Le prix du pouvoir - Chapitre I

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Le prix du pouvoir - Chapitre I

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:24





Claire Crescent : Apprentie sith (humaine)

Kenntrav Havern : Garde de la maison Sazraêl (humain)

Lazna Nillron : Chevalier de Zakel (humaine, morte)

Aya Faurrel : Noble de Zakel (humaine)

Kaleb Asren : Seigneur sith, gouverneur du système Galaan (humain)

Miha : Esclave (Twi'lek femme)





Domaine Sazraêl : Korriban, bordure extérieure (territoire impérial)

Campement des Voterah : Hypori, bordure extérieure (territoire impérial)
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Claire Sazraêl
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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre I

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:25

Le sang et la boue emplissaient sa boue, formant un goût âcre dans la gorge.

— Alors, tu fais moins la fière à présent ! hurla l’une des personnes qui l’entouraient, un Rodien à la peau pâle. Sautillant autour d’elle tel un Gizka, ses traits tordus par une sourire sadique, il labourait sa victime de coups de pied sur le même rythme que les autres. Cognant rudement contre l’armure autrefois étincelante, les six hommes s’acharnaient sans répit contre la femme, leurs coups ininterrompus la forçant à demeurer face contre terre.

Du chagrin et des regrets emplissaient son esprit, occultant même la douleur.

Le visage tuméfié par les coups reçus, elle pouvait à peine apercevoir son sabre laser à quelques mètres de là, ayant chuté juste à côté des trois cadavres. Trois personnes qui l’avaient imprudemment attaqué de front, payant de leur vie cette action stupide. Malheureusement, c’était là le seul acte de défense qu’elle avait pu fournir. Le corps et les réflexes atrophiés par le manque de sommeil, elle n’avait pas pu réagir assez vite face au reste des assaillants, la mettant dans cette position actuelle : face contre terre, subissant leurs coups.
Et pourtant, ce n’était pas la douleur qui occupait son esprit en cet instant, pas plus que la périlleuse situation dans laquelle elle se trouvait. Son attention s’attardant à peine sur ses assaillants, tant cela semblait sans importance à présent, elle regardait derrière eux avec désespoir. Sa main tendue vers le ciel dans un geste aussi pathétique qu’inutile, elle observait une navette s’élever vers l’espace, emportant avec elle la raison même de son existence. En dépit de tous les efforts qu’elle avait fourni, des innombrables sacrifices qu’elle avait dû accepter ses derniers mois, tout avait été vain. Elle n’avait qu’une seule tâche à accomplir, et elle avait échoué.

— Aller, achève la ! commanda le Rodien à l’un de ses partenaires, semblant oublier qu’il tenait lui-même entre les mains un blaster. Ne se faisant pas prier, l’autre tortionnaire, un Twi’lek à la peau jaune, dégaina sa propre arme. Ne laissant pas voir la moindre once de regret ou d’hésitation sur son visage, il orienta l’arme vers la tête de sa victime, prenant le temps de bien ajuster son tir. A peine quelques secondes supplémentaires, qui vinrent pourtant tout changer.
Voyant la navette disparaître dans le ciel, sentant la rage et la colère commencer à envahir chaque parcelle de son cerveau, la femme décida enfin à se laisser aller. Pendant des mois elle avait combattu chacune de ses émotions, en appelant à sa formation : le devoir, la justice, tels étaient les seules choses qui devaient guider ses actes. Mais maintenant, alors que sa dernière mission, la plus importante de toute, avait échouer, elle n’avait plus aucune raison de se retenir. Enfin, elle pouvait donner libre court à ses émotions, sans craindre ce qu’on pourrait penser d’elle.

C’était très simple en réalité. Une simple pensée, et aussitôt le pouvoir vint affluer en elle. Créant une onde de choc elle balaya les six personnes autour d’elle, le tir du Twi’lek fusant vers le ciel alors qu’il chutait en même temps que ses camarades. Mais il n’eut même pas le temps d’atteindre le sol. Une autre pensée, et le sabre laser s’anima soudain, filant en direction de sa maîtresse tout en s’activant, la lame jaune tranchant le Twi’lek des lekkus jusqu’à la gorge. Sa tête allant rouler misérablement sur le sol tandis que la femme se remettait debout d’un seul bond, amenant son arme directement dans la paume de sa main.

Et le carnage put commencer.
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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre I

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:25

Un nouveau hurlement de douleur vint briser le silence. Resonnant avec force au sein du vieux hangar aujourd’hui abandonné, les cris venaient se perdre sans que personne ne soit là pour y prêter attention, et encore moins assistance. La seule personne qui était là pour les entendre était celle-là même qui les provoquait, faisant hurler un peu plus sa victime à chaque fois.
— Tu sais comment arrêter cela. Dis-moi simplement ce que je désire savoir, et je t’achèverais rapidement.
Haletant, les yeux exorbités par la douleur, le Rodien accueillit la promesse avec indifférence. Le corps suspendu à plafond par des chaines, le visage maculé par un mélange de sang et de sueur, il avait perdu l’arrogance qui le caractérisait quelques heures auparavant. La respiration rendue difficile, sans doute à cause des nombreuses barres de métal qui s’enfonçaient dans son corps, ce fut à peine s’il réussit à murmurer une réponse.
— Meeto toe…, commença-t-il avant qu’un poing ganté de fer ne vienne s’abattre sur sa mâchoire, le faisant taire aussitôt. Son propre visage tendu par l’impatience et la fatigue, la femme le saisit aussitôt par la seule antenne qu’elle avait laissé intacte, lui relevant le visage.
— En basic ! exigea-t-elle avant de relâcher son emprise, déployant des efforts colossaux pour contenir son impatience. Après toutes ces heures de tortures, elle touchait enfin au but. Ou du moins, c’est ce qu’elle crut jusqu’à ce que le Rodien soit secouer de tremblements. Le regard fou, celui d’un esprit brisé par les souffrances, il riait tout en relevant ses grands yeux noirs vers la femme à l’armure dorée, lui jetant au visage un ultime affront.
— Va te faire voir. eut-il le temps de cracher avant que sa tortionnaire n’explose littéralement de rage. Laissant une fois de plus ses émotions prendre le dessus celle-ci alluma aussitôt son sabre laser, l’enfonçant jusqu’à la garde dans le corps du Rodien qui fut pris d’un dernier soubresaut avant de se relâcher totalement, mort.


— Et merde…

Retrouvant peu à peu son calme, remettant ses émotions derrière les barreaux de son entrainement de chevalier, la femme ne parvint cependant pas à chasser le regret qui commençait de nouveau à l’assaillir. Cette personne était sa seule piste viable, et comme une idiote elle s’était laissé prendre à son piège, le tuant avant qu’il n’ait put lui révéler la moindre chose utile. Et maintenant qu’il était mort…
Non. Elle ne devait pas réfléchir ainsi. Ecartant une mèche de cheveux noirs collés par la sueur sur son front, elle se mit à réfléchir à toute vitesse. Elle s’était déjà retrouvé dans des situations semblables, à l’époque où elle traquait les criminels dans Vermineville. Et comme son mentor aimait déjà lui répéter à l’époque, à chaque problème il y avait toujours une solution pour qui savait regarder.
Saisissant un scanner qui trainait à côté de nombreux objets ensanglantés, elle retourna vers le corps, commençant à enregistrer chaque centimètre carré de sa peau. Peut-être qu’un détail lui avait échappé. Une balise de détresse. Une prothèse dont elle pourrait remonter la trace. Une marque qui…
Et soudain, la solution explosa dans son esprit, semblant si évidente qu’elle ne pouvait que se maudire de ne pas y avoir pensé plus tôt. Orientant le scanner sur l’épaule gauche de sa victime, se dirigeant en direction d’une console une fois que l’appareil avait fait son office, elle l’inséra dans une fente prévue à cet effet.
— Aller, maintenant, c’est quitte ou double. Se murmura-t-elle à elle-même avant de presser une série de bouton, orientant l’antenne qui trônait au-dessus du hangar afin de se connecter avec un système éloigné.

Pendant de longues minutes, qui semblèrent être des heures, rien ne se passa, le canal ouvert demeurant désespérément silencieux. Puis soudain l’hologramme s’alluma, laissant apparaître une forme grossière, rendue peu visible par la mauvaise qualité de la connexion. Mais même ainsi, certains traits physiques demeuraient identifiables, permettant de distinguer la forme d’une femme petite, la quarantaine, ses cheveux ramenés en avant surplombant un visage vieillit prématurément par le poids des soucis.
— Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que…, commença-t-elle avant de s’interrompre d’un coup. Lazna ? C’est toi ?
— Salut Eilen. Ça fait un bail.
— "Ça fait un bail" ? "Ça fait un bail" ? C’est vraiment tout ce que tu as trouvé ? répliqua-t-elle avec humeur. Tu disparais d’un seul coup, et tout ce que tu trouves à me dire après des mois sans donner signe de vie c’est un "ça fait un bail" ?
— Si tu cherches des excuses, alors tu t’adresses à la mauvaise personne. J’ai fait ce que je devais faire, et je ne le regrette pas.
— Va te faire foutre Lazna ! Va te faire foutre ! Donne-moi une seule bonne raison de ne pas immédiatement te raccrocher au nez.
— Ils l’ont Eilen.
— Quoi ? Qui as quoi ?
— Aya…des personnes l’ont enlevé.

Le silence qui suivit cette réplique fut éloquent, cette simple réplique suffisant à faire taire la femme-hologramme qui demeura interdite pendant quelques secondes.
— Aya a été enlevée ? Par qui ?
— Je l’ignore encore. Sans doute des mercenaires à la solde des Asren.
— Merde. J’ai entendu parler de ce qui s’est passé sur Aringill : si cette famille d’ordures est capable de commettre un acte aussi lâche, alors faire enlever une gamine ne risque pas de leur faire peur.
Hochant la tête en guise d’acquiescement, Lazna laissa ses cheveux retomber devant son visage, dissimulant les émotions qui menaçaient à nouveau de la submerger. L’évocation de ce qui s’était passé sur Aringill faisait remonter en elle cette douleur qu’elle pensait enfouie.
Soufflant un grand coup, elle parvint finalement à retrouver son calme, arborant de nouveau un visage de pierre tandis qu’elle reprenait la conversation.
— J’ai besoin de ton aide pour la retrouver.
— De mon aide ? Pourquoi ne pas demander aux autres chevaliers de t’aider ? Les ressources de Zakel sont bien plus impressionnantes que les miennes.
— Zakel n’existe plus, de même que les chevaliers.


— Lazna…soupira la femme, je sais que tu ne portais pas l’impératrice dans ton cœur, surtout avec cette histoire de combat à mort entre chevaliers, mais je n’aurais jamais cru que tu irais jusqu’à renier Zakel. Sais-tu que Tirall est revenue dans la capitale après ton départ ? Apparemment elle cherche à rassembler les chevaliers autour de l’étranger.
— Je me fout pas mal de ce qu’à fait ou promis Senya ! cracha la femme, laissant la rage envahir son esprit et ses paroles. Tu voudrais que je serve ceux qui ont assassiné notre empereur et détruit notre empire ?
— Non, bien sûr que non ! Ma famille est morte dans le bombardement de Zakel je te signal, tous assassiné par l’étranger. Alors arrête un peu de divaguer, et dis-moi plutôt comment t’aider.
— J’ai réussis à en coincer un, un de ceux ayant enlevé Aya. Il a refusé de parler, mais il avait un tatouage sur l’épaule, une sorte de signe de reconnaissance. Tu pourrais utiliser ta base de données pour voir ce que tu trouves ?
Approuvant silencieusement, la femme se mit aussitôt au travail. Laissant les données du scanner lui parvenir il pianota quelques instant derrière son écran, le visage tendu par la concentration.
— Un cercle hérissé de quatre piques, voilà qui n’est pas banal. Et qu’est-ce que c’est que ces symboles tout autour ? On dirait du Hutt
— La version courte Eilen, la version courte.
— Oui oui, j’y viens. Apparemment il s’agit du symbole porté par les Voterah, une organisation de mercenaires officiant surtout dans la bordure extérieure.
— Parfait. Où est-ce que je peux les trouver ?
— C’est là le problème : Zakel n’avait aucune information à ce sujet.

Ravalant difficilement un juron, la femme voyait le destin continuer à s’acharner contre elle. Un simple nom ne lui serait d’aucune utilité pour retrouver ces mercenaires, et elle n’avait pas le temps de mener une enquête au sein de la bordure extérieure. Son seul espoir était de trouver une piste, et vite.
Heureusement, il en fallait plus pour la décourager. Rapidement, les réflexes reprirent le dessus, lui permettant d’analyser la situation avec calme, cherchant des solutions.
— Et leurs dernières transactions ? Les planètes où ils ont été vus pour la dernière fois ? Tu as quelque chose ?
— Rien de rien. Tout est désespérément…attend. Je crois que j’ai quelque chose. hésita la Zakelienne tout en s’activant devant son clavier, ses yeux lisant frénétiquement les informations qui s’affichaient devant elle.
— Quelque chose de probant ?
— A toi de me le dire. Selon mes données, ces mercenaires ont été embauchés à plusieurs reprises par une sith afin de piller des tombeaux ou les entrepôts de ses concurrents.
— Si l’empire éternel savait cela, alors ce sith doit être en prison à l’heure actuel.
— On en n’a pas eu le temps : elle s’est fait tuer il y a quelques mois, avant que l’enquête ne puisse aboutir.
— Autrement dit, il s’agit d’une nouvelle impasse. Morte, elle ne risque pas de me donner des informations sur les mercenaires.
— C’est évident. Mais tu sais comme moi que là où il y a des transactions, il y a forcément…
— Des archives. compléta Lazna, comprenant enfin où elle voulait en venir. Excellente idée. Tu peux me transmettre les informations que tu possèdes sur ce sith ?
— Je suis déjà en train de le faire. Mais si tu veux mon avis, tu devrais demander de l’aide à tes anciens camarades.
— Arrête de pleurer Eilen, je peux très bien m’en sortir toute seule.
— Si tu le dis. C’est juste que…soit prudente d’accord ?
— Tu me connais voyons, je suis un vrai modèle de prudence.

