnaissance pour les efforts de la sith. Partie se réfugier à côté de la carcasse du Yozusk, elle arborait sur son visage une expression farouche de petit animal prit au piège, ses deux mains tendues agrippant le sabre laser de Lazna.
— Bon sang…une chose est sure, demain j’aurais des courbatures de partout. » déclama Claire autant pour l’enfant que pour elle-même, se remettant sur son séant comme si de rien n’était, semblant totalement ignorer la menace silencieuse qu’exprimait la posture d’Aya.
— Aller petite peste, la balade est terminée. Tu voulais prendre l’air, c’est chose faite, maintenant il est temps de retourner à la maison.
Mais son ton léger ne suffit pas à désarmer la situation. Et ce fut presque avec une certaine surprise qu’elle vit l’enfant allumer le sabre laser en réponse à son approche, la lame blanche surgissant en crépitant tandis qu’une nuée d’éclairs émergeaient du manche à moitié brisé.
— Attend attend…tu crois faire quoi là ?
Balayant de son visage l’expression détachée qu’elle tentait d’arborer jusque-là, Claire observa la lame avec une certaine méfiance. L’enfant oserait-elle s’en servir ? Jusque là cette simple pensée lui aurait semblée ridicule, mais à présent, avec cette évasion et la lueur qui brillait dans ses yeux…elle ne pouvait le dire. Mais puisqu’elle voulait jouer à cela, alors fort bien.
— Tu ferais mieux de ranger cela gamine » soupira Claire tout en allumant son propre sabre laser, la lame rouge se reflétant dans ses pupilles orangées, donnant à son visage une expression effrayante « Eteint ce sabre, avant que je vienne le chercher. Crois-moi, tu n’apprécierais pas. »
— Je ne reviendrais pas avec toi.
— Espèce de petite ingrate…tu ne vois donc pas que j’essaye simplement de te protéger.
— Je n’ai pas besoin de ta protection ! Tout ce que je veux, s’est rentrer chez moi.
— Comme s’est original…très bien, je vais donc te le répéter pour la centième fois : il n’y a plus de chez toi. Ouvre un peu les yeux ! Ta famille est morte, et plus personne ne sera là pour te protéger.
— Tout ça à cause des sith ! » hurla l’enfant à plein poumon, serrant si fort le manche de son arme que ses os commencèrent à blanchir « Parce que tu as… »
— Parce que j’ai tué Lazna » acheva Claire, soupirant profondément « Ça va, je crois que je commence à imprimer le discours depuis le temps.

Cela devenait si facile. Jouer le détachement, arborer un visage de neutralité parfaite face aux crimes qu’elle avait put commettre. Prétendre que ce qu’elle avait sacrifié pour obtenir du pouvoir, pour récupérer la maison Sazraêl, ne l’affectait aucunement. Comment Kenntrav appelait ça déjà ? Son « visage de parfaite sith » ? Celui qu’elle arborait si souvent à présent, au point que seuls les membres de sa maison pouvaient deviner qu’il ne s’agissait que d’une façade.
Et l’espace de quelques secondes, il sembla que son plan allait fonctionner. La perspective de devoir affronter un sith grignotant la détermination de l’enfant, la faisant reculer de quelques pas devant le danger imminent.
Mais bien sûr, s’était sans compter sur la chance de la Sazraêl.
A peine avait elle fait un pas en avant que son corps tout entier se figea, réagissant instinctivement plus vite que sa raison au murmure de la Force qui s’élevait en elle. Son sixième sens, qu’elle avait fini par totalement accepter, lui signalant qu’un danger approchait. Et sans même penser à le remettre en doute, s’y fiant totalement, la jeune femme pivota sur elle-même pour faire face.
Et cette fois encore, son instinct ne l’avait pas trompé.
Au début, ce ne fut qu’une vague présence dans la Force, que seule sa concentration lui permettait de percevoir. Mais rapidement, le danger commença à prendre une forme beaucoup plus concrète : ses pas lourds et puissants faisant trembler la terre, son souffle rauque arrivant aux oreilles de Claire, tandis que sa carrure immense émergeait d’entre les arbres, fixant de ses deux immenses yeux blancs la jeune sith. Un Jurgoran, un des pires prédateurs de Dromund Kaas.
* Oh, tu te fous de moi… *
Raffermissant la poigne qu’elle avait sur son sabre laser, la Sazraêl se mit en position, concentrant déjà son attention et ses pouvoirs pour le combat qui s’annonçait contre cette créature qui, non sans raison, était souvent décrite comme une des pires menaces qui existaient sur Dromund Kaas. Mais contre toute attente, l’assaut qu’elle attendait ne vint jamais, la créature se concentrant sur une toute autre proie.
Aussi intelligente qu’on le disait, le Jurgoran avait tout de suite décelé une victime bien moins dangereuse que la sith. Une victime qui l’observait sans y croire, autant fascinée que terrifiée par l’immense créature au regard hypnotique, son sabre laser à lame blanche négligemment abaisser vers le sol. Il n’en fallait pas plus. En une fraction de seconde la créature déplia son corps, ses pates puissantes la portant juste devant l’enfant tandis que son bras garnis de griffes s’abaissait sur l’enfant…avant de s’arrêter brutalement à quelques centimètres de son visage.
Claire était intervenue au dernier moment. Son pouvoir, subjugué par le flot d’émotion qu’elle éprouvait en cet instant, lui permettant d’agripper la créature, l’immobilisant temporairement. Un instant plus tard, et elle l’éjecta en arrière dans un hurlement de rage, attirant définitivement son attention.
— ALLEZ, VIENT ! C’EST MOI QUE TU VEUX !

