Née dans la Douleur

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Née dans la Douleur

Message par Seu Ka'ann le Sam 30 Sep - 0:01

Aldera, capitale d'Alderaan, 09 Welona, -2 TC


La neige recouvrait les toits et les bords des rues.
Quelques rares passants profitaient des derniers rayons d'un soleil froid ou admiraient les jets de fontaines gelés.

Les soldats en factions aux abords de l'hôpital général se réchauffaient en fumant ou en se racontant ce qu'ils allaient faire ce soir, une fois la relève passée.
A l'angle du bâtiment, les Enseignes Brins et Teehnal essayaient de faire abstraction des cris de douleur qu'une fenêtre entrouverte laissait s'échapper, quelques étages plus haut.

"Elle va finir pas le pondre, son chiard ? se plaint pour la énième fois depuis quatre heures l'Enseigne Teehnal.
- Va bien falloir, répondit placidement Brins en finissant de se rouler un mégot. Au pire, on finit dans une quarantaine de minutes...
- Trente-huit et vingt-trois secondes, exactement.
- Boh tu vois, on n'est plus à ça prêt.
- Hmm. En tout cas, qu'est-ce qu'elle gueule !
- Ah ça... faudrait être sourd pour pas l'entendre, philosopha Brins.
- Tu crois qu'elle gueule autant au plumard ?
- Teeh ! S'teu plaît...
- Roooh ça va... J'plaisante..."

Brins regarda son comparse d'un air méfiant en allumant sa clope, tout en sachant qu'il n'en resterait pas là.
"Mais si ça se trouve, relança Teehnal, c'est toi qui la mise en cloque lors de ta dernière visite au bordel du Bas-Quartier !"

Et il partit dans un grand rire gras.

Brins plissa les yeux tout en tirant une bouffée sur son mégot.

"T'es vraiment trop con...
- Haha ! Allez, c'est pour te mettre en boîte ! se justifia Teehnal. Je sais que t'aime pas l'humour lourd ! Mais je sais être distingué aussi !
- Oh ? Tu peux me la refaire sans trembler, celle-là ?
- Mais oui, je sais être sensible moi aussi ! Regarde, c'est pas magnifique ça ?!"

Il tourna la tête vers les derniers rayons de soleils qui s'abaissaient lentement derrière la ligne d'horizon.

Les deux hommes regardèrent la lumière mourante illuminer les bâtiments enneigés et les lacs gelés.
Pendant plusieurs secondes ils ne dirent rien.
Seuls les cris de la femme mettant au monde son enfant venait troubler leur quiétude.

Peu à peu, la lumière s'atténua et le dernier rayon de soleil disparu.
C'est à ce moment exact que les cris de la femme cessèrent, nets.

Les deux hommes se regardèrent bizarrement.

"Quoi ? fit Teenhal. Tu veux me rouler une pelle ? J'te préviens c'est pas parce qu'on vient de vivre un moment...
- Mais non mais ta gueule ! T'entends rien ?
- ... Ben non...
- Et ça t'étonne pas ? demanda Brins.
- ... Putain la pondeuse ! On l'entend plus !
- Ouais... juste quand y s'met à faire noir...
- Hmm... pour une naissance, y a eu mieux comme heureux présage...
- Tu l'as dit, mon pote. Pauvre gosse... ça n'augure rien de bon pour lui.
- Shhttt ! Ne lui portons pas le mauvais œil, à ce pauv' môme. Allez viens, on bouge. On rencontrera bien la relève en route.
- La meilleure idée que tu as eue depuis ces cinq dernières heures, blagua Brins.
- Ta gueule."

Et Brins partit en un grand éclat de rire franc tout en s'éloignant aux côté de son ami.


Quelques étages plus haut, Maairt Oiad vit par la fenêtre deux soldats quitter leur poste avant que la relève ne se fasse.
Il se dit qu'un rapport à ce sujet auprès des Organa pourrait les intéresser et lui ferait gagner des points auprès d'eux.

Tenant sa nouvelle née dans ses bras, il se retourna et observa sa femme, Jaayina Oiad, qui avait sombré dans l'épuisement une fois le travail terminé.
La sueur avait collé des mèches de cheveux sur son front et dans son cou, mais elle restait toujours aussi belle à ses yeux.
Son regard se reporta vers l'enfant dans ses bras, puis de nouveau vers sa femme, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il se mette à pleurer de joie et de tristesse.

Sa fille était magnifique. Elle avait hérité de la peau mate et des cheveux blancs de sa mère et nulle doute qu'elle hériterait également de sa beauté.
Mais dans son arrivée au monde, elle avait grièvement blessée sa mère.
L'accouchement s'était mal déroulé et Jaayina ne pourrait plus jamais remarcher, selon les trois docteurs qui étaient venus en renfort, deux heures plus tôt.
Pourtant, Jaayina avait tenu bon. Elle avait fait le maximum pour que cette enfant naisse dans les meilleurs conditions, qui à être handicapée à vie.
Les médecins lui avaient dit de ralentir la cadence, elle avait préféré forcer.

Pour sa fille à venir.
Pour l'amour qu'elle lui donnerait.
Et pour le bonheur qu'elle lui apporterait.

Maairt respectait ça.
Mais il était également superstitieux.
Naître en meurtrissant sa mère de la sorte n'était pas un signe bénéfique.