Ne laissant pas à l’autre l’occasion de répondre, le chevalier coupa la transmission, consultant aussitôt les informations qu’elle lui avait transmises. Quelques heures plus tard et elle finissait de vider les lieux, n’emportant avec elle que son équipement et suffisamment de crédits pour corrompre les bonnes personnes. La suite s’annonçait difficile, et pleine de danger, mais maintenant au moins elle avait une piste.
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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre I

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:25

— Attention maîtresse. Un seul faux mouvement, et tout risque d’exploser.
— Merci dix-sept, ton aide m’est vraiment très précieuse, commenta la femme avec humeur, son visage tendu par la concentration se crispant encore davantage. La remarque avait-elle eut pour but de détendre l’atmosphère ? Avec ce petit droide, aucune façon de savoir. Parfois, Claire avait l’impression que cette machine, qui devait normalement être un assistant en relations sociales, avait plus à apprendre sur les humains que ceux à qui il prodiguait ses conseils.
Mais il n’était pas le temps de penser à cela. Chassant ces pensées elle reporta toute son attention sur la tâche en cours. Maniant deux pincettes avec une délicatesse extrême, ressemblant à un chirurgien entrain d’opérer, elle finit de connecter le circuit modulateur d’énergie avec le canal d’énergie de la lame. S’arrêtant de respirer, attendant une explosion qui ne vint pas, elle se permit un sourire en constant le succès de son opération.
— Tu vois, pas la peine d’avoir peur.
Rassemblant les différentes parties de l’arme qui trainaient encore sur la table, elle poussa le bouton d’activation une fois le sabre reconstruit, un mètre de laser rouge surgissant d’un seul coup, venant illuminer la pièce et le visage de la femme. Une lame rouge qui se reflétait dans ses grands yeux blancs, caractéristiques d’une ascendance echani, et qui venait donner à ses longs cheveux blonds une teinte rousse.
— Dame Sazraêl ? surgit une voix dans son dos. Puis-je vous parler ?
De surprise, elle manqua de laisser tomber la lame, seuls ses réflexes lui permettant de resserrer son emprise au dernier moment. Espérant avoir dissimuler ce moment de faiblesse, elle se retourna en direction de la personne qui venait de parler. Un homme d’une trentaine d’année, dont l’uniforme d’officier ne parvenait pas à dissimuler la démarche et la musculature caractéristique de ceux qui ont connus les premières lignes.
— Kenntrav ! Combien de fois faudra-t-il que je te dise de m’appeler Claire ?
— Au moins une fois de plus dame Sazraêl. Répondit ce dernier en s’inclinant, dissimulant un sourire derrière une imposante moustache rousse. Sourire qu’elle eut bien du mal à ne pas lui rendre, ne sachant trop comment réagir.
Leur relation était devenue si compliquée. Il n’y avait pas si longtemps, ils servaient encore tous les deux dans l’armée, et pendant quelques années elle avait même servie sous son commandement, lui sergent et elle simple caporal au sein des opérations spéciales.
Mais cela, s’était avant que tout change. Avant que Darth Soromé ne détecte son pouvoir et l’envoie suivre une formation sur Korriban. Avant qu’elle ne se découvre une demi-sœur, Siqsa de la maison Sazraêl, qui l’avait adoptée et élevée comme une sith. Avant toutes ces choses qui n’avaient cessées de creuser un fossé entre les deux.
Et cela ne s’était guère arrangé depuis qu’elle avait enfin abandonné son épée contre un sabre laser, arrachant ce dernier des mains glacées du seigneur Alsébarem, un sith qu’elle avait affronté et vaincu sur Dromund Kaas. A présent, cette arme était devenue le symbole de cette différence qui existait entre eux, un rappel constant qu’il n’existait nul retour en arrière possible pour elle.
— Encore à modifier ce sabre ?
— Son précédent propriétaire et moi n’avions pas les mêmes goûts.
En réalité, elle l’avait tant modifié qu’il était devenu ridicule de considérer cette arme comme celle du seigneur Alsébarem. En plus des nombreux ajustements techniques, elle y avait ajouté quatre piques au niveau de la garde, plus une petite lame au bout du manche. Une façon de transformer cet objet en une véritable arme de guerre, capable de lui servir même si la lame devenait défaillante.

— Tu souhaitais me parler de quelque chose ?
— Les serviteurs terminent les derniers préparatifs pour notre hôte, mais ils aimeraient ton avis concernant le vin. Après tout, c’est toi qui a l’habitude de picoler avec elle.
— Très bien, j’arrive. Soupira-t-elle en s’extirpant de son siège, suivant Kenntrav vers la terrasse à partir de laquelle on observait le domaine des Sazraêl s’étendre tout autour.
Et s’était un fort beau domaine il fallait le dire. Rare étaient les familles possédant une résidence sur Korriban, aussi ces signes de richesse et de pouvoir étaient-ils systématiquement embellis afin d’impressionner les invités.
De là où elle se trouvait, Claire pouvait apercevoir l’arène extérieure que Siqsa avait fait aménagé autrefois, les gradins désormais vides semblants encore résonner des acclamations des spectateurs. Dans un fugace souvenir, elle se souvenait encore de sa sœur trônant au-dessus de l’arène, entouré par les plus éminents représentants de l’ordres qui observaient en contrebas les guerriers s’affronter pour la gloire et la richesse. A cette époque, il lui semblait que rien ne pourrait jamais venir ébranler cette maison.
Mais à présent, ces jours de gloire semblaient n’avoir été qu’un rêve. Là où autrefois une foule d’esclaves et de soldats se pressaient, il ne restait aujourd’hui que quelques serviteurs. Et la maison Sazraêl, qui avait été en plein ascension, périclitait. Sa fortune et ses possessions lentement mis en pièce par les autres sith.
Siqsa aurait su quoi faire. Elle aurait trouvé une solution, des alliés, un plan afin de reconstruire sa maison. Mais Siqsa était morte. Tuée il y a quelques mois, sans que personne ne parvienne à reprendre son nom. Et même si Claire mettait tout en œuvre depuis lors pour la remplacer, il fallait bien admettre qu’elle ne s’en sentait pas capable.
Sa sœur avait été une sith. Une noble formée depuis la naissance pour cette tâche, une personne ingénieuse qui trouvait toujours des solutions. Face à cela, qui était-elle ? Personne. Une sith qui découvrait encore ce monde, une apprentie sans maître qui n’avait aucune base de pouvoir, aucun plan pour restaurer la situation.

— Ce vin-là fera l’affaire. Kor’na aime tout ce qui est luxueux, et vu ses origines lui servir une boisson d’Aldérande serait stupide.
— Etendu madame, il serait fait comme vous le dites. Répondit un serviteur en s’inclinant, emportant avec elle la bouteille que Claire venait de lui désigner, cachant derrière un masque de neutralité sa surprise de voir la maîtresse de maison s’occuper de ce genre de choses.
Mais ce n’était pas sans raison si Claire devait agir ainsi. Repensant rapidement à l’armure noire qui était caché dans ses appartements, elle savait que Kor’na Vellen représentait à l’heure actuelle son unique allié. La seule base sur laquelle elle pouvait s’appuyer afin de restaurer la famille de sa soeur.
La tâche était immense, et sans doute trop lourde pour ses maigres épaules. Mais une chose était certaine : elle ferait ce qui faudrait. Peu importe le prix qu’il faudrait payer, elle mettrait tout en œuvre pour se montrer digne de l’héritage de Siqsa Sazraêl.
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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre I

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:25

Comment les choses avaient-elles put foirer à ce point ?

La soirée avait pourtant si bien commencé, exactement comme elle l’avait espéré. Arrivant pile à l’heure dans le domaine Sazraêl, la duchesse Vellen s’était montrée comme à son habitude : aimable et d’une distinction à toute épreuve. Et grâce aux efforts déployés par Claire, elle n’avait même pas semblé remarquer l’état de délabrement du domaine, se contentant d’apprécier le vin et la conversation.

Alors à quel moment tout avait-il foiré ?

— Excellence, une navette non identifiée fonce vers le domaine
En y repensant, c’était à ce moment-là que les choses avaient commencées à véritablement foirer. Seul le calme du sergent Havern alors qu’il lui annonçait cette nouvelle permettant à la sith de conserver son sang-froid, ordonnant qu’on abatte l’intru.




Mais bien sûr, les choses n’avaient pas pu s’arrêter là. Cela aurait été bien trop simple si l’intru leur avait fait le plaisir de mourir dans le crash de sa navette, fauchée par le tir d’une tourelle. Non, bien sur ce dernier avait décidé de survivre, forçant les impériaux à lui livrée une véritable chasse dans tout le domaine, la suivant à la trace grâce aux carcasses de droides qu’il avait laissé sur son chemin.
Heureusement, le trio avait pu l’intercepter avant qu’il n’aille trop loin. Accompagnées du sergent Havern, les deux sith avaient finalement retrouvé l’assaillant tandis qu’il tentait de se frayer un chemin vers les archives. Sabre laser allumé, Claire s’était aussitôt avancé vers l’intru, se tenant prête au combat.

— Vous détenez des informations sur une bande de mercenaires…j’en ai besoin.
Tel n’était certainement pas l’explication à laquelle l’ex-soldate s’était attendue. Mais pour être sincère, cet intru, ou plutôt cette intruse, ne correspondait que bien peu à l’image qu’elle s’était mentalement faite.
Armée d’un sabre laser jaune, et couverte d’une arme dorée, son origine ne faisait guère de doute : une Zakelienne, et plus précisément un ancien chevalier. Le visage tendu, de même que les muscles, elle ne ressemblait guère à un assassin ou un voleur. Davantage à une personne ayant un but, et se tenant prêt à tout pour y parvenir.
— Je veux des réponses, impériaux.
— Vous en aurez, si vous consentez à venir boire un verre. Proposa la duchesse qui n’avait pas pris la peine de dégainer son arme, vraisemblablement disposée à tenter une approche pacifique. Mais tel n’était pas le cas de leur invitée surprise….
— Ne me prenez pas pour une Jedi. Je n’ai pas survécu jusque-là pour me retrouver piégée comme une débutante.




Ce fut sur ces mots que l’affrontement débuta finalement. Semblant profiter de la déconcentration dont faisait preuve les impériaux, la Zakelienne eut la primeur de l’assaut : levant son bras, paume ouverte, elle envoya une vague de Force sur le sergent. Sans moyen de riposter, ce dernier fut soulevé du sol et propulser comme un fétu de paille contre le mur.
Observant la scène, suivant du regard le sort de son ancien frère d’arme, Claire manqua de se faire surprendra à son tour. Seul le murmure de son instinct, ou êtes-ce celui de la Force, lui permettant de se reconcentrer juste à temps. Voyant la lame dorée se rapprochée dangereusement de son visage elle y opposa sa propre arme, laser jaune et laser rouge s’entrechoquant à toute vitesse sans que l’une ou l’autre ne parvienne à prendre l’avantage.
Tentant de prendre l’avantage, sentant l’assaut s’épuiser contre sa défense, la dame Sazraêl se baissa finalement pour éviter une ample attaque de taille. Laissant la lame adverse lui passer au-dessus de la tête elle se fendit en un estoc…tout ça pour voir son ennemi esquiver l’assaut et lui coller un violent coup de genou sur le menton, la faisant reculer.

— Vous devriez cesser ce combat avant qu’on ne ramasse vos restes…vous êtes perdues d’avance chevalier.
N’ayant toujours pas dégainer son arme, jugeant peut-être que ce combat était indigne de son talent, Kor’na restait pour le moment en retrait, observant sans intervenir…ou presque. Car tandis que Kenntrav se relevait, passant à l’assaut, la duchesse invoqua soudain la Force, enveloppant son corps dans une toile invisible qui l’immobilisa pratique.
Surprise par le talent de son adversaire, n’ayant pas le temps de créer un bouclier pour se défendre, le chevalier ne put que subir. Voyant la vibro-lame du sergent percuter de plein fouet son armure, arrachant une partie de son plastron doré.
— Posez votre arme avant qu’on ne pose votre tête, insista l’apprentie sith, C’est un conseil amical, vous ne voulez pas que je sorte mon sabre.
— Lâche moi sith ! explosa l’intruse, rassemblant son pouvoir pour se libérer des entraves, pile à temps pour faire face à l’assaut de Claire. Déviant le poing fermé qui se dirigeait vers son visage, elle repoussa son agresseur d’un seul coup, l’envoyant s’écraser contre l’une des tables qui trainaient là.
Mais en faisait cela, elle s’était imprudemment exposé, sous-estimant le soldat qui se trouvait juste à côté d’elle. Agissant avec une vivacité qui surpris son adversaire, Kenntrav frappa dans un mouvement de gauche à droite, sa lame cognant rudement contre l’armure dorée, y creusant une nouvelle faille…sans parvenir à atteindre la chair de leur ennemi.
Et dans un mouvement plein de rage, son adversaire passa à la contre-attaque. Pivotant sur elle-même, elle envoya sa botte percuter de plein fouet Kenntrav qui fut éjecter en arrière, percutant le mur dans un craquement sinistre d’os entrain de se briser. Terrassé par l’assaut le sergent s’étala de tout son long sur le sol, perdant conscience au moment où le sabre laser jaune traversait l’espace en direction de la duchesse.

— Pathétique efforts, jugea Kor’na en invoquant la Force pour dévier la lame qui revint aussitôt à son expéditrice.
— Assez ! hurla celle-ci. Il est temps d’en finir.
— Je suis assez d’accord, répondit la duchesse d’une voix doucereuse, aussi amicale que la lame qu’elle consentait enfin à allumer. Laissant son nexus détourner l’attention, elle chargea aussitôt la Zakelienne, tentant de la surclasser par une série d’assauts aussi rapides que précis.




Mais tous ses efforts demeurèrent vains. Aussitôt imperturbable qu’une muraille, le chevalier repoussa une à une les attaques, obligeant Kor’na à finalement reculer, sentant son assaut s’épuiser contre la défense de leur adversaire. Un bref mouvement de recul, un infime instant où elle ouvrit une faille dans sa défense. Et s’était tout ce dont la Zakelienne avait besoin.
Rassemblant son pouvoir, puisant dans son sens du devoir la puissance dont elle avait besoin, elle projeta la Force en direction des deux sith. Submergée par cet afflux soudain de puissance, aucune des deux n’ayant le pouvoir nécessaire pour faire face, les deux apprenties furent soulevée du sol et projetée l’une contre l’autre, se percutant de plein fouet avant de s’étaler faces contre terre, offrant en apparence la victoire à leur adversaire.

Une impression qui ne dura guère longtemps.

— Intruse, vous êtes sommée de déposer les armes et de vous rendre sans opposer de résistance. Vous avez trois secondes pour obtempérer.
Relevant son regard, tâchant de reprendre ses esprits après le choc, Claire constata avec plaisir que ses gardes n’avaient pas perdu leur temps. Se déployant sur les hauteurs, six gardes de la maison Sazraêl avaient pris positions, leurs fusils blaster pointés vers la Zakelienne qui se retrouvait totalement cernée.
Se retournant en direction de cette nouvelle menace, l’intruse observa les gardes sans réagir, jaugeant la situation. Mais comment pouvait-elle encore se faire des illusions sur ses chances de succès ? Il ne lui restait aucune autre possibilité que d’admettre la défaite, déposer les armes en acceptant la défaite.
Et pourtant…
Et pourtant Claire pouvait lire dans ses yeux qu’elle n’abandonnerait pas. Quelque chose la poussait à poursuivre. Un sens aigu du devoir, ou une mission qu’elle plaisait au-delà de sa propre vie, venait balayer toute rationalité. Guidé par cela, elle se mit en mouvement, une fraction de seconde avant que l’ordre ne fuse.
— Feu !
Aussitôt, six blaster se mirent en action, les traits bleus des tirs paralysant fusant en direction de la Zakelienne. Plongeant, elle esquive la première salve, effectuant une roulant en avant afin d’en éviter un seconde…pour être finalement cueillit par une troisième salve. Mordant à travers son armure déjà en ruine, les tirs incapacitants commencèrent aussitôt à répandre leur effet dans son corps, tétanisant ses muscles.
Son corps se raidissant, un masque de surprise et de peur passant sur son visage, la Zakelienne arrêta soudain de bouger. La bouche ouverte dans un hurlement de rage qui ne pouvait s’exprimer elle chuta lentement, comme au ralenti, tombant d’abord à genoux puis face contre terre. Sa dernière vision avant de perdre conscience étant celle des deux sith se penchant au-dessus d’elle.


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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre I

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:26

— Réveille toi.
La tête partant sur le côté à cause de la gifle qu’elle venait de subir, la femme rouvrit lentement les yeux, revenant à la réalité. Battant rapidement des yeux afin de chasser les brumes de son esprit, elle balaya rapidement l’espace du regard, observant son environnement. Tout autour d’elle se dessinait une pièce aux murs brunis par le sable, l’éclairage illuminant avec une couleur de sang les tables poussées à la va-vite, encore encombrées de papiers et de datapad.
Mais surtout il y avait cette personne qui venait de la réveiller. S’étant imaginée l’espace d’un instant devoir faire face à un géant, un bourreau lourdement musclé, Lazna n’en fut que plus surprise en voyant la femme qui lui faisait face. Il s’agissait de l’une des deux sith qu’elle avait affronté précédemment, portant encore sur le dos la tenue avec laquelle elle l’avait affronté.
Et maintenant que la fureur du combat était retombée, elle pouvait observer son ennemie, constatant qu’elle n’avait rien d’impressionnant. Plutôt petite, et d’un gabarit qui n’imposait pas le respect, elle ressemblait davantage à une présentatrice de l’holonet qu’au seigneur d’une ancestrale famille.