La bravade ne fut pas inutile. Oubliant sa première proie, l’animal concentra toute son attention en direction de la sith, qui apparaissait à présent comme l’ennemi qu’il lui faudrait abattre avant toute chose. Et alors que la bête se tournait vers elle, Claire pouvait voir du coin de l’œil Aya tourner les talons, fuyant à travers la jungle.
* Même pas un mot de remerciement…petite peste. *
Soupirant intérieurement, la sith n’eut pourtant pas d’autre choix que de se mettre en garde, faisant face au Jurgoran qui rugissait de rage. Il était trop tard pour les regrets ou les insultes de toute façon, et penser qu’elle pourrait se lancer à la poursuite de l’enfant n’était qu’un rêve utopique. Tout ce qu’elle pouvait faire à présent, s’était de survivre à cette nouvelle bataille.

— Très bien sale bestiole. Dansons un peu tous les deux.
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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre IV

Message par Claire Sazraêl le Mer 4 Avr - 14:34

Cela n’avait rien d’une bataille honorable, d’un affrontement entre deux guerriers. Aucune tactique, aucune stratégie, rien que la force brute opposée à l’intelligence humaine et à la technologie. Un véritable affrontement de l’homme contre la nature, dans sa forme la plus basique.

Et de cela, Claire en avait bien conscience. Même si elles restaient réputées pour leur ruse et leur aspect vicieux, bien loin de la bêtise des rancors, les Jurgoran n’en restaient pas moins des bêtes. Des montagnes de muscles dont les griffes pouvaient sans peine la déchiqueter en deux malgré son armure et le sabre laser qu’elle tenait entre ses mains. Heureusement, elle avait un plan.
Demeurant étrangement calme, elle attendit patiemment que l’assaut vienne, que la bête charge avec toute la puissance de ses pates en un assaut frontal aussi violent qu’impression. Mais peu lui importait, elle était prête, n’attendant que cela pour agir.
Invoquant la Force, elle laissa sa puissance se déverser à travers la paume de sa main, frappant brutalement la créature qui en fut déconcentrée, cessant sans assaut et abaissant sa garde. Exactement ce qu’elle avait espéré ; ce faible moment de déconcentration lui permettant de bondir à sa rencontre, sa lame rouge tourbillonnant déjà en tout sens afin de découper l’animal.
Tel était l’avantage d’un sabre laser : pour peu que l’ennemi soit placé sur la défensive, son utilisateur ne craignait strictement rien, la lame servant tant comme un bouclier protecteur qu’une arme mortelle. Quelques coups bien ajustés, et son ennemi ne serait qu’un simple souvenir…ce que le Jurgoran sembla lui aussi comprendre instinctivement. Tentant au début d’esquiver les assauts, ressentant le danger d’une telle arme, il préféra rapidement bondir en arrière pour mettre une bonne distance entre lui et le sabre laser.
— Tu ne m’échappera pas aussi facilement ! » hurla la jeune femme en se jetant de nouveau vers lui, son arme déjà prête à porter l’estoc qui conclurait le combat.
Mais les Jurgoran n’avaient pas usurpés leur réputation de sournoiserie. Attendant que Claire se rapproche suffisamment, la bête se mit à pousser un long et puissant hurlement tout en frappant le sol de ses poings serrés, la force des coups se répercutant si bien dans le sol que Claire vacilla, stoppant elle aussi son assaut, répétant la scène qu’elle avait fait jouer à la créature qui à présent se jetait sur elle, les bras écartés comme s’il voulait l’étreindre.