Il la regarda avec tendresse, essuyant des larmes qui venaient de tomber sur le visage de sa fille, née dans la tristesse.

Et pourtant, il l'aimait déjà, cette môme.
Dehors, des flocons aussi blancs que les cheveux de sa fille se mirent à tomber.
Maairt les regarda et y vit un signe d'espoir.

Il murmura doucement :
"Regarde, Faaip. Ça, c'est de la neige. Elle vient du ciel et est faite d'eau, l'élément le plus pur de la galaxie.
Et toi, tu es comme ces flocons, ma princesse. Belle et pure."

Il avait de grands projets pour elle.
Il en était sûr : elle ferait la fierté de la famille.

Les flocons, eux, s'écrasaient lentement, gelant ce sur quoi ils atterrissaient...
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Re: Née dans la Douleur

Message par Seu Ka'ann le Jeu 5 Oct - 23:37

Aldera, capitale d'Alderaan, 13 Telona, +5 TC


"Allez rends-le moi ! C'est à moi ! Non !
- Arrête de faire ton bébé ! T'en as plein des comme ça !
- Mais c'est mon cadeaauuu ! Pourquoi tu joues pas avec tes jouets ?
- Roooh ça va, prête-le moi un peu !
- Mais ça fait au moins des heures que tu l'aaaas ! Rends-le moi !
- Attends...
- Faaip, j'vais l'dire à ma Maman !
- Ta mère elle est en train de manger tous les petits fours du traiteur. Elle s'en fiche de toi, là..."

La jeune Faaip avait raison.
Mme Karys Kapios, mère du petit Ivanio, 6 ans, était en train d'alimenter sa surcharge pondérale en boulottant tous les cônes et muffins que Mme Oiad avait commandé pour ce thé.
Toutes les invités étaient des connaissances de Jaayina, et avaient le même but que les Oiad : se rapprocher le plus possible des hautes sphères et obtenir une place avec les mondains d'Alderaan.

Mais la chose n'était pas aisée.

Les familles haut placées étaient en place depuis des décennies, voire des siècles. Obtenir de leur part un peu d'intérêt, au mieux une reconnaissance sociale, était un luxe très prisé.
Et évoluer dans un panier de crabes telles que les huit femmes présentes dans le salon de Jaayina compliquait sérieusement la chose.
Tout était prétexte à couteaux dans le dos afin de rabaisser les autres et s'obtenir les grâces de Maisons aussi prestigieuses que l'illustre Organa.

Jaayina était fatiguée de tout cela, mais son mari semblait s'y complaire.
C'était d'ailleurs lui qui lui avait demandé d'organiser cette petite réunion hypocrite entre langues de vipères afin de mettre à mal un de ses concurrents industriels.
La rumeur disait qu'il avait un faible pour les jeunes filles pré-pubères et il comptait bien exploiter cette faille en laissant ces dames se charger d'amplifier la rumeur.

Donc effectivement, Mme Karys Kapios, mère du petit Ivanio, n'avait pour l'heure plus aucun intérêt pour son fils.


"Puisque c'est ça, je vais jouer avec tes poupées...
- Vas-y, joue avec... espèce de petite fille !
- Maaais..."

Le petit Ivanio se mit à sangloter, puis à pleurer à chaudes larmes.

"Faaip ? Qu'est-ce qu'il se passe ?"
La voix de Wiyann, la sœur de Faaip, venait du bas des escaliers. Le bruit de ses pas montant vers eux se fit entendre.

"C'est ma sœur ! T'es chiant, hein ! On va se faire gronder à cause de toi !
- Tant mieux, répondit Ivanio. Ça t'apprendra ! T'as qu'à pas être méchante... "

Faaip attrapa une de ses poupées qui traînait par terre et lança son bras vers le jouet qu'elle monopolisait depuis un moment déjà, en l'occurrence un Walker mécanique.
Le jouet vola tout seul vers Ivanio et Faaip fit comme si elle jouait avec sa poupée.

La grande sœur de Faaip passa le pas de la porte tandis que le petit garçon, perplexe, avait arrêté de pleurer et regardait la fillette aux cheveux blancs, les yeux écarquillés.

"Qu'est-ce qu'il se passe ici ? demanda Wiyann.
- Comment t'as fait ça ? murmura Ivanio."

Faaip ignora la seconde question et leva la tête vers sa sœur, de 6 ans son aînée.

"Rien du tout Wiyann, mentit-elle. Ivanio est triste parce que son nouveau Walker ne marche plus. Il doit être cassé...
- Ah ? Tu veux que je jette un œil, Ivanio ?" demanda sa grande sœur en se baissant vers le jouet.

Ivanio hocha la tête à Wiyann, toujours sur le coup de la surprise de ce qu'il venait de voir.

Wiyann s'empara du Walker miniature et le manipula pendant quelques instants.
Faaip, elle, faisait toujours mine de jouer avec sa poupée.
Ivanio la dévisageait, à la fois effrayé et fasciné.

"Tiens, il fonctionne très bien. C'est juste que tu avais appuyé sur ce bouton, là.
- M... Merci Wiyann, répondit l'enfant en reprenant le jouet qu'elle lui tendait.
- Faaip, tu le laisses s'amuser avec tes jouets, hein ?!
- Bien sûr grande sœur. Je venais juste de lui dire qu'il pouvait jouer avec mes poupées s'il voulait..."