— Qui es-tu ? Pourquoi m’avoir attaqué ? demanda la maîtresse de maison, sa main se balançant l’air de rien à côté de son sabre laser, prêt pour l’action.
— Lazna Nillron, chevalier de Zakel. Et pour répondre à votre seconde question, je n’étais pas venue ici avec l’intention de me battre.
Comme prévue, la facilité avec laquelle elle avait obtenu ces réponses laissa la sith bouche bée. S’attendant à une longue confrontation, peut-être même à devoir utilisée la manière forte, elle se retrouvait devant une captive qui ne montrait aucune résistance. Déstabilisée, elle n’en devenait que plus vulnérable, laissant la Zakelienne maîtresse de leur conversation, et de son attention.
— Je n’étais ici que pour obtenir des informations. Le combat qui s’en est suivi contre vous et les autres personnes n’était que purement fortuit.
— Si vous ne vouliez que des informations, pourquoi ne pas simplement les demander ?
— Votre ordre n’est pas spécialement réputé pour sa générosité. Surtout vis-à-vis de l’Empire Eternel.
Gardant le contrôle de ses émotions, parlant comme s’il s’agissait d’une simple conversation autour d’un stimcafé, elle constata avec plaisir que sa solution fonctionnait. A chaque nouvel échange sa geôlière baissait un peu plus sa garde, oubliant l’idée de la torturer pour obtenir des informations.
Et pendant ce temps-là, elle-même pouvait s’activer en toute discrétion.
Projetant la Force sur ses menottes depuis qu’elle avait repris conscience, Lazna prenait bien soin d’agir le plus discrètement possible, laissant un filet de pouvoir si tenu qu’il en était indétectable. Tout ce qu’elle avait à faire, s’était d’occuper la sith suffisamment longtemps.

— Et devine quoi ? Tu as raison : je ne suis pas une grande fan de ton Empire. Je devrais simplement te livrer aux services secrets : je connais quelques personnes là-bas qui seraient ravies de t’extirper la moindre petite information sur Zakel et les chevaliers.
— Vous pourriez en effet. Mais pourquoi offrir aux autres les informations que vous pouvez être la seule à garder. Tout ce que je désire, c’est regagner ma liberté.
— Tu espères vraiment que je vais te libérer ?
— De grès ou de force. Répondit de manière énigmatique la Zakelienne à l’instant même où un cliquettement très caractéristique saluait l’ouverture de ses menottes.
Et aussitôt, tout se mit en mouvement. Bondissant de sa chaise, envoyant un coup de boule à la sith qui recula sous le choc, le chevalier ne lui laissa pas le temps de s’en remettre. Levant les deux mains en avant, elle laissa la Force hurler à travers elle, projetant rudement Claire contre les tables qui bordaient la salle. Une autre invocation de la Force et le sabre laser de la sith s’échappa de sa ceinture, volant droit vers son adversaire.
Tout cela n’avait pris que quelques secondes, trop vite pour que Claire puisse réagir. Mais heureusement pour elle, elle n’était pas seule. Et alors que Lazna allait récupérer le sabre, une douleur fulgurante émergea soudain le long de son dos, lui arrachant un hochement de douleur tandis que l’arme retombait mollement contre le sol. Les muscles tétanisés par la décharge électrique, ce fut tout juste si elle aperçue le droide sphérique qui venait de l’attaquer, comprenant son erreur.
La sith n’avait en réalité jamais totalement baissé sa garde. Laissant son compagnon dissimulé au sein de la pièce, prêt à intervenir si le besoin s’en faisait sentir. Et elle, comme une idiote, elle n’avait même pas envisagé cette possibilité.

Faisant appel à la Force pour surmonter la tétanie de son corps, elle agit malheureusement trop tard. A l’instant même où elle retrouvait le contrôle de ses muscles, Claire fonçait déjà sur elle, les deux femmes se percutant de plein fouet et allant s’étaler contre le sol. Mais la sith avait l’avantage : se réceptionnant sur son adversaire, amenant son arme dans la paume de sa main, elle plaqua la lame rouge sous la gorge du chevalier.
— Je devrais te tuer, ici et maintenant. Souffla-t-elle, le visage tendu démontrant les efforts qu’elle déployait pour ne pas laisser ses émotions guider son bras.
— Alors pourquoi tu ne le fais pas ?! Hurla en réponse son adversaire, son ton ne faisant qu’ajouter à la tension qui existait déjà entre les deux.
— Parce que je ne comprends pas. Pourquoi prendre de tels risques ? Tu devais forcement savoir qu’attaquer une demeure sur Korriban était de la folie, alors pourquoi ? Qu’est-ce qui vaut la peine de risquer ta vie comme cela ?!
— Ma fille !

— Pardon ? Demande Claire après quelques secondes de silence
— Ma fille, répéta Lazna. Elle a été enlevée.
Détourna le regard, elle avait honte de se confier ainsi, ayant l’habitude de dissimuler ses faiblesses. Mais cela n’avait plus d’importance : d’un simple mouvement cette sith pouvait mettre fin à sa vie, condamnant tout espoir pour Aya. Alors à quoi bon continuer à jouer la comédie ?
— Et alors ? En quoi cela me concerne ?
— Les Voterah, les mercenaires qui l’ont enlevé, ont travaillés pour votre famille.
L’espace d’un instant, elle put voir l’éclair de compréhension qui passa dans les yeux de la sith, alors que les pièces du puzzle s’assemblaient enfin pour elle. Mais presque aussitôt celle-ci fut balayée, remplacée par une intense réflexion alors que son adversaire réfléchissait à toute vitesse, analysant la situation.
— Votre fille, commença Claire d’une voix presque hésitante, jusqu’où seriez-vous prête à aller pour elle ?
— Aussi loin qu’il le faudra.
— Dans ce cas, répondit la sith avec le début d'un sourire, je pense que nous pouvons nous entraider.
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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre I

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:26

— Je n’aime pas cet endroit, il empeste le désespoir.
Répondant à cette déclaration par un soupire, manifestant son exaspération apparence, Claire devait bien reconnaître qu’elle non plus n’aimait pas cet endroit. La pluie incessante qui dégringolait sur leurs têtes ne faisant rien pour arranger cela.
Et pourtant, le lieu grouillait de monde et d’activités. A chaque regard une nouvelle scène se dessinait, animée par des seigneurs sith en pleine négociation avec des marchands qui hurlaient pour se faire entendre, ajoutant leurs voix à la cacophonie qui emplissait ce lieu. Comme si toute la galaxie s’était donné rendez-vous sur le marché aux esclaves de Dromund Kaas.
— Anomid, héla un des marchands, idéal pour vos piratages.
— Humains de premier choix, jeunes et robustes.
— Un wookie et vos envies prennent vies.
Détournant le regard, la jeune sith essayait de ne pas prêter attention à la foule d’esclaves qui l’entourait, faisant comme s’ils n’existaient pas. Mais malgré tous ses efforts, elle ne pouvait ignorer ce que ses yeux voyaient.
Attirée par des hurlements sur sa gauche, Claire vit une femme qui hurlait alors que son enfant, une fillette d’une dizaine d’années, était arrachée à ses bras. Luttant désespérément pour garder sa progéniture, l’esclave s’écroula sur le sol alors que les matraques électriques venaient la frapper, tombant aux pieds de l’enfant qui l’appelait désespérément à l’aide.
Mais s’était là l’un des rares exemples de lutte. Si certains esclaves gardaient en eux une lueur farouche, espérant encore pouvoir s’échapper, la plupart affichaient une triste résignation.
— Quand on voit cela, pas surprenant que toute la galaxie déteste votre Empire.
— Silence, prévint Claire doucement, aux yeux de tous ici tu es une sith, accompagnant son amie pour acheter de nouveaux esclaves.
— Vivement que cette comédie se termine. Ce n’est pas parce qu’on doit collaborer que cela me plait pour autant.
Soupirant à nouveau, Claire se garda bien de répondre. Leur collaboration ne reposait que sur une chose : leur intérêt commun pour les Voterah. Lazna afin de récupérer son enfant, et elle afin de s’emparer des biens que ces mercenaires possédaient. Un arrangement mutuellement profitable, voilà tout ce qui les liait.

— C’est ici, finit par déclarer l’apprentie sith en consultant le datapad qu’elle tenait entre les mains, s’arrêtant devant une échoppe que rien ne distinguait vraiment des autres.
Là aussi, les mêmes scènes se répétaient sans cesse. Des esclaves portant des colliers et des menottes électriques étant présentés les uns après les autres par un être qui semblait plus tenir du hutt que de l’humain. Ses yeux porcins s’illuminant en voyant les deux femmes s’arrêter il s’approcha d’elle, trainant sa carcasse dans un tourbillon de soies et de parfums.
— Nobles dames, bienvenues dans ma modeste échoppe. Vous souhaitez consulté nos nouveautés ? J’ai un arrivage très récent en provenance de Nar Shadaa.
— Merci, répondit froidement Claire qui cachait bien mal le dégoût que l’homme lui inspirait, mais à vrai dire nous cherchons l’un de vos articles en particulier.
Appuyant sur une touche du datapad elle tendit celui-ci vers l’homme, le laissant observer le descriptif précis de l’article qu’elles étaient venues prendre. Un esclave que rien ne distinguait vraiment des autres, à une exception près : un tatouage sur l’épaule, représentant un cercle hérissé de quatre piques. Le symbole des mercenaires qu’ils cherchaient. Un symbole que Claire avait retrouvé en consultant la base de données sur les esclaves nouvellement acquit.
— Oui…je vois parfaitement de qui il s’agit. Lot 48-B, ordonna-t-il à l’un de ses assistants, un colosse qui avait l’air aussi amical qu’un rancor. Hochant son crâne chauve en guise d’acquiescement, l’homme revient quelques minutes plus tard, trainant au bout d’une chaine l’esclave dont il était question.
La première chose qui frappa Claire, la première fois qu’elle la vit, fut la jeunesse de cette Twi’lek. Quel âge pouvait-t-elle avoir ? Les données à ce sujet avaient toujours tendance à exagérer, afin de faire monter les prix, mais elle ne devait pas avoir plus de seize ou dix-sept ans. Les poignets et la gorge entravés par des chaines, elle ne portait sur elle que des vêtements volontairement en lambeaux afin d’attirer le regard des passants.
Elle était belle, cela même Claire devait en convenir. Un mignon petit visage, rouge comme le reste de son corps, au milieu duquel se trouvaient deux grands yeux verts qui ne cessaient d’observer son environnement. Et au milieu de son épaule gauche, apposé au fer rouge sur sa peau lise, un cercle hérissé de quatre piques.
— Une de mes plus belles pièces, annonça fièrement l’esclavagiste, une jeune twi’lek idéale pour vos soirées ou pour l’offrir à l’un de vos amis.
— Pas mal, tenta de tempérer Claire qui continuait de jouer son rôle grande dame, mais sait-elle parler ? Est-elle un tant soit peu éduquée ? Je ne voudrais pas récupérer une idiote dans mon cheptel.
— Excellence ! Je peux vous jurer que…, commença l’homme avant de s’interrompre, voyant la jeune sith s’approcher de la twi’lek pour lui parler. Hésitant pendant quelques instants, il finit par reculer, pensant que sa cliente ne voulait que constater les capacités de sa future acquisition.
Comprenant le manège de son alliée, la Zakelienne en profita pour se rapprocher elle aussi de l’esclave, faisant semblant de la jauger tout en surveillant rapidement tous les passants qui allaient et venaient, vérifiant que personne ne ferait attention à leur échange.
— Quel est ton nom ? murmura rapidement Claire.
— Miha.
— Miha…, répéta la sith qui sourit en coin, reconnaissant le mot pour « rouge » en Huttese. Apparemment ceux qui l’avaient nommé n’aimaient pas se casser la tête. Je m’appelle Claire, et voici Lazna.
— Qu’est-ce que vous voulez que ça me foute ? Retorqua la jeune alien.

Elle avait du cran, cela il fallait bien lui reconnaître. Dans de telles circonstances, n’importe qui aurait fait profil bas, essayant de s’épargner de futurs ennuies ou la réprimande de l’esclavagiste. Mais pas elle. A la place de cette servilité qui se voyait chez la plupart des personnes vendues, elle appartenait aux rares qui osaient encore braver leur destin, affichant une lueur de défi dans leurs yeux.
— Rien du tout, répliqua Claire avec patience, tout ce qui m’intéresse c’est la marque que tu portes sur ton épaule. Elle indique que tu as été membre des Voterah. Sans doute as-tu été capturée récemment, lors d’un raid de l’Empire
— On ne peut rien vous cacher…mais ça ne change rien : qu’est-ce que ça peut me foutre ?
— J’ai besoin de renseignements au sujet de cette organisation, et surtout de savoir où je peux les trouver.
Demeurant interdite quelques instants, visiblement surprise par une approche aussi directe, la jeune twi’lek finie par exploser de rire. Non pas un rire de joie, mais un rire ouvertement moqueur, méprisant même, qui ne manqua pas d’attirer le regard désapprobateur de l’esclavagiste.
— Vous alors, vous êtes une drôle. Je n’ai rien dit aux services secrets, alors qu’est-ce qui vous fait croire qu’à vous je parlerais ?
Bien sûr, Claire s’était attendue à ce genre de réplique, ne comptant guère sur sa chance pour que l’esclave se montre coopérative. Mais heureusement, elle avait un plan en tête : rapprochant leurs deux visages, arborant sa pire expression, elle se contenta de murmurer à l’oreille de l’esclave.
— Car dès le moment où je t’aurais achetée, ta vie et ton avenir m’appartiendrons. Cela pourra être une vie relativement décente, celle d’une esclave domestique, ou bien…je pourrais te donner à mes gardes pour être leur jouet.
— Vous n’oseriez pas ! Vous êtes une femme vous aussi !
Gardant un simple petit sourire sur les lèvres, Claire observa la Twi’lek se décomposer devant elle, son teint se faisant de plus en plus pâle, ses yeux brillants dans un étrange mélange de colère et d’anxiété.
Oserait-elle aller jusque-là ? Elle-même ne saurait le dire. A une époque, la simple idée d’une telle menace l’aurait révoltée, mais plus maintenant. Pas depuis la mort de Siqsa, et la charge qu’elle avait laissé sur ses épaules. A présent, tous les moyens lui semblaient bons, tant qu’ils lui permettaient de restaurer la maison Sazraêl.

— Celle-ci me plait, déclara Claire en direction de l’esclavagiste, combien pour elle ?
— Une jeune esclave en pleine santé ? L’une des plus belles pièces que je possède ? Quinze mille crédits.
— Quinze mille ? Le climat de Dromund Kaas à dut vous ramollir le cerveau. Six mille.
Commençant à marchander, la jeune sith imaginait sans mal ce qui devait se passer dans la tête de l’esclave. A chaque seconde qui s’écoulait, la menace qu’elle avait formulée faisait son chemin, la Twi’lek pouvant imaginer quel destin l’attendait si elle ne se montrait pas coopérative.
— Dix mille crédits ! Et vous me ruinez excellence ! s’écria l’esclavagiste de façon très théâtrale.
— Marché conclu.
Dégainant son datapad, la jeune sith commença le transfert des crédits. Quelques secondes plus tard elle la commande des menottes électriques avait changé de main, de même que la vie de la jeune Twi’lek. Baissant les yeux vers elle, Claire put constater avec plaisir que son expression avait radicalement changé. La lueur farouche laissant place à la résignation. Celle d’une personne qui, en définitif, se sait vaincue.
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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre I

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:26

La sueur collant ses longs cheveux blonds contre son visage, ayant l’impression de mijoter dans son armure, Claire respirait profondément, tâchant d’oublier la chaleur écrasante qui régnait ici. Tout autour d’elle, le sable d’Hypori s’étendait à perte de vue, donnant l’impression qu’elle se trouvait sur une planète vide.
Mais tel n’était pas le cas. Les cadavres qui gisaient à ses pieds étaient là pour le rappeler, de même que la présence des trois autres femmes. Le visage dissimulé sous leurs casques, il était impossible de deviner leurs émotions, mais il y avait fort à parier qu’elles aussi avaient hâte d’en finir.

Pourtant, l’opération n’avait débuté qu’une heure plus tôt, alors que le groupe d’intervention s’était réunis. Toutes étaient là, dans ce bâtiment investi par les gardes de la maison Sazraêl : Lazna, bardée dans son armure de chevalier, Kor’na Vellen qui avait accepté de porter cette affaire jusqu’au bout, et Olivia Voldaren, que Claire avant embauché comme renfort pour cette mission.
Le plan était en apparence très simple : alors que les gardes de la maison feraient diversion au Nord, menés par le sergent Havern, elles-mêmes viendraient frapper au Sud. Un plan simple, dont la clé était avant tout la vitesse : si elles prenaient trop de temps, alors les mercenaires s’enfuiraient en navette, emportant avec eux les artefacts convoités, ainsi qu’Aya, la fille de la Zakelienne.