Il ne fallait pas être un grand génie pour comprendre à quel point cela était dangereux. Qu’elle bloque un seul de ses bras, et l’autre aurait la voie libre pour la déchiqueter en deux…heureusement, elle avait un allié de poids dans ce duel : la Force, et les incroyables réflexes qu’elle lui octroyait, lui permettant de trouver instinctivement la solution.
Sautant au dernier moment pour esquiver l’attaque, Claire laissa les deux bras se refermer sur le vide tandis que tout son corps vrillait, gagnant en vitesse avant que sa lame ne s’abatte sur le torse de la bête, piquant en une estoc qui s’enfonça profondément dans la chair du Jurgoran qui poussa un hurlement de douleur.
Mais la victoire fut de courte durée.
Prise dans l’empressement du moment, elle n’avait pas réussi à bien ajuster son angle d’attaque. Plutôt que de percer au niveau du cœur, et d’occasionner ainsi des dommages mortels, son sabre était venu se planter en dessous de l’épaule, ne faisant guère mieux que d’énerver la créature qui à présent pouvait répliquer.
Et elle ne se gêna pas pour le faire. Totalement sans défense, la jeune sith ne put que subir le puissant coup de griffes sur son flanc, sentant toute la puissance du prédateur la frapper de plein fouet. Sans son armure, nul doute que l’attaque l’aurait aisément coupé en deux ; mais même les puissance plaques de duracier, qui se brisent sous le choc, ne purent empêcher les griffes de creuser trois épais sillons dans sa chair. Son corps s’envolant comme si elle n’était qu’un vulgaire jouet, alors s’écrouler sur le sol alors qu’un sang noir se déversait de sa plaie béante.
— Merde…merdre…

Pas question d’abandonner aussi facilement. Pas ici, pas aujourd’hui, pas simplement contre une créature de Dromund Kaas. Serrant les dents, la jeune femme tenta de se remettre debout, invoquant ses faibles connaissances dans ce domaine afin que la Force l’aide à surmonter sa douleur.
Mais s’était de toute façon peine perdue. La créature n’avait pas l’intention de la laisser faire, et alors que Claire commençait tout juste à se remettre à genoux ce dernier approchait déjà, sa main garnie de griffes prête à porter le coup fatal…qui ne vint jamais. S’immobilisant soudainement, la créature sembla presque hésiter quelques instants avant de pousser un nouveau hurlement de douleur, se débattant en tous sens.
* Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? *
Elle n’eut pas longtemps à attendre avant d’avoir la réponse, celle-ci se trouvant tout proche. Sur le dos du Jurgoran pour être précis, balancée au bout d’un sabre laser enfoncer jusqu’à la garde dans la chair de l’animal, tentant tant bien que mal de se maintenir malgré les secousses que l’enfant devait subir.
* Aya ?! *
Elle n’eut pas le temps de se remettre de sa surprise. Finalement éjectée par la puissance de la créature, l’enfant s’envola littéralement dans les airs, ayant tout juste le réflexe de renforcer sa poigne sur le sabre laser qui s’extirpa de la chair. Son vol plané la menant tout droit dans les bras de Claire, qui eut une grimace de douleur alors que ses plaies s’élargissaient suite au choc.
— Mais bordel, qu’est-ce que tu fais là gamine ?
— Bha, s’est assez évident non ?
Déjà surprise par le ton et les paroles de l’enfant, la sith ne le fut que d’autant plus lorsque la zakelienne sauta de ses bras, trémoussant son nez d’un air hautain.
— Cette jungle est sans fin, et sans quelqu’un pour m’amener jusqu’au spatioport je risque de tourner encore des jours avant de trouver mon chemin.
— Avant de trouver ton…oh toi…sale petite peste ! » cracha Claire, dont les paroles furent rendues peu crédibles par le mince sourire qui se dessinait sur son visage.