Wiyann quitta la pièce et redescendit les escaliers.
À peine eut-elle atteint la dernière marche que Faaip se précipita sur le petit Ivanio en le saisissant par le col.
"Plus jamais tu refais ça, espèce de bébé !
- Ou... Oui... Mais comment t'as fait ça ?
- J'ai rien fait du tout, nia la fillette.
- Si ! Comment t'as fait pour bouger mon Walker sans le toucher ?
- J'ai rien fait du tout. Et si t'en parles, ça va barder !
- Ah ! Ça veut dire que tu l'as fait ! Tu as fait de la magie !
- C'est pas de la magie.
- Ah ben non, tu es une sorcière. C'est de la sorcellerie ! Ouh, la sorcière-euh !"

La main de Faaip claqua sur la joue du garçon.
Elle le secoua et le menaça :

"Écoute-moi, bébé ! Si tu me traites encore de sorcière ou que tu racontes à quelqu'un ce que tu as vu, je te préviens... C'est pas une simple gifle que tu auras !
- J'm'en fiche ! J'vais l'dire à tout l'monde et tout l'monde saura qu't'es une vilaine sorcière !"

Ivanio se dégagea d'un coup en repoussant Faaip et sorti de la chambre en courant.

Faaip se précipita à sa suite.

Le petit garçon venait de poser la main sur la rampe des escaliers et s'apprêtait à les descendre quand Faaip s'arrêta et murmura :

"Tu ne diras rien !"

Elle tendit les deux bras vers l'enfant qui fut propulsé en avant par une vague invisible.

Ivanio vola au-dessus des marches, sans émettre le moindre son.
Il termina sa course à deux mètres au-delà du bas des escaliers.

Il y eut un bruit sinistre de craquements d'os.
Faaip eut l'impression d'entendre un fruit trop mûr.

Elle descendit lentement les marches, regardant le corps désarticulé du petit garçon avec un regard de prédateur.

Un bruit de pas précipité se fit entendre dans le couloir inférieur et Faaip changea de visage, prenant l'air le plus attristé possible.

Sa sœur Wiyann arriva en courant et s'arrêta net en apercevant le corps sans vie de feu Ivanio Kapios.
Elle plaqua ses deux mains sur sa bouche, étouffant le cri qui remontait dans sa gorge.

Tremblante, elle s'approcha doucement et se tourna vers sa sœur, désormais en larmes.

"Qu... Qu'est-ce qui... Qu'est-ce qui s'est passé ? Faaip ? Que lui est-il arrivé ?
-  Il... Il voulait seulement... sanglota Faaip.
- Il voulait quoi ? Parles ! s'étrangla sa sœur."

La fillette aux cheveux blancs se força à lâcher quelques larmes de plus et finit par lâcher :

"Il voulait seulement te remercier pour son jouet !"


À l'autre bout du couloir, des pas précipités se firent entendre, rapidement suivis de divers cris et exclamations de surprise et d'indignation, tous dominés par le hurlement de douleur sortant de la gorge de Mme Karys Kapios, mère du petit Ivanio, décédé à l'âge de 6 ans.
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Re: Née dans la Douleur

Message par Seu Ka'ann le Dim 8 Oct - 15:02

Réception de message en cours........................
Aucun virus détecté.....................................................

Date : 28 Telona, +5 TC

Expéditeur : Corben Falls

Destinataire : Maairt Oiad


Sujet : Bien joué...


Monsieur,

Je tenais tout d'abord à vous féliciter pour le petit croc-en-jambe que vous m'avez fait.
Profiter de cette fausse rumeur de pédophilie pour me faire tomber comme vous l'avait fait est tout à fait digne du petit escroc minable que vous êtes.
Je ne pouvais en effet pas en attendre moins de vous.

Comme vous le savez, cette petite manipulation m'a fait perdre la moitié de mon porte-feuille client sur ce marché déjà très concurrentiel qu'est celui du datapad. Les seuls clients qui me sont restés fidèles sont ceux de longue date, qui savent qu'ils auraient tout à perdre à travailler avec une petite ordure comme vous.

Néanmoins, je dois vous faire part de mes interrogations vous concernant, à défaut de remerciements.
Vous aviez la possibilité de profiter de cette ignoble rumeur pour me faire passé devant la justice et ainsi m'enterrer définitivement, faisant de vous le numéro 1 sur le marché du datapad dans ce secteur de la galaxie.
Mais vous avez préféré laisser la rumeur s'étendre d'elle-même, tirant juste deux ou trois ficelles pour que cela me discrédite, me fasse perdre socialement la face... m'affaiblir en somme... et que vous ayez assez de preuves juste pour me faire chanter ?!

Il est de notoriété publique que vous êtes un homme ambitieux et que vous souhaitez que votre nom soit inscrit dans les anales d'Alderaan.
Mais de là à penser que de vous approprier mes titres de noblesse fera de vous un véritable noble d'Alderaan... je ne vous pensais pas aussi stupide.
Mais c'est vous qui tirez les ficelles.


Vous trouverez donc en pièce jointe l'attestation certifiée conforme du transfert de ma particule à votre nom propre.


Je ne m'appelle donc plus Corben De Falls, mais seulement Falls.
Et je suppose que je devrais vous appeler De Oiad.

Mais pour moi, vous ne serez jamais que le sale petit arriviste de merde qui a ruiné plusieurs générations d'honnête labeur juste pour péter plus haut que son cul.