Et pour une fois, le plan semblait se dérouler sans accrocs. Exception faite du tir qui avait ricoché sur l’armure de Kor’na, tout le groupe était indemne. La barricade des mercenaires, qui constituait leur première ligne de défense, s’était effondrée en moins de deux minutes, submergée par la puissance du groupe.
Mais à présent, les choses sérieuses allaient vraiment commencer. Cela, elle pouvait le sentir au plus profond de ses os, son corps tout entier se tendant comme pour anticiper le combat à venir. Et alors que la voix de Voldaren lui parvenait par com-link, Claire pouvait presque deviner ses prochaines paroles.
— Cinq mercenaires plus un lourdement armé, commencé à décrire la chiss d’un ton professionnel, et ils ont également un droide Mark I.
Un droide de guerre…voilà qui allait sérieusement compliquer les choses. Finalement elle avait eu raison d’emporter une telle puissance de feu pour cette mission, ne pouvant que se réjouir d’avoir demandé aux autres impériaux de l’accompagner. Leur aide ne serait pas de trop.

— Quand vous voulez.
Agenouillée sur le sable, la jeune sith entendait au loin le bruit des affrontements, marquant le combat que livraient ses gardes avec les mercenaires positionnés au Nord. Comme espéré, plusieurs de leurs ennemis avaient délaissé le Sud pour aller en soutien, ce qui n’allait que faciliter le travail de la chiss.
Et comme précédemment, le premier assaut de celle-ci fut aussi rapide que mortel. Malgré l’éloignement, les sith purent voir leur allié désactiver soudain son champ de camouflage, poignardant en une poignée de secondes deux mercenaires qui s’écroulèrent raides morts. Un instant plus tard et trois sabre laser s’allumèrent à l’unisson, marquant la reprise de l’assaut.




Fonçant aussi vite que possible, la jeune sith mit encore quelques secondes supplémentaires pour franchir les derniers mètres qui la séparait des autres membres du groupe. Parvenue au sommet de la petite colline de sable, elle put d’un simple coup d’œil s’aviser de la situation, remarquant que l’assaut massif s’était transformé en plusieurs petits combats individuels.
Délaissant les simples mercenaires, Voldaren faisait face au chef du groupe. Tenant deux poignards dans les mains, elle sautillait autour de l’homme armé d’un canon d’assaut, son corps sans cesse en mouvement se tenant prêt à éviter la nouvelle série de tirs qui ne manquerait pas d’arriver tôt ou tard.
Kor’na elle non plus n’avait pas choisi la facilité. Comme à son habitude, la duchesse avait fait le choix de la difficulté, se lançant contre le droide avec son fidèle nexus. Dans un assaut furieux elle avait déjà réussis à planter sa lame dans le corps mécanique, sans pour autant mettre à terre la puissante machine de guerre.

Mais l’heure n’était pas encore à la distraction. Se sermonnant intérieurement contre cette seconde d’absence, l’ex-soldate reporta son attention sur le champ de bataille. Observant du coin de l’œil l’un des mercenaires, elle bondit aussitôt sur lui. Son saut accentué par l’utilisation de la Force, elle lui tomba littéralement dessus, sa lame s’abaissant en même temps que son corps pour trancher le malheureux de la tête jusqu’à l’entre-jambe.
Prenant à peine le temps de souffler, la jeune femme se remit aussitôt en action, fonçant vers le dernier mercenaire encore debout. Tournoyant sur elle-même, déviant de sa lame l’un des tirs qui lui était destiné, elle laissa l’arme traverser la gorge de l’homme. Arrêtant sa charge, elle observa avec un mélange de dégout et de satisfaction la tête du mercenaire rouler sur le sol. Enivrée par le combat, la jeune femme se retourna, s’apprêtant à crier victoire…mais sans y parvenir.

Pendant le peu de temps qu’avait duré son affrontement, la situation avait évoluée, et pas forcément en bien. Si Voldaren parvenait encore à contenir son adversaire, tel n’était pas le cas de la duchesse, et ce malgré l’assistance que Lazna était venue lui prêter. Confrontée au droide de guerre, l’apprentie de Darth Soromé se retrouvait en mauvaise posture.
Réagissant aussitôt, Claire commença aussitôt à bouger, allant prêter son sabre à celui de Kor’na…mais il était déjà trop tard. Surprise par la puissance de feu du droide, la noble d’Aldérande ne put rien faire alors que la machine lui tirait dessus à bout portant. Son armure déchirée par les tirs, elle fut soulevée du sol et renvoyée plusieurs mètres en arrière, son torse fumant à l’endroit où l’armure avait été percée.
Sentant son cœur s’arrêter de battre pendant un instant, observant sa meilleure alliée être ainsi mise à terre, Claire sentie comme un poids lui tomber sur l’estomac. Commençant soudain à hésiter, observant la machine de guerre en se demandant ce qu’elle ferait une fois confrontée à elle. Se pouvait-il qu’elle eût mal calculé son coup ? Que malgré toute la puissance réunis, les mercenaires se révèlent finalement trop forts pour eux ?

Mais alors que ses pensées traversaient son esprit, quelque chose vint soudain les remplacer.

Sans raison apparente, ses pensées néfastes disparurent aussi vite qu’elles étaient apparues. A leur place, la sith pouvait à présenter ressentir à la place un autre sentiment, à l’exact opposé : de la confiance. Une confiance absolue en sa victoire qui jaillit soudain dans son esprit, envahissant chaque parcelle de son être au point que douleurs et fatigues elles-mêmes semblèrent disparaître.
Elle n’était d’ailleurs pas la seule que cet étrange phénomène venait affecter. Observant ses camarades, Claire remarqua que la duchesse se remettait péniblement debout, la volonté de vaincre rayonnant littéralement de son être.
Comment expliquer cela ? Quelle sorte de nouvelle magie était à l’origine de cela ? Il n’y avait pas le temps pour de tels questions. A leurs yeux, seule comptait une chose : la victoire.

Passant aussitôt à l’attaque, Voldaren fut la première à éliminer son adversaire. Fonçant sur son adversaire, qui de son côté se mit à hésiter, elle lui planta aussitôt deux couteaux dans les bras, faisant tourner ses lames jusqu’à ce que la douleur oblige le mercenaire à lâcher son arme. Hurlant, celui-ci tomba à genou, vaincu au pied de la Chiss.
Quant à Kor’na, elle non plus n’était pas en reste. Ayant clairement l’intention de se venger, elle passant en trombe devant son nexus qui était une fois de plus rejeté en arrière. Se déplaçant à une vitesse folle, elle continua sa course en passant entre les jambes du droide, son sabre frappant de gauche à droite afin de lui taillader les jambes.
Et alors que ce dernier chutait, la sith se retourna brutalement, sa lame fouettant l’air et traversant le blindage du droide. Dans un crachement d’étincelles et de câbles, la tête de ce dernier s’envola, décrivant une courbe dans les airs avant de chuter contre le sable.

— Qu’est-ce que c’était que cet engin de mort ?! s’écria la jeune noble alors que le silence retombait sur leur champ de bataille.
— Venez sur Zakel sith. Ironisa Lazna tout en rengaine son arme, s’assurant d’un rapidement mouvement du regard qu’il ne restait plus aucun ennemi à abattre.
— J’ai démembré des centaines de vos droides…
— Bravo, une enfant de 4 ans vous applaudirait.
Laissant les deux femmes à leurs chamailleries, Claire éteignit sa propre arme. Voyant qu’il ne restait plus aucun danger elle défit rapidement les attaches de son casque, jouissant du vent qui rafraichissait son visage.
Le combat avait été plus difficile qu’elle ne l’avait prévu, mais au final tout finissait bien. Tout le groupe d’assaut était en vie, et déjà Voldaren passait les menottes au dernier mercenaire qui était encore en vie. Blessé, mais encore assez en vie pour répondre aux questions de Lazna. Oubliant sa querelle avec Kor’na, celle-ci avait reporter toute son attention sur la vraie raison de sa présence.
— La fille, menaça-t-elle en mettant sa lame sous la gorge de l’homme, où est-t-elle ?
Hésitant l’espace d’un instant, le mercenaire céda rapidement, comprenant sans doute qu’il n’avait d’autre choix. D’un geste résigné, il désigna avec le menton l’une des tentes vers laquelle la Zakelienne se dirigea aussitôt, son pas pressé marquant l’impatience qui l’agitait.

Intriguée de voir ce pourquoi le chevalier avait tant sacrifié, Claire coupa la communication holographique qu’elle avait établis avec ses gardes, faisant quelques pas sur le côté afin de suivre des yeux la Zakelienne. Jusqu’à ce qu’elle pénètre dans la tente, et qu’une voix aigüe ne salue son apparition.
— Lazna !
— Aya !
— J’ai eu tellement peur ! hurla la gamine en se jetant dans ses bras. J’ai cru…*reniflant*…j’ai cru qu’ils t’avaient tués.
— Tu sais bien que rien ne peut me tuer, hein ?! répliqua Lazna, avec une voix douce et rassurante que Claire ne lui connaissait pas.
Jusque-là, le chevalier s’était toujours montrée calme et professionnelle, ne laissant jamais paraître ce qu’elle ressentait vraiment. Mais à présent que Claire la regardait, agenouillée devant la fillette qui la serrait dans ses bras, l’armure commençait à se fendiller, laissant paraître celle qui se trouvait en dessous.




Cependant, elle n’était pas au bout de ses surprises…

Quelques minutes plus tard, et les deux Zakelienne sortirent de la tente, la femme ayant le visage partagé entre l’apaisement et l’épuisement. Blottie dans ses bras, se trouvait une enfant aux cheveux aussi noirs de la nuit, et aux yeux impétueusement bleus. Elle ne pouvait pas avoir plus de dix ans.
Mais ce n’était pas cela que Claire remarqua en premier. Malgré son visage sale et ses cheveux en bataille, un simple coup d’œil à sa tenue avait de quoi marquer : de la dentelle soyeuse sur la soie la plus fine, formant des armoiries. A eux seuls, ses vêtements devaient facilement valoir plusieurs années de salaire pour un officier…ou même un chevalier.
— Aya, je te présente Claire. C’est la femme grâce à qui je t’ai sauvé.
— Aya hein ? commença la jeune sith en plissant les yeux, dissimulant à peine sa suspicion. Dites-moi, est-il normal sur Zakel d’appeler ses parents par leur prénom ? Ou que les chevaliers gagnent autant pour payer de tels vêtements.

Retrouvant instinctivement un visage plus ferme, Lazna tourna ses yeux vers l’enfant qui s’était encore plus blottie contre elle. Demeurant silencieuse quelques instants, avant de répondre d’une voix où la menace se laissait clairement entendre.
— Vous voulez vraiment avoir cette conversation ici ?
— Non, finit par concéder Claire, pas ici. Mais ne croyez pas qu’on en a terminé toutes les deux : vous me devez une explication.
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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre I

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:27

Contrôlant les données que lui affichait la console, Claire s’assura pour la cinquième fois qu’elle avait rentré les bonnes coordonnées. Et comme les fois précédentes, les données ne faisaient que lui confirmer qu’elle s’inquiétait pour rien, le halo bleu de l’hyperespace les menant bien jusqu’à Dromund Kaas.
Pourquoi une telle inquiétude ? Elle-même ne pouvait l’expliquer. Ou peut-être n’êtes-ce pas réellement ce trajet qui l’inquiétait. Mais plutôt ce qu’elle allait devoir faire tôt ou tard. Ces questions dont elle n’était pas sûr d’aimer la réponse.
Et pourtant, elle n’avait guère le choix. Dès qu’elles avaient rejoint son vaisseau, mettant le cap sur la capitale, Voldaren avait commencé à la presser de questions. Pourquoi aider cette Zakelienne ? Que faire d’elle à présent ? Autant d’éléments auxquels Claire n’avait pas encore de réponse satisfaisante. Grâce à des réponses évasive, elle avait réussi à gagner du temps, mais pour combien de temps encore ? Dès leur retour, la Chiss ferait très certainement son rapport à ses supérieurs, et ils ne manqueraient pas de tirer parti de la situation.

Si elle devait agir, alors il fallait le faire maintenant.

Soupirant profondément, n’aimant pas cette sensation de se retrouver ainsi prise au piège, la jeune sith consentie finalement à prendre son courage à deux mains. Traversant le vaisseau dans lequel régnait un silence de mort, chacun prenant un repos bien mérité dans ses quartiers, elle se dirigea en direction de la petite pièce qui servait d’infirmerie.
Déverouillant la porte de duracier noir, elle fut aussitôt frappée par le calme et l’apaisement qui régnait ici. Allongée sur le lit médical, le corps quasiment dissimulé par des couverture, Aya dormait paisiblement. Son petit corps soulevé par le rythme de sa respiration, un petit sourire heureux sur les lèvres.
A côté d’elle reposait Lazna, assise sur le lit. Fredonnant une mélodie, elle jouait avec les longs cheveux noirs de la fillette, les dégageant de son visage dans un geste de grande tendresse. Mais cela ne dura qu’un instant : sentant que la sith venait d’arriver, elle pivota sur elle-même, sa main alors reposer non loin de son sabre laser.
— Du calme. Vous me semblez bien tendue pour un chevalier.
— Je serais rassurée quand nous serons loin d’ici. Vous pouvez aller nous déposer où vous voulez, n’importe quelle planète fera l’affaire.
— Dans ce cas, ce sera Korriban, une fois que mes alliées auront été déposés sur Dromund Kaas.
— Korriban ?!

Hurlant à moitié ce nom, réveillant à moitié l’enfant qui grogna de mécontentement, Lazna se remit aussitôt debout. Abandonnant les faux semblants, dégainant son arme sans pour autant l’allumer, elle fixa Claire avec une expression furieuse sur le visage, semblant à deux doigts d’engager les hostilités.
— Qu’est-ce que c’est que cette duperie ? Notre accord était…
— Notre accord était que je devais vous aider à libérer votre fille, et rien de plus. Rien en ce qui concerne l’endroit où je devais vous déposer.
— Vous m’avez menti !
— Dans ce cas nous sommes deux ! cracha Claire, semblant elle aussi à deux doigts de perdre son calme.
Raffermissant l’emprise qu’elle avait sur son sabre, serrant les dents en une grimace de colère. Et ce fut d’une voix faible, flirtant à peine à travers ses lèvres qu’elle répondit.
— Je ne vois pas de quoi vous parlez.
— ASSER ! Arrêtez vos conneries Zakelienne. Il ne faut pas être un génie pour deviner que cette enfant n’est pas la vôtre. Sa démarche, ses vêtements, son enlèvement…tout cela montre qu’elle est bien plus que la fille d’un simple chevalier !

Pendant un moment les deux femmes restèrent ainsi, à se défier du regard. Leurs muscles crispés prêts à se mettre en action, n’attendant qu’un signe pour enclencher les hostilités. Mais alors que les secondes s’écoulaient lentement, il devint bientôt évident que ni l’une ni l’autre n’était prête à sauter le pas.
— Je ne vous dois aucune explication.
— Et si nous demandions aux autres ce qu’ils en pensent ? proposa Claire avec un sourire. Je suis certaine qu’ils sont impatients d’en savoir plus.
Jouant son va-tout, la jeune sith pouvait voir dans les yeux de Lazna la réflexion qui l’animait en cet instant, ses pensées se bousculant dans sa tête. Devait-elle céder au chantage ? Révéler ce qu’elle savait était risquer, mais déclencher une bagarre dans ce vaisseau l’était encore plus, surtout avec un équipage plein d’impériaux.
— Très bien, finit-t-elle par soupirer en baissant son arme, je vais tout vous raconter.
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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre I

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:27

Aringill, secteur Kalamith, plusieurs mois auparavant


Heureusement qu’elle portait son casque. Ainsi personne ne pouvait voir le sourire méprisant qu’elle ne parvenait pas à effacer de ses lèvres.
Aussi loin qu’elle portait son regard, Lazna ne pouvait que constater l’opulence qui régnait ici, si importante que cela en devenait pathétique. Voulant à tout prix impressionner, leurs hôtes n’avaient pas fait dans la demi-mesure : une armée d’esclaves se pressaient de toute part pour servir des mets dignes des tables impériales, traversant l’immense hall qui semblait pourtant trop petit pour contenir toutes les décorations qui s’y trouvaient. Vases de l’époque Rakata, peintures de Corellia, statues de Korriban…tant de biens précieux qui s’alignaient sous les immenses bannières des deux maisons qui se trouvaient rassemblées en ce jour.
Une décoration si riche qu’elle était parvenue à impressionner plusieurs membres de la délégation Zakelienne, ceux-ci continuant à jeter des regards curieux à cet ensemble. Des simples d’esprit de son propre point de vue : la véritable beauté se trouvait dans le juste équilibre, et non dans l’étalage de richesse. Une chose que ces mondes barbares n’avaient toujours pas réussit à comprendre, et ce malgré l’illumination apporté par l’Empire éternel.