Cependant, l’heure des explications n’était pas encore venue. Lourdement blessé, le prédateur n’en restait pas moins debout, la douleur qui parcourait chacun de ses nerfs ne faisant qu’attiser d’autant plus sa rage.
— Chargeons nous déjà de ce problème. Je n’ai pas l’impression que cette créature va bien sagement repartir d’où elle vient.
Claire ne croyait sans doute pas si bien dire. Emporté par sa rage et sa douleur le Jurgora chargea les deux femmes qui levèrent leur sabre à l’unisson, prête à le mettre en morceau.
Mais il lui restait suffisamment d’intelligence pour comprendre qu’affronter deux ennemis en même temps aurait été suicidaire. Faisant d’amples mouvement afin de les séparer l’une de l’autres, les obligeants à reculer afin de ne pas se faire mettre en pièce, la créature concentra rapidement toute son attention sur Aya. Frappant vers l’enfant qui dut reculer afin de ne pas être submergée, parvenant à esquiver les assauts avec des réflexes qui forçaient l’admiration.
Cependant, cela ne durerait pas éternellement. Elle était seule à combattre, la blessure béante sur le flanc de Claire l’empêchant d’aller plus prêter main forte, ne lui permettant que d’observer. Regarder de loin Aya reculer en direction de l’épaisse forêt qui les cernaient de toute part, en une retraite qui restait contrôlée…et sans doute même volontaire.
* Pas idiote la gamine. *
En l’attirant vers les arbres, Aya avait clairement l’intention de l’emmener vers un terrain plus avantageux. Un espace où sa grande taille, et la puissance de ses assauts, deviendrait une gêne plus qu’autre chose face aux troncs centenaire. Mais cela ne restait qu’une idée de défense, et déjà un autre plan commençait à se former dans l’esprit de la sith.
Puisant dans la douleur afin d’attiser son lien avec la Force, elle commença à concentrer son pouvoir. Une première vague de puissant rongeant rapidement l’écorce de l’arbre devant lequel se trouvaient Aya et son adversaire, tandis que sa seconde main préparait déjà une attraction de Force sur l’enfant dès que l’arbre tomberait.
Et dans un premier temps, il semblait que son plan se déroulait sans accroc. Trop concentré sur son affrontement, le Jurgoran ne senti le danger que trop tard, se prenant l’arbre de plein fouet alors que Claire invoquait la Force pour attirer l’enfant…ou plutôt qu’elle essaya. Car loin d’attendre, la Zakelienne s’était jeté sur le côté à l’instant même où la sith avait invoquée la Force, se portant à ses côtés avec une expression de colère non contenue sur le visage.
— Hé ! T’as malade, tu veux me tuer ou quoi ?!
— Attend…comment est-ce que tu as pu savoir que…