Si vous pensez vraiment que le charisme passe avant l'attitude, c'est peut-être le cas du côté des Hutts ou de l'Empire, mais les gens d'Alderaan sont vrais.
Je vous souhaite bien des mondanités avec votre nouvelle noblesse, mais sachez que vous ne tromperez personne.


En ne vous souhaitant pas une bonne continuation,


Corben Falls

Gérant de Data'Tech
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Re: Née dans la Douleur

Message par Seu Ka'ann le Mer 11 Oct - 22:21

Aldera, capitale d'Alderaan, 22 Helona, +8 TC

Le ciel était radieux et une agréable chaleur imprégnait les rues de la capitale. Les préparatifs des fêtes de Shelova battaient leur plein et une douce indolence s'était emparée des habitants, leur conférant une bonne humeur naturelle.
La menace impériale avait beau être présente, personne ne semblait s'en soucier. Même les soldats en faction aux postes clefs de la ville étaient détendus.
Certains avaient même ôté leur casque et affichaient des sourires insouciants.

C'était le cas du Sergent Teenhal, qui faisait sa ronde dans un quartier plutôt tranquille de la ville. Il avait profité de sa récente promotion et s'était arrangé pour retrouver son ami Brins lors de trajets de ronde pas franchement règlementaires, lui-même promu à ce grade l'année précédente.

Il marchait le long d'une allée ensoleillée, flanquée de deux grands espaces verts sur lequel des familles venaient régulièrement pique-niquer, où des enfants aimaient jouer à divers jeux et où des étudiants se plaisaient à réviser.
Il venait d'apercevoir son ami Brins et s'apprêtait à lui faire un signe de la main quand un cri sur sa gauche le fit sursauter.

Il se tourna vivement en braquant son arme... et vit une adolescente à la peau mat et aux cheveux châtain tentant de sauver sa robe blanche qu'elle venait de tâcher.
Une autre enfant, plus jeune et aux cheveux d'un blanc intense, riait en se moquant d'elle.

"Faaip ! Arrête, t'es pénible à la fin !"

Teenhal soupira en abaissant son arme. Une famille de quatre personnes était en train de pique-niquer dans l'herbe. Le père de famille affichait un sourire désinvolte tandis que la mère, en chaise aéroportée, semblait fatiguée d'entendre ses filles se chamailler.
Visiblement, cela semblait récurrent.

"Quoi ? J'ai rien fait," dit en ricanant la fillette aux cheveux blancs.

Le sergent Teenhal tourna les talons à la famille Toulmonde et se dirigea vers son ami Brins, entendant encore la querelle entre sœurs .

"Papa ! Regarde elle a encore abîmée une de mes robes juste pour faire son intéressante ! se plaint Wiyann.
- Même pas vrai, rétorqua sa petite sœur d'un ton peu crédible.
- Les filles, vous pouvez pas passer une heure sans vous chamailler ? soupira Jaayina.
- Mais c'est elle qui a commencé ! Elle est toujours en train de me lancer des trucs, là, avec son machin de Force !
- "Elle est toujours en train de m'envoyer des trucs" gnia gnia gnia ! l'imita Faaip. Tu dis ça parce que t'es jalouse !
- Faaip, n'en rajoute pas s'il te plaît, intervint leur mère.
- Roooh ça va... bouda la fillette.
- Allez les filles. Cessez-le-feu un instant, fini par dire leur père. Wiyann, on ira t'acheter une nouvelle robe avant Shelova. Et puis, il faut bien que ta sœur s'exerce...
- En fichant mes affaires en l'air ?
- Ce ne sont que des vêtements... On t'en achètera d'autres.
- Mais c'est pas que les vêtements ! Elle est toujours à m'envoyer à la figure tout ce qui lui passe sous le coude ! La dernière fois, je me suis pris un de ses jouets sur le coude. Regarde j'ai encore un bleu !
- C'est comme ça que font les Jedi pour se défendre ! rétorqua sa petite sœur.
- Les Jedi... Parce que tu te prends pour un Jedi, toi maintenant ? En m'envoyant des pots de sauce et des jouets à la figure ? Tu parles d'une Jedi..."

Cela faisait maintenant plusieurs mois que l'affinité de Faaip avec la Force avait été découverte par sa famille. Aux yeux de son père, il s'agissait d'une véritable bénédiction.
Maairt ne cachait jamais ses ambitions et la présence d'un utilisateur de la Force dans sa famille était une véritable aubaine. Il n'arrêtait pas de raconter à qui voulait l'entendre que sa cadette s'améliorait de jours en jours et allait bientôt faire des miracles avec la Force.
Aussi, il prévoyait de contacter rapidement le Conseil Jedi pour leur faire part des capacités de sa fille et leur demander de la former.
Quoi qu'en dise sa femme.
Mais d'abord, il devait laisser la rumeur se propager.
Et ce qu'il avait appris l'avant-veille allait grandement l'aider dans ses plans.
Il avait emmené toute sa petite famille pique-niquer pour profiter du temps magnifique mais surtout pour leur annoncer une nouvelle qui allait, il en était certain, les ravir.
Il attendait le moment du dessert avant de se prononcer.

Faaip s'était fermée, suite à la remarque de Wiyann, et la fixait d'un air mauvais.
Celle-ci, toute occupée à essayer de rattraper les dégâts sur sa robe, ne remarqua pas le regard noir posé sur elle.