Mais peut-être le fiel qu’elle avait envie de déverser en cet instant n’était dut qu’au fait qu’elle n’avait pas été conviée à la fête. Comme la dizaine de chevaliers qui étaient venus, elle se tenait simplement en retrait, à un pas des convives. Une position idéale pour observer la vaste table qui avait été déployée en forme de U, autour de laquelle Zakeliens et Impériaux festoyaient bruyamment.
Largement enivrés depuis plusieurs heures déjà, certains d’entre eux ne cessaient de porter des toasts à tout et à rien, quand ils ne se lançaient pas dans des paris stupides qui se terminaient immanquablement entre blessures et fou rire. Et ce sous le regard bienveillant des personnes qui se trouvaient juste devant Lazna, présidant l’assemblée avec une distinction qui ne pouvait que leur faire honneur à tous.
Ou du moins, presque à tous…
L’esprit demeurant alerte malgré sa mauvaise humeur, le chevalier observa soudainement un petit projectile partir de la table, finissant sa course contre une coupe en cristal qui se trouvait à plusieurs mètres. D’abord surprise, elle remarqua que le projectile fut bientôt suivi d’un autre, puis d’un autre, chacun chutant dans la même zone mais sans parvenir jusqu’à l’intérieur de la coupe. Intriguée, elle remonta lentement l’origine des projectiles, finissant par tomber sur la coupable.


Heureusement qu’elle portait son casque. Ainsi personne ne pouvait entendre le petit gloussement qui monta du fond de sa gorge.


S’avançant avec une lenteur cérémonielle, elle se dirigea vers la coupable de tout ceci. Une fillette d’une dizaine d’années qui se trouvait à la table des seigneurs, sa présence ici ainsi que ses luxueux vêtements laissant deviner son rang très élevé. Et pourtant, en cet instant, elle ne faisait rien pour se montrer digne de son rang. Transformant sa cuillère en catapulte, elle utilisait le pain qu’on lui avait servi comme projectile, visant avec acharnement encore et toujours la même coupe.
— A votre place mademoiselle, j’essayerais de me trouver une autre cible.
Sursautant en entendant cette voix surgir dans son dos, l’enfant en laissa tomber ses outils, pivotant son regard afin de voir qui lui avait parler. Et lorsqu’elle observa le casque, reconnaissant celle qui venait de l’interrompre, ce fut avec une voix à moitié honteuse qu’elle baissa les yeux en balançant ses pieds.
— Pardon Lazna, je ne le ferais plus. Répondit l’enfant, rougissant alors qu’un rire général montait des personnes qui l’entouraient, comprenant la scène et s’en amusant de bon cœur. Et sans doute son teint serait-il devenu écarlate si une main paternelle n’était pas venu se poser sur son épaule, mettant un terme à son malaise.
— Encore un peu de patience Aya, dit l’homme avec une voix douce, je sais que cela est long pour toi mais les Asren se sont donnés beaucoup de mal pour nous. Il est donc de notre devoir de bien nous comporter en leur présence.
— Oui père…je comprends.

Souriant, l’homme lui déposa un baisé plein de tendresse sur le crâne avant de se redresser, abandonnant aussi le visage du père pour redevenir Sebastian Faurrel. Membre éminent de l’Empire Eternel, et patriarche de l’ancestrale famille Faurrel, dont les bannières flottaient fièrement dans cette demeure, égalées uniquement par celles de leurs hôtes.
Et encore une fois, Lazna ne pouvait que se sentir impressionnée par cet homme, de loin le plus noble des personnes présentes ici. Ses cheveux noirs coupés courts et sa moustache soigneusement entretenue, il présentait ce savant dosage de grâce et de bienveillance, parvenant à se montrer tout à la fois noble et accessible.
Un domaine dans lequel même sa femme ne parvenait pas à exceller autant, compensant cela par une beauté naturelle à couper le souffle : ses grands yeux bleus ayant le don de déstabiliser tous ceux qui croisaient son regard, et son joli visage se trouvant encadré par de longs cheveux longs regroupés en une natte complexe qui lui tombait jusqu’aux reins. Depuis le début de la soirée, combien de personnes avaient ainsi dévisagé Adria Faurrel, pensant voir en elle un de ces légendaires anges dont les pirates aimaient tant parler.

A côté des époux Faurrel, leurs hôtes semblaient bien vulgaires aux yeux de Lazna. Chacun de leur mouvement, chaque parole qui sortait de leurs bouches, semblant à ses yeux être une preuve suffisante.

Certes, ils avaient fait des efforts pour le dissimuler. Les deux femmes, une blonde et une rousse, ayant de toute évidence prit grand soin dans le choix de leurs parures, s’approchant de cet équilibre que Lazna aimait tant. Mais tel n’était pas le cas de leur frère cadet, un blondinet qui avait eu la richissime idée de venir flanquer d’une peau de bête sur les épaules, comme un vulgaire chasseur revenant de son activité. Cependant, elle aurait pu à tous leur pardonner cela, si il n’y avait pas eu leur aîné.
— Ne soyez pas trop dur avec elle seigneur Faurrel, tant d’attente est éprouvant pour une si jeune enfant.
Kaleb Asren…pour une raison qu’elle ne s’expliquait pas, Lazna ressentait toujours un profond malaise à chaque fois qu’elle le regardait. Etes-ce dut au fait qu’aucun de ses grands sourires ne venait se communiquer à ses yeux ? Ou au fait qu’il consultait régulièrement son holo-montre, comme s’il attendait quelque chose ? Sans doute tout cela à la fois.
Si cela n’avait tenue qu’à elle, jamais les Faurrel ne se seraient approchés d’une telle créature. D’un être si vil qu’il se cachait à peine d’avoir assassiné son père, s’emparant du système par la force et y régnant depuis d’une main de fer. Mais ce n’était pas à elle de décider de ces choses. Depuis cinq ans maintenant les deux familles avaient coopéré, se liant progressivement par leurs nombreux échanges commerciaux qui les avaient mutuellement enrichis. Face à cela, les sentiments d’un simple garde n’avaient que peu d’importance.
— Dites-moi cher ami, qui est cette garde qui me dévisage ainsi depuis tout à l’heure ?


Heureusement qu’elle portait son casque. Ainsi personne ne pouvait percevoir la crispation de son visage.


Sentant le regard du sith tomber sur elle, Lazna dut faire de gros efforts pour ne pas répliquer, gardant sa posture de garde imperturbable. Et heureusement pour elle l’épreuve ne dura que quelques instants, le temps pour le seigneur Faurrel de balayer la réplique avec un sourire aimable.
— Lazna ? Il s’agit d’un chevalier que le trône à mis à notre disposition il y a des années, afin d’assurer notre protection.
— Je vois, répondit Kaleb en trempant ses lèvres dans une coupe de vin, elle semble très proche de votre fille.
— Elles se connaissent depuis sa naissance, et Lazna a toujours pris soin d’elle. J’en viens d’ailleurs à penser qu’elle reste plus pour Aya que pour moi-même, s’amusa le Zakelienne.
— Intéressant. Peut-être que je la garderais à mon service, lorsque nos familles se seront unies.
Grimaçant sous son casque, le chevalier ne put empêcher ses poings de se crisper, son corps tout entier se tendant de rage. Encore et toujours la même rengaine. Depuis qu’il avait pris la tête du système, Kaleb Asren avait proposé des fiançailles entre son fils, Ivar, et Aya. Et encore une fois, la réponse ne fut guère différente.
— Décidément vous avez de la suite dans les idées, s’amusa Sébastian Faurrel, mais si je devais accepter que dire à ceux qui me font la même proposition ?
— Bien sûr, concéda Asren en consultant une fois de plus l’heure, il n’est guère surprenant que l’héritière d’une si puissance famille soit autant convoitée.
C’était bien là la façon de voir des sith. Sans aucune émotion, seulement à voir froidement les choses, ne prenant aucun compte des personnes elles-mêmes. Heureusement que le seigneur Faurrel refusait cette proposition : la seule idée de savoir Aya après de cette famille de sith avait de quoi lui donner des hauts le cœur.

— Mais dites-moi seigneur Asren, intervint soudain Adria Faurrel, peux on savoir pourquoi vous consulter si fréquemment votre montre ? Vous attendez quelque chose.
Du coin de l’œil, Lazna put observer que l’expression de leurs hôtes venait de changer. La fratrie semblant soudainement se crisper, comme si la question avait quelque chose de déplaisant, ce qui ne pouvait que la réjouir. Malheureusement, elle n’eut pas le loisir d’entendre la réponse, le comlink intégrer à son casque sonnant au même moment.
Reculant de quelques pas afin de prendre le message, elle ne parvint à saisir que quelques mots de la réponse, concernant l’attaque de Voss par l’Empire Eternel et l’implication de l’Empire sith. Des mots comme « Acina », « soutien militaire », « surprise » revenant sans qu’elle parvienne à en saisir le sens. Et de toute façon elle n’en avait guère le temps : parvenue enfin à une distance respectueuse elle peut activée son comlink, écoutant le message qui se répétait en boucle.

* ATTAQUE DE L’EMPIRE SITH CONTRE LA FLOTTE ÉTERNELLE. A TOUS LES CHEVALIERS, L’EMPIRE SITH DOIT DÉSORMAIS ÊTRE CONSIDÉRÉ COMME HOSTILE. ATTAQUE DE L’EMPIRE SITH CONTRE…*



Heureusement qu’elle portait son casque. Ainsi personne ne pouvait percevoir l’horreur qui se dessinait sur son visage.

L’horreur alors qu’elle comprenait que ce que cette nouvelle impliquait.
L’horreur alors qu’elle comprenait que les Asren savaient très bien ce qui allait arriver, et les avaient invités pour cette raison.
L’horreur alors que les lames surgissaient soudain entre les mains des impériaux, et qu’une lame rouge sang s’enfonçait dans la poitrine de Sébastian Faurrel.
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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre I

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:32

Aringill, secteur Kalamith, plusieurs mois auparavant


La gorge serrée par l’horreur, Lazna n’eut même pas la force de hurler. Sa voix, et tout le reste de son corps, se retrouvant tétanisés par ce qu’elle voyait. Par l’expression de surprise qui demeurait figé sur le visage de Sébastian Faurrel, observant sans y croire la lame rouge que son hôte venait de lui planter dans la poitrine, agonissant quelques instants avant que la flamme qui brulait dans ses yeux ne s’éteigne.
Comme si le temps avait soudain ralenti sa course, Lazna observait les évènements se mettre lentement en action tout autour d’elle. Répondant au signal de leur ainé, les autres Asren dégainèrent leurs armes au même moment que les autres sith qui étaient attablés. Un instant plus tard, et les lames s’abattirent, chaque Zakelien se faisant mortellement frappé par son voisin de gauche.
Alors seulement le sort fut rompu. Brisant la tétanie qui les avait un moment saisi, les chevaliers de Zakel passèrent enfin à l’action. Criant vengeance, chacun se saisit de son arme, bondissant vers les traitres de l’Empire.
Mais il était trop tard

Accueillant leur assaut, les serviteurs des Asren laissèrent tomber leurs lourds plateaux, révélant les blaster qu’ils avaient prit soin de dissimuler dans les plis de leurs vêtements. N’ayant pas le temps de réagir, et pour certain même pas le temps d’allumer leurs armes, les chevaliers furent cueillis par une tempête de laser qui se déchaina contre eux.
Luttant, tentant de faire face, les Zakeliens durent rapidement ployer sous la cadence infernale. Du coin de l’œil, Lazna pouvait voir plusieurs de ses amis, de ses frères d’armes, être mortellement frappés par un tir de blaster. Et lorsqu’enfin le vague de feu se stoppa enfin, ce ne fut que pour voir une trentaine de guerrier sith leur foncer dessus, sabres laser allumés.

— TUER LES TOUS !

Ce n’était certes pas la plus inspirée de ses phrases, mais en ce moment s’était la seule qui reflétait vraiment son état d’esprit. Hurlant, joignant sa voix à celle des autres chevaliers, elle chargea en direction des sith, animée par un esprit de vengeance.
Esquivant l’attaque d’un premier sith, elle plongea sa lame directement dans le cœur de son agresseur, goûtant au plaisir de cette mise à mort. Extirpant son arme du corps, elle bondit en direction de deux autres guerriers, se baissant juste à temps pour éviter leurs sabres. Balançant aussitôt sa propre arme de gauche à droite, elle faucha ainsi ses deux agresseurs qui s’écroulèrent sans même un cri.
— Sale garce !
Alertée par ce hurlement dans son dos, Lazna eu tout juste le temps de pivoter sur elle-même, opposant sa lame d’or à la lame rouge qui venait de s’abattre sur elle. Soutenant le choc, elle puisa un surplus de puissance dans la Force, repoussant son adversaire avant de le tuer d’un rapidement mouvement de sa lame. Quatre adversaires de morts…mais combien d’autres restaient encore ?

Balayant son environnement du regard, le désespoir de leur situation ne pouvait que lui sauter aux yeux. Chaque chevalier se retrouvait à devoir affronter trois ou même quatre chevalier en même temps. Et malgré tout leur entrainement, ils ne pouvaient lutter face à un tel déséquilibre. A chaque seconde qui passait, de nouveaux alliés des Asren surgissaient. Elle devait agir, et sauver ce qui pouvait encore l’être.
Rassemblant sa puissance, elle balaya d’une vague de Force les sith qui se jetaient sur elle, creusant une faille dans la masse de guerriers qui lui barraient le passage. Et avant qu’ils ne puissent l’arrêter, elle bondit en avant, parvenant enfin jusqu’à la table des invités…tout cela pour constater le massacre.
Gisants sur le sol ou le corps avachis sur la longue table, les Zakeliens s’étaient teintés de rouge. Ne se contentant pas de simplement les tuer, les impériaux s’acharnaient littéralement sur eux, tailladant leurs corps avec des lames en métal, broyant leurs os avec tout ce qu’ils pouvaient trouver. Exprimant la haine sauvage d’un peuple opprimé depuis cinq ans.
Mais elle n’avait pas le temps pour de tels pensées, ou même pour s’arrêter sur le massacre qui venait d’avoir lieu. Une seule chose importait : Adria Faurrel et sa fille. Se tenant fièrement au milieu des corps, de ceux qui l’avaient défendu et ceux qui avaient essayé de l’arrêter, la dame Faurrel tenait son sabre laser d’or tendu droit devant elle, repoussant sa fille derrière son dos en tentant de la défendre. Et en cet instant, elle n’en paraissait que plus brillante, une fière dame digne de l’Empire Eternel.