Elle n’eut pas l’occasion de terminer sa phrase. Déjà le Jurgoran se remettait debout dans un bruit de craquement sourd, déplaçant l’arbre sous lequel il s’était effondré.
— Oh là là…mais s’est immortel ce genre de bestiole ou quoi ?
— En tout cas une chose est sûre, s’est qu’on ne le tuera pas en restant sur des petites astuces comme celle-là. Ce qu’il faudrait, s’est lui infliger une blessure mortelle dont il ne pourra pas se remettre.
— Pour ça il faudrait un plan.
— Il se trouve heureusement que j’en ai un. Tu me fais confiance gamine.
— Non.
— Je l’aurais parié…
Elle ne vit bien sur pas le petit sourire amusé qui vint se dessiner sur le visage d’Aya, mais elle n’eut aucun mal à l’imaginer. L’adrénaline du combat, la nécessité de s’unir face à un ennemi commun, avaient provisoirement balayées toutes les rancœurs. Jusqu’à ce que le prédateur soit à terre, elles n’avaient d’autre choix que de se faire confiance l’une et l’autre. Et ce fut donc dans un même mouvement qu’elle se jetèrent en direction du Jurgoran.
Déjà très affaiblis par les nombreuses blessures subies, son instinct bestial prenant le pas sur son intelligence naturelle, ce dernier ne put réagir que comme une bête sauvage. Fonçant à leur rencontre en hurlant, ses deux membres ouverts en grand dans le but évident de se rabattre d’un coup, et de les prendre ainsi en tenaille.
Qu’importe, elles étaient prêtes.
Appliquant à la perfection son plan, Claire se baissa juste à temps pour éviter la pâte griffue, invoquant du même coup la Force pour projeter Aya en l’air comme dans un saut à la puissance démultipliée. Désormais, c’était la créature qui se retrouvait prise en tenaille, et les deux femmes n’avaient pas l’intention de le laisser s’en tirer.
D’un geste sec, Claire continua sa course, la lame couleur rouge tranchant les jambes de la créature qui poussa un hurlement de douleur tout en commençant à s’écrouler. Mais le coup de grâce restait encore à venir : agissant en parfaite synchronisation avec la Sazraêl, Aya se laissa tranquillement tomber sur le Jurgoran, abattant dans un mouvement rageux la lame couleur blanche dans le crâne de ce dernier.
Et cette fois-ci, nul hurlement de douleur ne vint suivre l’assaut. Aucun râle d’agonie alors que le prédateur s’étalait de tout son long, entrainant dans sa chute l’enfant qui partie en roulée boulée sur quelques mètres, sans dommage. Enfin, la créature était vaincue, et plus aucun danger ne venait les menacer.
Soupirant un grand coup, Claire put enfin se détendre. Laissant s’envoler les maigres forces qui l’avaient soutenue jusque-là, s’effondrant sur le sol, en sang
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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre IV

Message par Claire Sazraêl le Jeu 12 Avr - 12:07

Ils s’effondrèrent presque en même temps.
Dès l’instant où le Jurgoran chuta lourdement sur le sol, expirant son dernier souffle, Claire sentie son corps tout entier se relâcher. Les maigres forces qui avaient réussis à la maintenir sur ses deux jambes la faisant tomber à son tour sur le sol, l’envoyant s’adosser contre un arbre. Une seconde plus tard et tout ses sens, qui s’étaient maintenus afin qu’elle puisse combattre jusqu’au bout. L’odeur de la jungle qui l’entourait, le bruit que faisait le vent en passant dans les feuilles, le gout du sang dans sa bouche ; tout seulement disparaissait progressivement.
Seule demeurait la douleur. Une douleur perçante, aveuglante, qui venait submerger tout le reste. Une douleur dont le point d’orgue se trouvait sur son flanc, à l’endroit où un sang noir s’échappait des trois plaies béantes laissées par les griffes du Jurgoran. La main sur les blessures, tentant tant bien que mal de contenir le fluide vital, la sith n’aperçue que tardivement l’enfant qui s’était rapprocher d’elle, demeurant droite et fière malgré ses propres blessures.
Aucune réponse, aucune parole. Rien d’autre que l’enfant, dont la silhouette devenait de plus en plus floue tandis que Claire perdait des forces. Seul le bourdonnement d’un sabre laser qui s’alluma venant briser ce silence.
— Et bien…on dirais…que tu as finalement obtenue…ce que tu voulais. » soupira la sith en affichant un petit sourire amusé, articulant tant bien que mal malgré la douleur « Je suppose que s’est légitime. Très bien…fait le. Va. Tente ta chance. Va retrouver…ton chez toi. De toute façon…je ne suis plus en état…de te retenir. »