"Allez les filles, dit-il en cherchant dans la glacière métallique, qui veut du sorbet ?
- Moi ! fit Wiyann qui semblait avoir oublié la querelle avec sa sœur.
- Moi... répondit Faaip qui ne la lâchait toujours du regard."

Maairt servit ses deux filles et rangea le sorbet, oubliant volontairement sa femme.

"Et moi ? s'offusqua cette dernière, je compte pour un Hutt ?
- Toi... Tu as droit à... ÇA !"

Et il sorti de la glacière une bouteille d'un champagne extrêmement coûteux, dont il fit sauter le bouchon d'un mouvement rapide et très sonore.
À quelques dizaines de mètres, les sergents Teenhal et Brins, que l'on aurait pu croire en pause se retournèrent en entendant le bruit.

Jaayina écarquilla les yeux.

"Mais tu es fou ? En quelle occasion as-tu fait cette folie ?
- Madame De Oiad, répondit Maairt d'un ton faussement pompeux tout en remplissant deux coupes, je tenais à vous annoncer que nous avons été retenus pour accueillir l'un des Maîtres Jedi qui fera partie de la délégation présente lors de la fête de Shelova !
- Un Jedi ? Chez nous ? s'extasia Faaip.
- Oui ma belle ! Un vrai !
- Quoi ? demanda Jaayina en fonçant les sourcils. Mais... comment...
- Et bien, j'ai usé de mon influence sur les grands de ce monde..."

Jaayina regarda son mari d'un air méfiant.
Wiyann, elle, ne disait rien, observant ses parents et sentant que le joli pique-nique en plein soleil allait vite tourner au ciel d'orage.

"Ton influence, hein ?! ironisa Jaayina. Tu veux plutôt dire que tu as utilisé le don de ta fille pour appuyer ta demande... Et tu me mets devant le fait accompli, comme ça, sans même me demander mon avis ?!"

Maairt ne répondit pas, souriant d'un air amusé en lui tendant une coupe de champagne.
Elle le connaissait si bien !

Mais elle devait aussi savoir qu'il n'abandonnait pas facilement.

"Je te préviens Maairt, continua Jaayina, ne compte pas sur la venue de ce Jedi pour envoyer notre fille dans je ne sais quel coin de la galaxie afin qu'ils la forment à devenir l'une d'entre eux, juste pour le prestige de la famille et ta satisfaction personnelle !
- Un Jedi va venir pour me former ? demanda la concernée à son père.
- Oui ma belle ! répondit Maairt à sa fille, choisissant d'éviter la confrontation avec sa femme. Et tu deviendras une Jedi très respectée !"

Wiyann regarda sa mère d'un œil triste, n'osant pas intervenir.
Cette dernière activa deux boutons sur le panneau de contrôle de son fauteuil.

"Les filles, soyez gentilles et commencez à ranger les affaires. Votre père et moi devons parler seul à seul," annonça-t-elle tout en fixant son époux.

Elle fit s'éloigner doucement son moyen de locomotion, tandis que Maairt lui emboîtait mollement le pas, résigné à devoir subir une conversation désagréable.

Wiyann les regarda s'éloigner et commença à ranger les couverts sales.
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Re: Née dans la Douleur

Message par Seu Ka'ann le Dim 15 Oct - 22:46

Aldera, capitale d'Alderaan, 22 Helona, +8 TC

"Tu vois, je vais devenir Jedi ! lança Faaip à sa sœur d'un ton victorieux.
- Ouais ben c'est pas dit... répondit Wiyann en continuant de ramasser assiettes et couverts.
- Si, c'est Papa qui l'a dit !
- Oui mais Maman n'a pas l'air vraiment d'accord. Surtout si c'est juste pour le prestige...
- Qu'est-ce que ça peut lui faire ?" maugréa la cadette.

Wiyann se tourna vers sa petite sœur restée debout.

"Ça lui fait que t'es sa fille et qu'elle a pas envie de te voir partir si vite ! Elle t'aime et tu es encore trop jeune pour nous quitter ! Sans compter que d'ici deux ans, j'irai probablement faire mes études sur Coruscant. Si elle se retrouve seule avec Papa...
- Si elle m'aime tellement, elle a qu'à me laisser devenir une Jedi ! rétorqua Faaip avec un aplomb qui choqua presque sa sœur.
- Mais t'es bête ou quoi ? Je viens de te dire qu...
- Ne me dis pas que je suis bête ! Je vais être une Jedi. Et pas toi !"

Faaip avait presque crié.
Wiyann dévisagea sa sœur en levant les sourcils.

"Non mais t'as vu comment tu te comportes ? Espèce de gamine capricieuse...
- Tais-toi... siffla Faaip.
- Pour être une Jedi, il faut être calme et pas colérique comme toi...
- Tais-toi je te dis..."

La voix était un grondement.
Par terre, des brins d'herbe avaient frémis, malgré l'absence de vent.

"Tu n'arrêtes pas de te comporter comme une princesse alors que tu n'es qu'une sale petite peste... continua Wiyann.
- Tais... Toi..."

Un filet de fumée s'échappa d'un pot en métal remplit d'huile resté à terre.

"Tu ne te rends pas compte de la chance que tu as et du mal que tu fais autour de toi... "

Le pot en métal fumait de plus en plus.