— Vous vous êtes bien battue, mais il est temps d’en finir.
Pointant son arme vers celle qui venait de parler, Adria Faurrel put voir l’une de ses hôtes avancer dans sa direction. Une femme que Lazna identifia tout de suite comme Caelia Asren, la seconde sœur de Kaleb Asren, reconnaissable à son sabre blanc et à sa chevelure argentée.
Avançant d’un pas assuré vers sa cible, les mains encore dégoulinantes du sang qu’elle avait versé, elle ne semblait même pas remarquer la lame qui était pointée dans sa direction. Progressant simplement en direction des deux Zakelienne, un petit sourire amusé se dessinant sur ses lèvres.
— Sale monstre…éloignez-vous ! ordonna Adria, sans parvenir à freiner l’avancée de la sith.
— Ce n’est pas vous qui m’intéressez dame Faurrel. Vous avez joué votre rôle, maintenant il est temps de disparaître.
Sentant que la sith concentrait son pouvoir, attirant à elle la puissance du côté obscur, Lazna bondit aussitôt en avant. Se jetant vers sa maîtresse afin de la protéger face à un tel adversaire…mais encore une fois elle n’arriva que trop tard. Pouvant seulement observer alors qu’un éclair de Force surgissait entre les mains de Caelia Asren, si puissant qu’il surclassa totalement la défense de sa cible.
Les yeux emplis d’horreur, elle vit Adria rejeter sa fille en arrière, dernier réflexe afin de la protéger avant que la mort ne vienne se saisir d’elle. La puissance de l’éclair ravageant son corps, brulant sa peau qui se couvrit en un instant de cloques, fumant et rougissant alors que le pouvoir se déchainait contre elle, la brulant vive.

— NON !
Criant de toutes ses forces, refusant de croire ce que ses yeux lui montraient, Lazna n’entendit même pas les hurlements paniqués de la gamine alors que sa mère finissait de mourir. Accueillant entre ses bras l’enfant, la petite Aya, elle pensa un temps à continuer sa course. A négliger cette gamine et à foncer, droit vers ce montre qui venait d’éteindre une vie si brillante.
Mais tandis qu’elle amorçait déjà un nouveau bond en avant, elle la sentit. Cette détresse qui émanait d’Aya, cette peur panique qui la faisait s’accrocher à elle, la seule personne encore en mesure de la protéger, comme un naufragé sur une planche de bois. Ce petit être fragile qui la suppliait silencieusement de la sauver, de ne pas aller chercher la mort dans une quête stupide de vengeance.
Alors, lentement, très lentement, Lazna se contraignit au calme. Refluant en elle ses sombres désirs de vengeance, ainsi que toutes ses émotions, elle se força à prendre ses esprits. A analyser calmement la situation, aussi désespérée semblait-t-elle, tout en serrant Aya entre ses bras.

— C’est fini Zakelienne, railla Caelia, tu ferais mieux de nous remettre l’enfant.
Il était difficile de lui donner tort en cet instant. De tous les chevaliers de Zakel, elle était la dernière. Les autres étaient tombés, chauffés par les lames des sith, tués au blaster ou lâchement assassinés par les poignards des serviteurs qui avaient frappés dans le dos, tailladant la chair dans la jointure entre l’armure et le casque.
Elle était seule, unique rescapée de ce massacre au sein d’un domaine hostile, entourée par les Impériaux qui refermaient lentement leur cercle sur elle. Sans le moindre renfort, sans le moindre espoir de victoire.
Mais heureusement, la victoire n’était pas ce qu’elle recherchait.
— Accrocha toi fermement à moi, murmura-t-elle à l’enfant, et surtout ne me lâche pas.
La respiration lentement, l’esprit clair et concentré, elle attendit que les sith se rapprochent encore, tels des charognards venant dévorer une proie déjà mourante. Attendant de voir son reflet dans leurs pupilles rouges, avant de déchainer soudainement sa puissance. Libérant un véritable ouragan de Force qui balaya tout autour d’elle, forçant Caelia Asren à lever son bouclier pour se protéger, encaissant le choc.
Qu’importe, la Zakelienne avait ainsi obtenue les quelques secondes dont elle avait besoin. Augmentant sa vitesse grâce à la Force, elle fonça à toute vitesse à travers les rangs éparpillés des sith, avançant si vite que personne n’eut le temps de réagir. Tout juste Kaleb Asren eut-il le temps de hurler dans son dos en la voyant filer ainsi, devinant son plan.
— ARRETEZ LA !
Mais il était déjà trop tard. Et alors que les premiers traitres se remettaient à peine debout, elle bondit soudain en direction d’un des vitraux qui ornaient la grande salle. Protégeant Aya entre ses bras tandis qu’elle traversait le vitrail qui explosa en un millier d’éclats, plongeant à travers la nuit froide d’Aringill.

Elle avait tout perdu. Ses amis, ses frères d’armes, et ceux qu’elle devait protéger. Seule restait Aya. Cette enfant qu’elle avait vu grandir, et qui la considérait comme sa grande sœur. Cette enfant qu’elle protégerait envers et contre tout.
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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre I

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:32

— Comment vous êtes-vous échappé ?
— Ce fut plutôt facile en fait, les Asren étaient persuadés que tout le monde allait mourir dans la grande salle. Il m’a suffi de trouver une navette, et de m’enfuir du système
Hochant silencieusement la tête, Claire pouvait sans mal deviner la suite. La crainte de retourner sur Zakel alors que l’Alliance gagnait sans cesse en puissance, et que l’étranger avait conclu un accord avec Acina. Les mois passés à aller de système en système, fuyant en avant dans l’espoir de trouver une solution à cette situation. Tout ça pour finalement être rattrapée par les Voterah, et devoir tenter le tout pour le tour.
Cependant, ce n’était pas tant cette partie du récit qui provoquait de la curiosité chez elle. Mais cette enfant qui dormait paisiblement à côté d’elle, reposant son petit corps avec le calme de ceux qui demeurent insouciant. Un petit être si calme, et si fragile en apparence, qu’on pouvait facilement en oublier qui elle était vraiment.
Aya Faurrel…Claire ne connaissait pas grand-chose aux familles nobles de Zakel, mais à la façon dont Lazna en parlait, elle pouvait sans peine deviner qu’il s’agissait d’une famille puissante. Ou du moins, l’étaient-ils avant que les Asren ne les tuent tous. Et à présent que ses parents étaient tous morts, elle se retrouvait seule héritière de sa famille, plus précieuse qu’elle ne l’avait jamais été.
— Pourquoi retourner sur Zakel, s’interrogea la jeune sith, pourquoi maintenant ?
— La guerre avec l’Alliance est terminée. Désormais Aya va pouvoir retourner chez elle, où elle sera en sécurité.
Encore une fois, Claire ne put que se surprendre en voyant l’attachement que le chevalier portait à la jeune fille, écartant délicatement les mèches de cheveux noirs de son visage. Un attachement qui lui disait que Lazna ferait tout, absolument tout, pour garder cette enfant contre tout danger.
— Et les Asren ? Vous pensez vraiment qu’ils vont lâcher l’affaire aussi facilement ?
— Je me fout pas mal de ce qu’ils ont l’intention de faire, s’emporta soudain Lazna en se redressant, son regard furieux se posant sur Claire comme si elle avait prononcé la pire insulte qui soit. Seul le petit gémissement de l’enfant, dérangée dans son sommeil, la forçant à baisser d’un ton avant de reprendre plus posément.
— Vous avez la moindre idée de ce qu’ils lui feront si elle tombe entre leurs mains ? Ils la forceront à se marier, à sourire devant les meurtriers de ses parents. Elle sera un simple jouet, un trophée qu’on exhibe afin de montrer sa puissance. Et lorsque qu’elle ne leur sera plus utile, alors…
— C’est bon, je crois avoir saisis le message.

Elle en avait assez entendu. Assez pour comprendre les raisons qui poussaient Lazna à agir ainsi, et saisir que jamais elle n’abandonnerait Aya à son sort. Quelques soient les promesses ou les menaces, l’idée même de remettre cette enfant aux Asren lui était inconcevable.
— Merci pour cette conversation. Cela fut…très instructif.
— Toujours aucune chance de me déposer sur une planète de mon choix ?
— Korriban reste ma destination finale. De là vous trouverez sans doute un moyen de repartir.
— Ne jouez pas avec moi Crescent, articula lentement Lazna d’une voix menaçante, je n’aurais aucun scrupule à vous tuer si vous essayez de me trahir.
Se contentant de hocher les épaules en guise de réponse, Claire tourna alors les talons, sortant de la pièce dont la lourde porte se referma aussitôt derrière elle. Tout était calme sur le vaisseau, tout étant exactement comme elle l’avait laissé…ou presque.
— Je m’étonne de cette collaboration.
Tournant lentement son regard vers la voix qui avait surgit sur sa gauche, Claire remarqua que Voldaren se tenait là, bras croisés et dos contre la paroi du vaisseau. Avait-elle entendu le récit de Lazna ? C’était peu probable, mais elle n’avait pas besoin de cela pour se poser des questions.
— Elle n’a pas l’air d’être très profitable à l’Empire. Ajouta aussitôt la Chiss, formulant une menace à peine voilée, la seconde que subissait la jeune sith en quelques minutes. Et celle-ci non plus n’avait rien de bien surprenant : les gens avec qui Voldaren travaillaient n’étaient pas spécialement réputés pour aimer les compromis, et elle-même voyait sans doute d’un mauvais œil l’idée même de travailler avec un chevalier de Zakel.

— Voldaren…il nous faut encore déterminer le montant de votre prime, répondit Claire d’une voix neutre, tentant maladroitement de botter en touche dans l’espoir que la Chiss lâche l’affaire. Ce que bien sur elle ne fit pas
— Vous souhaitez discuter de cela maintenant, excellence ?
— A vous de me le dire. Autrement je vous ferais parvenir une liste des reliques, et vous en choisirez une, selon notre accord.
En temps normal, la simple idée de lâcher si facilement une relique potentiellement précieuse l’avait horrifiée, et elle se serait battue pour que les services de la Chiss ne soient pas payés un prix disproportionné. Mais maintenant qu’elle savait qui était véritablement l’otage, les reliques qu’elle était venue cherché lui semblaient soudain bien anodines.
— Je préférerais. Après tout il se peut que vous n’ayez pas à débourser quelque chose, ajouta Voldaren dans un haussement d’épaule avant de répartir à l’assaut. Que ferez-vous de cette Zakelienne ?
Prit de court, ne sachant véritablement que répondre, Claire réagit instinctivement en donnant la plus simple des réponses.
— J’avais un marché avec elle : je l’aidais à retrouver cette enfant, et elle m’aidait à récupérer les artefacts.
— Cela ne répond pas à la question excellence.

Elle avait raison sur ce point. Et à dire vrai, Claire n’était pas certaine de savoir elle-même ce qu’elle comptait faire. Lazna l’avait aidé, et si ce qu’elle avait dit était vrai, alors les Asren constituaient une belle famille d’ordure. Mais en même temps, elle était un chevalier de Zakel, et eux une puissance famille de l’Empire, des membres de l’ordre sith tout comme elle. Alors que faire ?
Que faire ?
— Je ne me suis pas encore décidé.
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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre I

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:33

— Regarde Lazna ! Tu as vu la taille de cet obélisque ?
— Je l’ai vu, répondit la Zakelienne d’une voix distraite, je l’ai vu.
C’était une étrange scène qui était entrain de se dérouler. Une étrange procession qui remontait la demeure des Sazraêl sur Korriban, dans les faubourgs de Dreshdae. Quatre personnes la composait : trois adultes, et une enfant qui courait devant eux, tournant sans cesse la tête de gauche à droite, émerveillée par ce qu’elle voyait. Insouciante malgré ce qu’elle avait subi, agissant comme les enfants de son âge, elle découvrait avec curiosité la luxueuse demeure des seigneurs sith. Ne semblant pas se rendre compte de la tension qui émanait des personnes derrière elle.
Ne quittant pas Aya du regard, la femmes-chevalier marchait elle aussi en avant, sa main se balançant l’air de rien à côté de son sabre laser. Du coin de l’œil, elle observait Claire et Kenntrav qui marchaient derrière elle, eux aussi visiblement tendus par ce retour. Maintenant qu’ils étaient revenus sur Korriban, ils ne pouvaient plus repousser l’échéance, et une décision devait être prise : allaient-ils retenir les deux Zakeliens ou les laisser partir ?
Et dans le cas où la première hypothèse serait choisie, pouvaient-ils vraiment espérer retenir Lazna. Ils avaient pu la vaincre une fois, mais Kor’na était encore là, et l’intervention surprise des gardes de la maison avait bien aidée. Si un nouvel affrontement devait s’engager, les choses seraient bien moins simples.
— Ne t’éloigne pas Aya, nous n’allons pas rester longtemps.
— Mais…
— Tu m’as entendu, répliqua Lazna d’un ton plus brusque qu’elle ne l’aurait voulu, reprenant ensuite d’un ton plus doux, qui dissimulait mieux sa tension :
— Dame Sazraêl m’a aidé à nous retrouver, mais nous n’allons pas abuser de son hospitalité. Il nous reste encore un long trajet avant de rentrer à la maison.
— Certes. Mais vous ne voudriez pas partir le ventre vide n’est-ce pas ? Montez-vous restaurer dans le salon, et là nous pourrons discuter plus calmement de la suite.
Sentant les regards de Kenntrav et de Lazna se poser sur elle, Claire parvint pourtant à garder une expression neutre. Le sergent car il ne voyait pas pourquoi son ancienne sœur d’arme se montrait d’un coup si aimable, et la Zakelienne car elle cherchait à deviner ses véritables intentions. Pourquoi se montrer d’un coup si aimable ? Etes-ce vraiment pour l’aider ou bien comptait-elle droguer la nourriture ? Impossible à le dire : sur cette planète maudite, le côté obscur était si présent que même ses sens s’en retrouvaient brouillés.
— Très bien…simplement de quoi manger et boire, et après nous nous en irons.

Approuvant d’un hochement de tête, Claire prit alors la tête du petit groupe. Contournant l’obélisque qui trônait au sein de la cour centrale, passant devant les statues de sith intronisés dont les contours rougeoyaient à cause de la lumière, elle mena ses hôtes à l’intérieur de sa demeure. Répondant d’un hochement de la tête aux salutations des gardes et des serviteurs, elle avança jusqu’à ce qu’un droide sphérique vienne interrompre sa marche, flottant vers elle pour annoncer de sa voix synthétique :
— Maîtresse, vos invités sont là.
— Merci dix-sept.
Les autres perçurent-t-ils le frisson qui s’empara alors d’elle ? La légère appréhension qui dura un instant la fit hésiter. Si tel était le cas, alors cela ne les fit pas réagir. Retrouvant rapidement un visage neutre, Claire continua comme si de rien n’était. Entraina à sa suite Lazna qui se laissa tromper par cette apparente normalité, ne se doutant de rien jusqu’à pénétrer dans le salon, constatant que celui-ci était déjà occupé.
Comme annoncé par le droide, des personnes occupaient déjà les lieus. Des coupes encore pleines entre leurs mains, leurs traits dissimulés par le canapé sur lequel ils étaient assis, ils conversaient joyeusement comme si tout cela était parfaitement naturel. Et ce fut seulement lorsque Claire entra dans la pièce qu’ils se levèrent d’un même mouvement, révélant leurs visages.
Tous les trois étaient des sith, comme en attestaient leurs pupilles rouges. Sans doute de la même famille, vu les traits de visage qu’ils partageaient, bien que chacun se montrait différents des autres. Il y avait là deux femmes : une blonde et une rousse, la première arborant des traits jeunes et séducteurs, son joli petit visage encadré par ses longs cheveux qu’elle avait noué en une natte complexe. Quant à la seconde, de toute évidence son aînée, elle se présentait avec des traits bien plus durs et fermes, ses cheveux coupés cours n’ayant pas été dérangeant pour un officier de l’armée impériale.
Mais celui que tous remarquèrent en premier, fut l’aîné de cette fratrie. Un homme, dont le visage semblait avoir été taillé dans la roche, tant ils étaient durs et anguleux. Son sourire lui-même semblait n’être qu’un rajout, comme quelque correction qu’un sculpteur aurait donné après coup à sa statue. Et lorsqu’il leva sa coupe pour saluer les nouveaux arrivants, la joie qui s’entendait dans sa voix n’avait rien d’amical.
— Chevalier Nillron, quel plaisir de vous revoir.
— VOUS !