Toujours le même silence assourdissant. Ce silence pendant lequel elle pouvait presque entendre l’enfant réfléchir, sentir ses doigts se serrer autour du sabre laser de Lazna. Se dire que son assassin était si proche, si faible, qu’il suffisait d’un seul geste pour mettre fin à sa vie. Pour venger ce chevalier qui l’avait protégée, éduquée, élevée.
Et finalement, décidé de ne rien en faire.
— Tu l’as dit toi-même : sans aide je n’ai aucune chance de retrouver mon chemin dans cette jungle. Ma seule chance de m’en tirer s’est de rester avec quelqu’un qui connaisse la sortie de cet enfer.
— Et bien et bien…il semblerait que madame la petite peste se soit finalement rangée du côté de la raison.
— Ne commence pas à…
— C’est bon, inutile de directement monter sur tes grands chevaux. Comme tu le vois je ne suis pas en mesure de t’indiquer la sortie, et encore moins de t’y emmener. Cependant des renforts ne vont sans doute pas tarder à arriver, alors il nous suffit de rester ici bien sagement en attendant qu’ils nous trouvent. D’ici là…tu devrais panser cette blessure.
Quelque peu surprise, Aya observa la jeune sith déchirer une partie de sa tunique, arrachant la soie précieuse qui recouvrait les plaques de métal avant de lui en tendre un lambeau.
— Noue ça autour de ton bras, ça devrait stopper suffisamment l’hémorragie.
— Et toi ? Tu perds beaucoup de sang…
— Je n’ai pas suffisamment de tissu pour me faire un pansement » admit Claire avec un faible sourire « Et crois le ou non, j’ai déjà survécu à pire. Ce n’est pas encore aujourd’hui que je mourrais…sauf si tu te décides à utiliser ce sabre laser. »
Ecarquillant les yeux, Aya pencha la tête vers la lame blanche qui continuait de bourdonner, émettant par intermittence une nuée de petites étincelles, rappelant les dommages subis par l’arme. Confuse, elle éteignit aussitôt l’arme et récupéra le morceau de tissu, suivant à la lettre les instructions de Claire. Quelques minutes plus tard et toute trace d’hémorragie avait disparu, laissant les deux femmes retomber dans le silence.

Un silence pesant, froid, que seul venait interrompre le bruit du vent dans les arbres.

— Les renforts vont mettre du temps à arriver tu sais. Quelques heures au minimum. Tu ferais mieux de t’asseoir.
— Inutile. Je peux rester debout ! Contrairement à toi, je ne suis pas fatiguée !
— A ta guise.
Nouveau silence. Marqué par l’expression boudeuse de la Zakelienne, dont le petit nez retroussé vers le ciel venait marquer son agacement, telle une enfant pensant tout savoir mieux que tout le monde. Ce qui, en l’état actuel des choses, était bel et bien le cas.
Et comme à chaque fois, il ne fallut pas longtemps avant que sa détermination ne commence à flancher. Avant que la fatigue ne commence à se répandre dans son corps, mettant les muscles de ses jambes à rude épreuve. Une dizaine de minutes après avoir si fièrement refusée la proposition, Aya fini par céder, allant s’asseoir non loin de la Sazraêl.
— Tu peux t’approcher tu sais, je ne vais pas te manger.
— Je suis très bien où je suis.
— Très bien petite peste, fait comme bon te semble…ah, en parlant de manger…soit un nouveau prédateur approche, soit…
— C’est mon ventre, d’accord ? » admit l’enfant en rougissant légèrement « Je n’ai rien manger depuis hier soir. S’est normal d’avoir faim non ? »
— Toujours à t’énerver pour un rien n’est-ce pas ? Heureusement pour toi, j’ai quelque chose dans ma ceinture. Tiens, prend. Aller, inutile d’avoir peur, ce n’est pas empoisonné tu sais.
— Beurk ! Qu’est-ce que c’est ?
— Des barres nutritionnelles ; avec tous les nutriments nécessaires.
— S’est immonde. Qui peut avaler ce genre de chose ?
— Les soldats de l’armée impériale lorsqu’ils sont en mission, ainsi que les personnes pauvres quand elles ont assez de chance pour en récupérer. Que madame daigne à me pardonner, je n’ai rien d’autre au menu pour le moment. Mais si vous m’accorder un peu de temps je vais aller de ce pas chasser un gibier et vous le cuisiner d’après une recette ancestrale qui se transmet dans la famille depuis des générations. A moins que vous ne préfériez des fruits des bois préparés en gelée.
— Tu te moques de moi…
— Bravo, tu as deviné. Tu n’es pas si idiote que ça finalement. Aie !