"Je ne te le répèterai pas, Wiyann. Tais-toi !
- Tu ne réalises pas tout l'amour que Maman te porte, continua cette dernière, sans remarquer la fumée . Elle te donne tant ! Et toi... Tu ne fais que lui en demander toujours plus, sans un remerciement, sans lui apporter aucune considération..."

Dans le pot, l'huile bouillait maintenant franchement.

Faaip, elle avait les yeux fermés et le visage déformé par la colère.

"De toute manière, depuis toute petite tu agis comme une sale égoïste ! poursuivit Wiyann. Tu sais pourquoi Maman t'apporte autant ? C'est pour se prouver que tout ça n'aura pas servi à rien. Parce que rappelle-toi... si elle ne peut plus marcher, c'est à cause de toi !"

Faaip ouvrit brusquement les yeux en criant de rage.

Toute la colère qu'elle avait emmagasinée depuis ces dernières minutes s'échappa sans qu'elle ne puisse l'en empêcher.
Elle avait pourtant essayé de la contrôler, pour prouver à sa grande sœur qu'elle avait tort, et l'avait canalisée vers un objet au hasard, en l'occurrence ce pot en métal qu'elle croyait vide.

Mais les derniers mots de Wiyann avaient été parmi les plus durs qu'il lui avait été donné d'entendre.
La cadette avait donc relâché le trop-plein, perdant tout contrôle de la projection de ses émotions.

Le pot et son contenu bouillant furent expulsés en ligne droite.
Wiyann ne put que détourner la tête pour éviter le pire.

L'huile bouillante éclaboussa le côté droit de son visage et se répandit dans son cou, dans un horrible bruit de cuisson.
Le cri qui sortit de sa gorge couvrit celui de sa petite sœur qui stoppa net, visiblement surprise par ce qu'elle avait fait.

À une centaine de mètres, Maairt et Jaayina De Oiad, débattant quant au futur de leur cadette, virent leur fille aînée se plier en deux de douleur, des volutes de fumée s'échappant de son visage.
Criant le nom de son aînée, Maairt couru aussi vite qu'il le put mais fut stoppé net en pleine course.

Wiyann se redressa d'un seul coup en hurlant le prénom de sa petite sœur et un éclair balaya tout dans un rayon de 50 mètres.

Maairt n'eut pas le temps de voir ses deux filles s'écrouler par terre.
Totalement aveuglé, il sombra lui-même dans l’inconscience, n'entendant au loin que les cris et les pleurs de sa femme...
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Re: Née dans la Douleur

Message par Seu Ka'ann le Mar 17 Oct - 13:09

Aldera, capitale d'Alderaan, 23 Helona, +8 TC

Le Sergent Teehnal bailla à gorge déployée.
Il n'avait pas dormi de la nuit car trop occupé au bien-être du Sergent Brins.
Il posa de nouveau le regard vers son ami et une pointe d'inquiétude lui traversa la poitrine. Brins dormait à poing fermé, un bandeau recouvrant ses yeux aveugles, une perfusion de kolto dans le bras gauche et un moniteur cardiaque émettant un "bip-bip" régulier.

Teehnal n'avait pas compris ce qu'il s'était réellement passé, la veille, dans ce parc.
Son ami et lui discutaient des courses de fonceurs intergalactiques lorsqu'ils avaient entendu un cri inhumain.
Il s'était retourné pour voir l'adolescente à la robe tachée se plier en deux, tandis que Brins s'était mis à courir vers elle, sans doute pour l'aider.
À quelques dizaines de mètres, le père de la gamine courait lui aussi vers elle.
Teehnal n'avait même pas eu le temps de se mettre à courir à son tour qu'une grande lumière blanche avait surgit comme un flash tout autour de la jeune fille. Teehnal avait juste été ébloui mais son ami avait été pris en plein dans l'éclair de lumière.
Une fois le flash dissipé, la scène qui s'était offerte à Teehnal était désolante : quatre personnes étaient allongées par terre, inconscientes, dont son ami. La femme en chaise aéroportée tentait en vain d'attraper la main d'une de ses filles en pleurant de manière quasi-hystérique.
Teehnal avait accouru vers elle pour la calmer, puis avait appelé les secours.

Tous s'étaient donc fait rapatrier en urgence à l'hôpital général et mis en examen. Teehnal s'était vite désintéressé de la famille bourgeoise pour se consacrer à son ami.
Le diagnostic était incertain : les médecins ne savaient pas si Brins pourrait retrouver la vue.
Il l'avait donc veillé toute la nuit, afin de s'assurer qu'il irait bien s'il venait à se réveiller.

C'était maintenant le début de l'après-midi et son ami dormait toujours.
Le "bip-bip" du moniteur le berçait doucement et Teehnal ferma les yeux pendant quelques secondes, puis quelques minutes.
Sa tête bascula et il se réveilla d'un coup, tout aussi épuisé. Il décida de quitter le chevet un instant, le temps d'aller se chercher un café ou autre chose qui le maintiendrait éveillé afin de pouvoir continuer de veiller son ami.

Il sorti de la chambre de Brins et marcha doucement vers le réfectoire.
Au bout de quelques mètres, il passa devant une chambre ouverte et s'arrêta un instant.