L’espace d’un instant, le temps lui-même sembla figé. Chacune des personnes présentent s’observant, attendant un signe, une action qui viendrait rompre le charme. Mais cela ne dura qu’un instant : un instant avant que Lazna ne retrouve finalement ses esprits. Un instant avant qu’elle ne dégaine son arme, allumant la lame dorée tout en poussant Aya derrière elle sans ménagement, agissement avec une telle violence que Kenntrav commença à dégainer sa lame avant que Claire ne l’interrompe.
— Tout va bien Kenntrav.
— Mais…
— Tu as entendu dix-sept non ? Ce sont mes invités.
Eut-elle un petit sourire en disant cela ? Une expression de regret devant ce qu’elle avait fait ? Ni l’un ni l’autre en réalité. Demeurant parfaitement neutre, elle se contentait de donner des faits, demeurant sourde aux conséquences de ses actes même lorsque Lazna se mit à lui hurler dessus.
— VOUS ! VOUS M’AVEZ TRAHI ! C’EST VOUS QUI LES AVEZ MENES JUSQU’A NOUS !
Il n’y avait rien à répondre. Aucune parole de justification, aucune excuse, aucune insulte qui auraient pu répondre à cette accusation. Le silence de Claire étant en soit une réponse, une confirmation silencieuse. Oui : s’était-elle qui les avait appelés. Qui les avait prévenus de leur destination, et qu’elle pourrait les conduire jusqu’aux deux Zakeliennes. Elle qui avait conduit Aya droit dans les bras des Asren.
— Baissez d’un ton chevalier, déclara Kaleb sans se départir de son petit sourire, je crois que vous faites peur à dame Faurrel.
— La ferme ! Vous pensez avoir gagné ? Mais c’est loin d’être terminé, très loin.
Le regard enflammé par la rage, Lazna poussa l’enfant en arrière, la mettant à bonne distance du combat qu’elle s’apprêtait à livrer. Sa lame tendue à l’horizontale défiant clairement le chef de la famille Asren qui répondit à ce défi d’un simple haussement de sourcil, semblant surprise devant cette action.
— Tu comptes sérieusement me défier ?
— Je ne serais pas aussi facile à tuer que des civils pris par surprise. Il est temps de payer pour ce que vous avez fait.
S’amusant de cette affirmation, semblant totalement négliger la menace que représentait la lame pointée vers lui, Kaleb se contenta d’avance en direction de la Zakelienne. Se présentant comme si il n’y avait rien à craindre d’elle au final, demeurant les bras croisés dans le dos dans une position de totale confiance.
— Très bien chevalier Nillron. Voyons de quoi vous êtes capable.
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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre I

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:33

Bien des semaines après, Claire rejouait cet affrontement dans son esprit, encore et encore. Se rappelant de chaque mouvement, de chaque assaut et chaque défense, elle devait encore et toujours se poser la même question : quelle erreur Lazna avait-t-elle pu commettre ?
Et toujours, la réponse demeurait aussi simple qu’effrayante : aucune.
Sa seule erreur en réalité, avait été d’affronter Kaleb Asren.

Profitant que son adversaire était désarmé, la Zakelienne était aussitôt passé à l’attaque. Balançant sa lame de haut en bas, feintant en laissant croire qu’elle voulait l’abattre de ce seul coup. Et alors que sa lame s’approchait de son adversaire, elle pivota soudain sur elle-même, transformant cette attaque verticale en une fulgurante attaque horizontale.
Et pourtant, en dépit de sa vitesse d’exécution, la feinte n’eut aucun effet. L’Impérial se contentant de reculer d’un pas, puis de pivoter de 90° alors que la lame dorée fonçait droit vers son cœur, voyant la mort le frôler sans même que cela ne provoque la moindre réaction sur son visage.
Rapidement, l’affrontement prit de la vitesse. Implacable, Lazna déployait tout son talent, faisant honneur à la réputation des chevaliers : enchainant les bottes, cassant les rythmes, feintant, virevoltant, attaquant dans les angles. Démontrant un talent face auquel n’importe quel ennemi aurait ployer. Mais Kaleb Asren n’était pas n’importe qui, et elle commençait à s’en rendre compte.
Assistant à la scène, Claire pouvait percevoir la puissance de l’Impérial, sentant le côté obscur qui l’enveloppait comme une armure. S’en remettant entièrement à son pouvoir, il n’avait aucun mal à contrecarrer les assauts de son adversaire, agissant avec une vitesse et un instinct qui rendaient pitoyables les efforts de son adversaire.

— LAZNA !
Déconcentrée, entendant le hurlement de la fillette, la femme se tourna dans la direction du cri. Aya se trouvait là, à quelques mètres d’elle, le corps pressé contre la sœur blonde qui accompagnait Kaleb, l’empêchant de s’enfuir. Et pourtant cela ne l’empêchait pas d’essayer, se débattant de son mieux pour échapper à cette étreinte.
Réagissant à cela, abandonnant provisoirement son adversaire, Lazna bondit aussitôt sur le côté, sa lame levée bien haut prête à fendre en deux la sith blonde. Mais avant qu’elle n’ait pu atteindre sa cible, une poigne invisible s’empara soudain d’elle, la ramenant brutalement en arrière et l’envoyant glisser contre le sol.
— Où croyez-vous aller comme cela ?
Lentement, terriblement lentement, le sith écarta un pas de son ample manteau noir, révélant son sabre laser. Un sabre qui ressemblait davantage à une épée, avec son manche allongé délimité par une garde et un pommeau en or portant le blason de la famille Asren. Et lorsqu’il l’alluma, la lame rouge en jaillit avec le même bruit qu’une arme qu’on aurait tiré de son fourreau.
— Vous autres chevaliers de Zakel, vous êtes tellement arrogants. Sans cesse à vous croire supérieurs aux véritables maîtres du côté obscur. Laissez-moi vous apprendre l’humilité.

Le sith était rapide. Si rapidement qu’il franchit la distance qui le séparait de son adversaire en un instant, cette dernière ayant à peine le temps de lever sa lame à l’horizontal afin d’encaisser un coup qui sinon l’aurait fendue de la tête à l’aine. Repoussant la lame de son adversaire, elle tenta un ample coup de taille que son adversaire repoussa sans le moindre mal.
Lentement, le combat entre les deux adversaires reprit. Les deux lames s’entrechoquant dans des éclairs de lumières, ponctuant le rythme presque poétique que les deux escrimeurs, comme deux danseurs pris dans une valse à la cadence infernale. Une danse sur laquelle Kaleb Asren avait le contrôle absolu.
Face à lui, son adversaire se démenait comme jamais. Sautant, parant, feintant, virevoltant à toute vitesse. Déployant une rage qui semblait bien futile face aux mouvements aussi élégants qu’implacable du sith, qui repoussait sans cesse ses assauts.
Et lorsqu’enfin le flot ininterrompu d’attaques commença à se tarir, que ses forces commencèrent à abandonner la Zakelienne, alors il put passer à l’attaque.
Changeant brutalement de style, l’homme se contenta de choquer avec force les deux sabres laser, repoussant les deux armes et ouvrant une brèche dans la défense de son adversaire. Une brèche qui ne dura qu’un instant, mais cet instant lui fut suffisant pour se porter en avance, abattant son poing contre l’armure dorée…qui à la surprise générale se fendit sous la puissance du choc. Le souffle coupée, Lazna fut alors projetée en arrière, allant s’écraser contre le mur dans un craquement sinistre, indiquant que plusieurs de ses côtes venaient sans doute de céder.
— Pouvons-nous arrête là ce triste spectacle, questionna le sith d’un air hautain particulièrement agaçant, je ne voudrais pas que dame Faurrel vous voit subir davantage d’humiliation.
Répondant à cela par un hurlement de rage, le chevalier se porta en avant. Surmontant la douleur, elle balança son arme de bas en haut, visant la jambe de son adversaire. Mais avant que son coup ne soit portée, ce dernier réagit brutalement, envoyant son pied frapper le bras de la femme qui hurla de douleur alors que son membre se tordait en deux, rompant sous la puissance du coup qu’elle venait de recevoir.
— Croyez-moi, il vaut mieux s’en tenir là.
Un nouveau hurlement de rage et Lazna ramassa son arme avec son bras gauche, fendant l’air par d’amples mouvement que la douleur venait fortement ralentir. Ses mouvements d’expertes s’étaient à présent transformés en des attaques à peine dignes d’un acolyte, semblant bien pitoyables face à talent de son adversaire. Cependant, il lui restait une dernière carte à jouer.
Amorçant une nouvelle attaque, elle lança soudainement son sabre vers le sith, l’obligeant à consacrer une seconde d’attention pour comprendre ce qui se passait et repousser l’arme loin de lui. Une seconde pendant laquelle la femme concentra toute la puissance qu’elle pouvait dans la paume de sa main, projetant tout son pouvoir droit sur le sith…qui n’eut même pas un mouvement de recul.
Levant son bouclier de Force à une vitesse qui dépassait l’entendement, encaissant le choc, ce fut à peine s’il laissa un petit rictus se dessiner sur son visage, témoignage de la désagréable surprise qu’avait été pour lui cette attaque. Mais cette attaque n’avait été que cela pour lui : une désagréable surprise. Et il étant temps de punir celle qui avait fini de l’amuser.
Concentrant à son tour toute la puissance de la Force qu’il pouvait dans la paume de sa main, agissant avec une lenteur qui ne faisait que rendre son geste encore plus implacable, il laissa tout le temps à Lazna de préparer sa défense avant de relâcher la déferlante de Force. N’ayant pas la puissance pour résister, la femme sentie son propre bouclier voler en éclat et l’assaut la percuter avec puissance, rompant les os de ses jambes et l’envoyer glisser misérablement contre le sol.

— LAZNA ! NON ! LAZNA !
Gémissant, le visage rougit par le flot de larmes qui s’échappait de ses grands yeux verts, l’enfant se débattait pour aller porter secours à la femme ; sans même se rendre compte de l’inutilité de son geste. La maintenant fermement contre elle, la sith blonde venait ainsi réduire à néant toutes ses vaines gesticulations.
— Arrête de jouer Kaleb, et termine enfin ce combat, qu’on rentre chez nous.
— S’il n’y a que cela pour te faire plaisir ma chère Caelia…
Laissant poindre un sourire sur le coin de ses lèvres, le sith s’approcha lentement de sa cible qui se trouvait à présent incapable de bouger, les os des deux jambes réduits en morceaux. La respiration haletante et le corps trempé de sueur, elle n’avait même plus la force d’opposer la moindre résistance, observant sans pouvoir rien faire le sith se rapprocher pour porter le coup final…qui ne vint pas.
— Non…, laissa siffler le sith en élargissant son sourire qui à présent semblait presque sincère, j’ai une meilleure idée.
Invoquant légèrement la Force, il se saisit une fois de plus de Lazna, la faisant glisser de quelques mètres sur le sol…jusqu’à parvenir aux pieds de Claire. Demeurant interdite, la jeune sith resta sans voix quelques instants, sans comprendre les raisons de cet acte. Jusqu’à ce qu’enfin, les intentions du seigneur Asren deviennent évidentes.
— Vous voulez que…
— C’est grâce à vous qu’elle est venue jusqu’à nous, il est donc normal que le plaisir de cette mise à mort vous revienne dame Sazraêl.
Pourquoi tant d’hésitation ? L’homme avait entièrement raison : s’était-elle qui avait conduit Lazna dans ce piège. Elle qui avait prévenu les Asren et conduit à cette situation. Il était donc naturel qu’elle vienne y mettre un terme. Alors pourquoi ? Etes-ce parce qu’elle avait combattu aux côtés de cette femme ? Ou à cause des hurlements ponctués de larmes de la gamine qui continuait d’appeler la Zakelienne, comme si cela pouvait encore changer quelque chose ?

Non…au final cela n’avait pas d’importance. L’hésitation n’était plus permission.

"Je suis désolée". "Je ne fais que suivre les ordres". "Crève chien de Zakel". Autant de répliques qui se bousculèrent dans l’esprit de Claire, de répartie qu’elle pensait utiliser. Mais aucune ne semblait vraiment adaptée ou nécessaire. Ce fut donc en silence qu’elle s’approcha de celle aux côtés de qui elle avait combattue, allumant son sabre pour le lever bien haut. Plongeant une dernière fois son regard dans les yeux brulant de rage de Lazna dont la voix roulait comme une tempête, crachant ses dernières paroles.
—N’as-tu donc aucune honte ? Souhaite donc tu tant le pouvoir ?! Je ne te pardonnerais pas…je ne te pardonnerais jamais ! Quand Zildrog viendra pour dévorer ton âme, tu te rappelleras de mes paroles. Quand tes alliés se tournerons contre toi, tu maudiras toi aussi ce jour !! Soit maudite…SOIT MAUD…
Ce fut tout. Craquant en entendant les paroles de la Zakelienne, Claire abattue enfin sa lame, Sourde au hurlement déchirant d’Aya Faurrel, elle observa comme dans un rêve la tête de Lazna rouler lentement contre le sol alors que son corps sans vie cédait sous son propre poids, s’effondrant en même que la sith elle-même.
Terrassée par une douleur soudain, ayant l’impression que ses yeux venaient de prendre feu et qu’une bombe explosait dans son cerveau, elle tomba sur le sol en hurlant de douleur, les mains posées sur ses paupières. Percevant à peine la voix de Kenntrav, comme s’il se trouvait à des dizaines de mètres d’ici.
— Claire ! Bordel, qu’est-ce qui se passe ?
Elle n’en savait rien. Son esprit tout entier se retrouvant noyer dans la douleur qui incendiait ses yeux…et la perte totale du contrôle sur ses émotions. La rage, la colère, la haine et le regret : autant d’émotions qui ne cessaient d’aller et venir dans son esprit. Comme si le meurtre qu’elle venait de commettre afin finalement rompu le barrage, laissant ses plus noirs instincts prendre le dessus.
Et lorsqu’elle ouvrit les yeux, très lentement, presque avec peur, elle put entendre le rire de Kaleb Asren. Un rire aussi agréable qu’un grincement de porte, mais qui étrangement semblait être emplie de plaisir.
— Et bien et bien. Voilà qui était inattendu. Vous êtes décidément pleine de surprise dame Sazraêl.
Ne comprenant pas le sens de ces paroles, Claire se remit péniblement sur ses genoux. Le regard toujours en feu et le corps vidé de toute son énergie, elle releva difficilement la tête, croisant son reflet dans l’armure dorée de Lazna.

Et alors elle les vit.
Ces deux pupilles, autrefois d’un blanc pur, témoignage de son ascendance Echani, avaient disparues. A la place, trônaient désormais au milieu de son visage deux yeux d’un orange flamboyant.
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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre I

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:33

[size=14][font=Verdana, sansserif]— Vous vous êtes fait un allié puissant aujourd’hui, dame Sazraêl.
Posé sur l’un des fauteuils en cuir noir qui trônaient au bout du balcon, le seigneur sith leva sa coupe en direction de la jeune femme qui lui répondit par un geste similaire, se surprenant elle-même en remarquant le verre à moitié vide qu’elle tenait dans la main.
Quand avait-elle saisi ce verre ? Quand avait-elle bu le vin qui manquait ? Comme émergeant d’une catatonie, elle ne parvenait pas à se souvenir des dernières minutes, remarquant seulement maintenant qu’elle était seule avec le seigneur Asren. Tous les autres étaient partis : Kenntrav, les deux sœurs Asren, ainsi qu’Aya qu’on avait trainé de force hors d’ici.
— Merci excellence, vous me faite trop d’honneur. Parvint-t-elle à bredouiller difficilement, la gorge aussi sèche qu’un désert et l’esprit embrumé comme si elle venait d’inhaler une tonne l’épice.
Afin de dissimuler son malaise, la jeune sith porta la coupe de cristal à ses lèvres, accueillant avec plaisir le goût fruité du vin frais, prenant grand soin de boire délicatement comme dix-sept lui avait appris. Non pour savourer la boisson, comme cela était censé, mais afin de gagner du temps pour retrouver ses esprits et mieux observer l’homme qui lui faisait face.