Trop affaiblie, Claire n’avait pas pu esquivée le coup qu’Aya vint lui porter dans le torse, son petit poing cognant contre l’un de ses nombreux hématomes. Mais étrangement, ce fut davantage avec un petit rire qu’elle accueillit cet assaut, le coup restant au final porté avec bien peu de conviction.
— Ce n’est pas digne d’une dame ça, petite peste.
— Cesse de m’appeler comme ça ! » ronchonna l’enfant.
— Que je t’appelle comment ?
— "Petite peste". Pourquoi tu m’appelle sans cesse comme ça ?
— Parce que je suis une sith honnête, et en tant que tel je dis toujours la vérité…hé là ! Mais ça ne va pas recommencer ! Essaye encore une fois de me frapper et je te jure de trouver assez de force pour te mettre sur mes genoux et te flanquer la fessée de ta vie ! Si tu veux que je t’appelle autrement, il va falloir que tu fasses la même chose en m’appelant par mon nom.
— Mais je ne le connais même pas ! Sur Aringill ou Dromund Kaas, tout le monde ne faisait que t’appeler "dame Sazraêl".
— Ah…ceci explique cela. Et bien sache que je m’appelle Claire. Claire Crescent.
— Crescent ?
— Oui, c’était le nom que je portais avant de gagner celui des Sazraêl. Mais tu peux m’appeler "Claire", plus simplement. Heureuse de pouvoir enfin discuter avec toi, Aya.
A s’entendre parler ainsi, on aurait presque pu croire qu’il s’agissait de la première fois que les deux se rencontraient. Au final n’est-ce pas vraiment le cas ? Tout ce temps passé l’une à côté de l’autre, ces mois de méfiance et de défiance, où elles se voyaient l’une comme une géôlière et l’autre comme un problème à résoudre. Tout ce temps, et jamais elles n’avaient parlé en tout franchise. Chacune jouait son rôle, celui de la seigneur sith et celui de la princesse prisonnière, toutes deux ne se présentant qu’à travers ces apparences.
Mais tout ceci n’avait plus de raison d’être ici. Il n’y avait plus personne pour les observer, pour les juger. Pour la première fois, elles pouvaient se voir sans masque, tel qu’elles étaient réellement. Attendant l’une et l’autre sous la pluie battante de Dromund Kaas, sans masque, sans faux semblant.

— Si tu continue à bailler comme ça tu vas finir par te décrocher la mâchoire.
— S’est stupide, on ne peut pas se décrocher la mâchoire simplement en baillant.
— Tu aimes bien avoir raison n’est-ce pas ? Aller, cesse de faire l’imbécile et vient te reposer un peu. Aller, plus prêt jeune fille. Je sais que j’ai triste apparence à l’heure actuelle, mais je n’ai pas encore l’intention de te manger. Voilà…pose ta tête ici…aie ! Non, finalement pas ici, j’ai une autre plaie en dessous, plutôt là.
— S’est froid…
— Mon armure ? Ah ça, désolé mais je n’ai pas encore le pouvoir de faire apparaître un oreiller bien moelleux.
— Je ne risque pas de m’endormir ainsi… » grogna l’enfant, dont la voix se faisait déjà plus faible.
— Et je n’ai pas plus le pouvoir d’endormir les petites filles comme par magie.
— Comment faisait ta mère quand tu avais du mal à t’endormir ?
— Ma…
* Ma mère était une Jedi qui est restée prisonnière durant la majorité de ma vie. L’une des rares fois où je l’ai vue, s’était avant que des soldats impériaux ne la tue sous mes yeux. * Telle était la réponse qui lui traversa l’esprit l’espace d’un instant. Mais bien sûr, ce n’était clairement pas le genre de chose que l’enfant voulait entendre en cet instant.
— …Ma nourrice avait l’habitude de me chanter une berceuse lorsque j’avais du mal à m’endormir. Les paroles m’échappent, mais tu veux que je te la fredonne ?

C’est ainsi que le groupe de secours les retrouva bien plus tard. Aya endormie entre les bras de Claire, qui la berçait doucement en fredonnant une berceuse.


https://www.youtube.com/watch?v=RmcaoA-OPBc
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