Le père des deux fillettes, pris lui aussi dans le flash déclenché par l'une d'elle, était assis sur une chaise à l'envers, la tête et les mains appuyées sur le dossier, face à deux lits. Dans chacun d'eux reposait une de ses filles.
Celle aux cheveux blancs avait été aveuglé elle aussi et portait un bandeau similaire à celui de Brins.
Celle aux cheveux châtains, qui avait déclenché l'éclair de lumière, portait un pansement lui couvrant la partie inférieure droite de son visage.
Brins la regarda avec aversion.
C'était à cause d'elle si son ami venait à devenir aveugle définitivement.
Il n'eut pas le temps de se gargariser de sa colere, le père de famille tourna la tête vers lui.
Il avait les yeux boursouflés et cerclés de rouge.

Mais il voyait.

Cela redonna de l'espoir à Teehnal et toute émotion négative disparu instantanément.
L'homme le reconnut visiblement. Il lui adressa un signe de tête, un petit sourire se dessinant.
Teehnal répondit d'un signe de tête également et poursuivit son chemin jusqu'au réfectoire.


Une fois le soldat parti, Maairt De Oiad resta un moment à regarder l’encadrement de la porte, hagard.
Puis il reporta son attention sur ses deux filles et une bouffée de fierté inonda sa poitrine.
Ses deux princesses.
Ses deux merveilles.
Capables d'utiliser la Force.
C'était incroyable !

Que seule Faaip le soit était déjà une bénédiction en soi.
Mais que Wiyann le soit aussi... ça tenait du miracle !

Il n'y avait plus aucun doute : ses deux filles allaient devenir de puissantes Jedi respectées et le nom des Oiad serait connu dans toute la galaxie.
Il ne pouvait en être autrement.
Tous les signes concordaient.

Certes, les deux sœurs ne s'entendaient à la base pas très bien et elles allaient sans doute désormais se vouer une aversion encore plus profonde l'une à l'autre. Mais avec le bon entrainement Jedi, elles apprendraient bien à effacer leurs griefs, à se pardonner et, qui sait, à combattre côte à côte.
Maairt en était persuadé.

Sa femme beaucoup moins.

Jaayina le lui avait clairement dit la veille : il était hors de question qu'elle laisse son mari envoyer Faaip à l'autre bout de la galaxie pour risquer sa vie à être formée dans un entrainement qui ferait d'elle une combattante risquant de mourir à tout moment. Elle ne voulait pas un jour recevoir de la part du gouvernement Républicain une missive lui présentant ses sincères condoléances.
Et même si Faaip avait un caractère infect et pouvait s'avérait parfois cruelle... même si Maairt et elle ne savaient toujours pas ce qui s'était véritablement passé avec le petit Ivanio, il y a quelques années...
C'était sa fille et elle l'aimait plus que tout.
Elle avait tout donné pour elle.
Jusqu'à l'usage de ses jambes.
Jaayina souhaitait une vie simple pour ses deux filles : une bonne éducation, un époux les mettant à l'abri du besoin, une belle demeure pour chaque...

Une vie sans intérêt, selon Maairt.
Bon sang, que sa femme pouvait avoir l'esprit étroit !

D'autant que maintenant, leurs deux filles étaient aptes à être Jedi !
Jaayina ne pourrait plus nier que le destin de ses filles était trop important pour être gâché dans une petite vie minable à faire des courbettes.

Dans quelques jours, un Jedi allait résider chez eux.
Il attesterait de la puissance de leurs filles et convaincrait Jaayina de les former à devenir comme lui.
Et si le Jedi ne parvenait pas à convaincre sa femme, Maairt y arriverait.

Par tous les moyens.

Malgré la fatigue et les yeux qui brûlaient encore, un sourire se dessina sur ses lèvres.
Il posa le menton contre le dossier de la chaise et observa ses deux fiertés, dormant comme des anges.

Quelques minutes plus tard, il s'endormait, la tête pleine de rêves de grandeur...
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Re: Née dans la Douleur

Message par Seu Ka'ann le Sam 4 Nov - 14:42

Aldera, capitale d'Alderaan, veille de la semaine Shelova, +8 TC

Le spatioport était bondé de nouveaux arrivants. Des hommes, des femmes, des enfants, des humains, des aliens, des marchands, des saltimbanques... Tous se retrouvaient pour les fêtes de Shelova.
Si on cherchait bien, on pouvait même y trouver des Jedi.

Parmi la masse grouillante, le Sergent Teehnal en cherchait un en particulier.
Ou du moins, il tentait de le récupérer, ne pouvant faire deux pas sans buter dans une valise ou une cage à oiseaux.

"Restez avec moi", lança-t-il d'un ton peu aimable aux deux personnes qui l'accompagnaient

Contre sa volonté, le Sergent Teehnal avait été choisi pour accueillir une partie de la délégation Jedi qui arrivait tout droit de Coruscant. Les membres de celle-ci allaient, pour la plupart, être logés au sein de maisons dirigeantes telles que les Organa.
Par manque de place, d'autres membres allaient être placés chez des familles d'importance sociale moindre, telles que les De Oiad.

Maairt était impatient de rencontrer le Maître qu'il allait héberger une semaine entière.
Il était surtout impatient de lui présenter ses deux filles et de lui faire part de sa volonté qu'elles soient formées à devenir Jedi.
Il leur avait demandées de l'accompagner au spatioport, avec ce militaire, dont ils avaient fait la connaissance lors de "l'incident" du parc.
Seule Faaip avait accepté, de bon cœur.
Wiyann était restée murée, cherchant tant bien que mal à camoufler les brûlures sur son visage.
Quant à Jaayina, elle refusait toujours en bloc les idées de son mari concernant leurs filles. Pire, elle le tenait responsable de l'accident : Faaip avait failli devenir aveugle et Wiyann serait marquée à vie.

Maairt, lui, trouvait qu'elle exagérait.

Ce n'était pas de sa faute si ses filles ne savaient pas comment manipuler la Force. Au contraire, un apprentissage leur permettrait de mieux se contrôler et d'éviter ce genre de problème.
Et puis, concernant les brûlures de Wiyann, ce n'était pas bien grave : il demanderai au Jedi. Les Jedi devaient bien savoir faire disparaître ce genre de blessures...

"Par ici", lança le Sergent Teehnal à Maairt qui tenait sa fille par la main.

Ils arrivèrent enfin à la salle d'arrivées où avaient atterris les Jedi.
Ils étaient visiblement en retard, puisque seul un Zabrak, accompagné d'un droïde de service aux formes féminines, patientait en admirant l'architecture des lieux.

Teehnal se dirigea vers lui, talonné par Maairt et sa fille, et le droïde s'exprima d'une voix étonnamment douce.
"Voici les personnes que nous attendions.
- 'jour, fit Teehnal. 'scusez le retard, y a trop d'monde, c'est...
- Bonjour, Maître ! le coupa Maairt en le bousculant et en s'empressant de serrer la main du voyageur. Je suis Maairt De Oiad et voici ma fille, Faaip.
- Bonjour Maître ! s'exclama la fillette avec un grand sourire, visiblement admirative devant le Jedi.
- Monsieur De Oiad. Faaip. Je suis ravi de faire votre connaissance, dit d'une voix douce le Zabrak.
- Tout le plaisir est pour nous, Maître.
- Je vous en prie, ne m'appelez pas Maître. Je me nomme Ksypio.
- Ah, mais quelqu'un de votre rang mérite le respect qui lui est dû, insista pompeusement Maairt.
- Vous savez, nous autres Jedi ne goûtons guerre aux besoins d'afficher notre rang. D'autant que celui-ci n'est pas le mien.
- Comment ça ? demanda Maairt avec un sourire aussi faux que la fleur à sa boutonnière.
- Et bien je ne suis pas Maître.
- Pas Maître ? Que... Que voulez-vous dire ? redemanda Maairt, le sourire figé.
- Tout simplement que je n'ai pas le statut de Maître, expliqua le Zabrak Je suis Jedi. Je ne suis certes plus Padawan depuis maintenant deux ans, mais il me faudra encore attendre pas mal d'années avant de devenir Maître, si un jour je le devient."

En entendant ces mots, le sourire de Maairt s'était effondré.
Pas un Maître ? Mais qu'est-ce que c'était que ces conneries ? À peine un gosse sorti de ses couches culottes ! Ce n'était certainement pas lui qui allait pouvoir attester des pouvoirs de ses filles. Vraiment, il ne voyait pas ce qu'il allait pouvoir foutre de cet alien jaunâtre avec ses cornes à la con sur le crâne !

"Je sens de la frustration en vous, Monsieur De Oiad, annonça le Jedi Ksypio. Quelque chose vous perturbe ?"

Si quelque chose me perturbe, espèce de con ? Tu vas te prendre ta sollicitude à deux ronds et ton sabre laser dans le cul, tu vas la sentir ta frustration !

"Pour être tout à fait franc, et sans vouloir vous vexer, j'avais espéré héberger un Maître Jedi afin de lui présenter mes filles qui ont des prédispositions avec la Force.
- Je crois comprendre votre désarroi. Mais présentez-moi donc vos filles, je pourrai en référer à mon Maître dès demain.
- Pourquoi pas aujourd'hui ? demanda Faaip.
- C'est toi qui veux devenir Jedi ? demanda Ksypio en s'agenouillant devant la fillette.
- Oui, répondit-elle fièrement. Et je deviendrai la plus grande Jedi qui soit.
- Hahaha ! Et bien tu vas d'abord devoir apprendre ta première leçon : la patience est une vertu. Soit patiente et tu obtiendras tout ce que tu veux."

Le Zabrak se redressa et se tourna vers le père de l'enfant.

"Je vous remercie en tout cas de vous être porté volontaire pour accueillir un Jedi chez vous.
- Mais de rien, répondit Maairt d'un air pincé.
- En ces temps troublés, notre Ordre ne fait pas l'unanimité. Il est rassurant de voir que des personnes comme vous savent faire preuve de générosité et d'abnégation."

Mais qu'est-ce qui me chante, celui-la ?! Rien à foutre de t'accueillir chez moi ! J'ai juste besoin qu'un putain de Jedi voit mes filles !

Maairt hocha la tête, l'air gêné, en grimaçant un sourire.

"Oui, heu, en effet... Allons-y. Vous n'avez que ça comme bagage ?
- Oui, répondit Ksypio. Et le droïde.
- Bien. Sergent, les valises de Monsieur le Jedi, je vous prie."

Teehnal ouvrit la bouche pour protester mais se retint.
Il laissa De Oiad ouvrir la marche, se saisit des bagages et leur emboîta le pas, passant tout de même devant le droïde.

Faut pas déconner, non plus...
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