Kaleb Asren…cet homme était redoutable, et cela ne concernait pas uniquement les capacités dont il avait fait preuve face à Lazna. Avec ses traits anguleux et ses yeux inexpressifs il avait tout d’une statue qu’on aurait planté là. Même sa coiffure, coupée au carré comme celle d’un officier de l’armée, semblait faite pour renforcer la dureté de l’homme.
Et lorsqu’il reprit la parole, faisant émerger Claire de ses pensées, son ton qui se voulait sans doute amical et détaché ne parvenait pas à dissimuler le manque total d’émotion qui semblait le caractériser.
— C’est vous qu’il faut remercier, dame Sazraêl. Sans vous, j’aurais encore passé des mois à rechercher cette Zakelienne, et mes projets s’en seraient trouvés retardés. Mais grâce à votre intervention providentielle ce problème est à présent régler, et dame Faurrel va pouvoir se fiancer avec mon fils, comme cela avait été prévu dès le début.
"Prévu dès le début". Une bien belle expression pour dissimuler la réalité, et faire oublier comment tout cela avait eu lieu. Si ce que Lazna avait dit était vrai, alors les Faurrel n’avaient jamais voulu voir leur fille être mariée à une famille de sith. Mais à présent ils étaient morts, ainsi que Lazna elle-même, et plus personne n’était là pour protéger cette enfant.
— Vous semblez soucieuse dame Sazraêl, nota le seigneur en haussant la voix, simulant parfaitement l’intérêt à cette question. Est-ce que quelque chose vous dérange ?
— Absolument rien excellence. Je suis ravie que les affaires de votre maison soient arrangées.
— Inutile de me mentir dame Sazraêl. Vous avez combattu aux côtés de cette Zakelienne, et la trahir n’a pas dû être chose facile. Ce qui rend votre intervention en ma faveur d’autant plus admirable.
Serrant les poings si fort que ses jointures en devinrent blanche, Claire se contenta de baissa la tête en guise de remerciement polie. Si elle desserrait la mâchoire, qui pouvait prévoir les paroles qui sortiraient de sa bouche ? Intentionnellement ou non, Kaleb Asren venait d’appuyer précisément sur le point sensible.
— Vous avez agi comme un loyal serviteur de l’Empire, et je ne l’oublierais ; continua le sith en levant son verre en direction d’un des murs de la pièce.

Ce fut à ce moment qu’elle ne vit
Suivant du regard la trajectoire dessinée par le verre, ce fut seulement à ce moment qu’elle le vit. S’étonnant l’espace d’un instant de ne le remarquer que maintenant.
Lazna était toujours là.

Ou plus précisément son corps. Etendu sur le sol dans une posture grotesque, comme un pantin dont on aurait coupé les fils ou un déchet qu’on aurait laissé trainé sur le sol en attendant de le ramasser. Cependant, ce ne fut pas tant son corps qui attira le regard de la jeune sith, mais sa tête. Cette tête qu’elle avait elle-même coupé et qui se trouvait à un mètre de son cou. Cette tête qui était tournée vers elle, l’observant de ses yeux morts. Frissonnant, elle se demanda un instant si ce visage lui jetait réellement un regard accusateur, ou si cela n’était que le fruit de son imagination.
— Quoi qu’il en soit une telle dévotion mérite récompense. Dites-moi ce que vous souhaitez, et je vous le donnerais.
— Je ne désire rien ; répondit Claire d’une voix si faible qu’elle en était à peine un murmure.
— Mais si bien sûr. Tout le monde désire quelque chose, et les sith encore plus que les autres. Même si vous n’êtes pas prête à l’avouer devant moi, vous saviez très bien comment cela se terminerait : vous me livrant l’enfant, et moi vous aidant. Et par chance je pense être en mesure de vous aider dans votre problème de succession.
— Comment…
— Suis-je au courant ? Pensez-vous que je suis venu sans me renseigner un minimum ? Sans savoir le conflit qui vous oppose à Xanxuu Sazraêl, membre par le sang de cette famille et qui conteste aujourd’hui votre droit à prendre la tête de cette maison ? Quel piètre seigneur je serais si tel était le cas.
— Je voulais surtout savoir comment vous comptez m’aider ; répondit Claire d’une voix agacée qu’elle regretta aussitôt. Mordre la main qu’on vous tend n’était pas la plus habile des stratégies, et surtout cela ne lui ressemblait pas. Si cela les yeux morts de Lazna arrêtaient de la fixer…
— En jouant de mon influence ; répondit le sith qui heureusement ne se vexa pas de cette violente répartie. Vous le savez sans doute, mais ceux qui ont choisi de vous placer dans cette situation d’attente ne feront rien pour vous en sortir. A leurs yeux, vous ne serez jamais assez digne ou assez puissante, de même que votre rival. La seule manière de régler cela est que l’un de vous deux meurt.
— Mais le Kaggath est interdit, et le meurtre serait trop visible.
— C’est pourquoi vous ne devez faire ni l’un ni l’autre. Défiez votre rival dans un duel judiciaire, et abattez le sous le regard de tous. Après cela, plus personne ne pourra contester vos droits sur cette famille.

Un duel judiciaire…elle-même était depuis longtemps arrivée à la conclusion qu’il s’agissait de la meilleure solution possible. Patiemment elle avait rassemblé des soutiens ces derniers mois afin de soutenir sa requête et forcer Xanxuu à accepter. Chose qu’il serait à présent obligé de faire, maintenant qu’une puissance famille comme celle des Asren la soutenait.
— Et bien seigneur Asren ; répondit Claire en levant son verre, ignorant le regard accusateur qu’elle croyait lire sur le visage de Lazna ; je pense que cela est le début d’une fructueuse relation.
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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre I

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:34

— Entrez ; répondit la voix synthétisée de l’interphone.
Lissant nerveusement son abondante moustache rousse, balayant la poussière imaginaire qui se trouvait sur les épaulettes de son uniforme d’officier, l’homme pressa la commanda qui se trouvait sous l’interphone. Déverrouillant la porte qui coulissa devant lui, pénétrant d’un pas militaire dans les appartements de la sith…retenant de justesse un juron.
La maîtresse des lieux se trouvait là, une serviette blanche nouée autour de ses cheveux encore trempés par la douche qu’elle venait de prendre. A cette exception près elle était totalement nue, allongée sur son lit en tournant le dos au militaire, consultant sur son datapad quelques informations glanées sur l’holonet.
Et une fois encore, Kenntrav ne put que la maudire intérieurement pour son attitude vis-à-vis de lui. Au sein de l’armure, la notion même de pudeur était relativement abstraite : quasiment tous les lieux étaient mixtes, des dortoirs au bouches en passant par l’infirmerie. De cette période, Claire avait gardé cette mauvaise habitude, considérant encore son ancien frère d’arme comme au-delà de ce genre de préoccupation.

Ce qui était tout autant une bonne chose qu’un agacement pour lui. Un agacement car elle ne semblait guère se soucier de ce que lui-même en pensait. Une bonne chose car cela montrait qu’elle le considérait toujours comme un ami fidèle, la seule personne devant laquelle elle pouvait toujours être elle-même.
De plus…il devait bien reconnaître que le spectacle était loin d’être désagréable. Avec sa peau blanche légèrement bronzé, ses formes plutôt généreuses et sa taille de guêpe, la femme avait de quoi faire tourner la tête à n’importe qui. Elle approchait à présent des trente ans, mais semblait en faire facilement cinq de moins, semblant aussi jeune que le jour où il l’avait vu pour la première fois.
Peut-être êtes-ce dut au sang Echani qui coulait dans ses veines ? D’après ce qu’on disait, ces créatures avaient une durée de vie un peu plus longue que celle des humains.

— Le corps a été déplacé ainsi que vous l’avez demandé, madame. J’ai donné des ordres très précis aux serviteurs afin qu’il soit enterré comme vous le vouliez.
— Parfait, plus vite cette affaire sera derrière nous, et mieux nous nous porterons tous.
Déposant son datapad sur la table, la sith roula sur le côté et vint s’asseoir sur le lit, fixant un instant le soldat qui frissonna légèrement en voyant les deux prunelles orangées. Le changement était encore récent, trop pour qu’il se soit habitué à ce changement physique, mais il n’était pas sûr qu’un jour viendrait où il aimerait cela.
Heureusement, cela ne dura qu’un instant. Se relevant, la dame Sazraêl alla récupérer ses habits qui trainaient négligemment sur le sol, commençant à se vêtir comme si de rien n’était.
— Et qu’en est-il de cette twi’lek, Miha ? Est-ce que le nouveau bandeau a bien été mis en place ?
— Je m’en suis occupé moi-même. Tout est parfaitement en place à ce niveau-là.
— Parfait. Cette petite fait l’innocente devant tout le monde, mais il ne faut pas oublier qu’elle a également été un mercenaire à une époque. Si jamais on relâche un tant soit peu le collier, elle ne manquera pas de s’enfuir ou de nous planter un couteau dans le dos.

Approuvant silencieusement cette attitude, l’officier se garda bien de tout commentaire. Restant calmement planté là alors que la sith finissait de s’habiller, les deux mains croisées dans le dos, il attendit patiemment que son supérieur lui donne le droit de parler.
— Kenntrav ; soupira Claire ; si tu as quelque chose à me dire alors dit le simplement, inutile d’attendre ma permission.
Encore et toujours la même familiarité. Comme si rien n’avait changé. Comme si elle pouvait continuer de prétendre que son accession au rang de sith pouvait être simplement ignoré…Mais aujourd’hui, il n’allait certes pas regretter cette liberté qu’elle lui offrait.
— Pourquoi ; demanda-t-il avec une violence lui vint le surprendre lui-même ; pourquoi ne rien m’avoir dit au sujet de ton arrangement avec les Asren ?
Soupirant, Claire mit quelques secondes avant de répondre, pesant les mots qu’elle allait prononcer. Et quand sa réponse vint, ce fut avec une voix à peine plus élevée qu’un murmure.
— Je ne voulais pas te faire porter ce fardeau. C’était à moi, et à moi seule, d’assumer la responsabilité de cette décision.

La réponse avait quelque chose de si simple, de si sincère, que Kenntrav en demeura interdit quelques instants. Puis soudain, comme si ces paroles avaient brisés quelque chose en lui, il s’avança d’un pas rapide en direction de Claire. Aussi froid et mécanique qu’un droide, il attrapa la sith par l’épaule, la faisant pivoter avant de lui envoyer son poing directement dans la mâchoire.
Se prenant le coup de plein fouet, n’ayant pas le temps ou pas la volonté de résister, la sith alla s’écrouler sur le sol, sa lèvre fissurée à l’endroit où le coup l’avait percuté.
— Quand Siqsa m’avait demandé de la rejoindre, j’ai accouru aussitôt. J’ai tout lâché car je savais que tu te trouvais avec elle.
— Kenntrav.
— J’ai toujours surveillé tes arrières ; continua le soldat sans se laissé interrompre ; et ce quel que soit la situation. Tout ça au nom de ce que nous avons partagé, et parce que j’avais confiance en toi. Mais la femme que je connaissais ne se serait jamais abaissé comme tu l’as fait. Pour elle, la loyauté et l’amitié signifiaient quelque chose. Jamais elle n’aurait vendu quelqu’un avec qui elle avait combattue afin d’obtenir un peu de pouvoir.
Voilà…s’était dit. Sans doute pas de la manière qu’il aurait souhaitée, mais il fallait qu’il le dise. Qu’elle sache à quel point sa trahison vis-à-vis de Lazna l’avait écœuré. Et qu’importe au final si elle choisissait de le renvoyer après cela.
Mais étrangement, la réaction de Claire fut bien différente. Essuyant simplement le filet de sang qui coulait le long de sa bouche, elle se contenta de se remettre debout, plantant ses yeux orangés dans ceux de Kenntrav. Laissant planer un instant de doute sur sa réaction…avant de simplement tourner les talons, signifiant ainsi à son ancien camarade qu’ils en avaient finis.

— Un sith ; articula-t-elle lentement ; n’a pas d’amis.
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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre I

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:34

[size=14][font=Verdana, sansserif]Le serviteur ne vit même pas le coup venir.
A peine eut-il conscient du violent choc à l’arrière de son crâne avant qu’un écran noir vienne se déposer devant ses yeux. Basculant en avant, ses jambes cédant sous son propre poids, il sombra dans l’inconscience sans même voir qui l’avait attaqué par derrière.

Gardant dans la main la pierre ensanglantée qui venait de lui servir, Miha demeura penchée au-dessus du corps pendant quelques secondes. N’osant même pas respirer, s’attendant à voir surgir d’une seconde à l’autre un garde ou un autre serviteur qui aurait remarqué son assaut.
Mais rien ne vint : tout demeurait calme au sein de la demeure Sazraêl. Seul le ronronnement lointain de l’imposante tourelle anti-aérienne venant troubler le calme qui régnait ici. Rassurée, la twi’lek put alors lâcher son arme improvisée, reprenant sa marche.
En temps normal, la couleur rouge vive de sa peau ne l’aidait guère à passer inaperçue, surtout sur une planète désertique comme Korriban. Mais heureusement pour elle, cette nuit était si noire qu’elle venait totalement la dissimulée, les vêtements noirs qu’on lui avait donné en tant qu’esclave ne faisant que renforcer sa furtivité.
Il fallait dire que dame Sazraêl avait une drôle de façon de traiter ses esclaves. Plutôt que de lui donner des vêtements dégradants, elle lui avait fourni une tenue complète, certes suggestive par son ouverture au niveau de la poitrine, mais qui n’en demeurait pas insultante pour autant. De plus, plutôt que de lui laisser son collier d’esclave, elle avait demandé à ce qu’on lui retire, ne laissant comme seule marque de sa condition un bandeau fixé sur son front.

Un manque de prudence qu’elle allait maintenant chèrement payer. Apercevant déjà les grillages qui marquaient la fin du domaine, Miha pouvait déjà imaginer la liberté derrière ces murs. Sa tenue et l’absence de collier ne la désignant pas comme une esclave, elle pourrait sans doute trouver un moyen de quitter cette planète, retournant à son ancienne vie.
Cependant…
— Je ne ferais pas ça si j’étais toi.
Freinant brutalement sa course, la jeune twi’lek pivota aussitôt sur le côté, tournant son regard vers la voix qui venait d’émerger.
Un garde était là, tranquillement adossé contre l’un des poteaux qui tenaient le grillage, donnant l’impression qu’il l’attendait depuis quelques temps déjà. Un garde, et pas des moindres, puisque Miha n’eut aucun mal à reconnaître en lui Kenntrav Havern, l’un des plus fidèles soldats au service de la Sazraêl.
— Si tu tournes gentiment le talons et retourne d’où tu es venu alors j’oublierais t’avoir vu.
Se mordant la lèvre inférieure, la jeune esclave ravala une floppée de jurons bien sentis afin de lui signifier sa façon de penser. Retourner là-bas afin de n’être qu’un objet ? Une chose qu’on pouvait utiliser à sa guise ? Hors de question ! Pas sans combattre.
Heureusement, l’homme semblait aussi sûr de lui que sa maîtresse, faisant preuve d’une suffisance qui frisait la folie. Un simple blaster pendait à sa ceinture, bien loin de ses bras qui demeuraient croisés dans une posture d’attente.
Estimant ses chances, évaluant le temps qu’il faudrait à l’homme pour dégainer son arme et faire feu, Miha décida que les chances étaient en sa faveur. Faisant un léger pas en arrière, comme si elle acceptait la proposition, elle se mit soudain en mouvement. Bondissant vers le garde tout en ramassant une pierre qui trainait sur le sol, ayant dans l’idée de l’assommer avec.

— Quelle stupidité ; murmura pour lui-même l’homme tout en écartant les bras, révélant la commande qu’il tenait jusque-là dans son poing serré. Et avant même que la pierre ne fut lancée, il pressa simplement le bouton, observant avec un regard sans joie le résultat.
Hurlant soudain de douleur, la rouge lâcha son arme improvisée et alla s’étaler sur le sol. Le cerveau en feu, comme si on venait de lui plonger le crâne dans le feu, elle vomie tous ses derniers repas sur le sol, sentant la bave lui monter aux lèvres alors qu’une prière silencieuse montait du peu de conscience qui lui restait, implorant pour que cette douleur cesse.
Et elle fut exaucée. Après seulement quelques secondes de torture la douleur s’en alla aussi vite qu’elle était venue, la laissant totalement vidée de ses forces et hagard, voyant le monde à travers une brume faite de larmes.
— Bor…del ; parvint-t-elle difficilement à articuler tout en continuant à vomir le peu que contenait encore son estomac ; qu’est-ce que…
— Tu ne pensais quand même pas que ce bandeau était simplement décoratif.
Relevant les yeux vers l’homme qui s’était approcher d’elle, Miha commença lentement à comprendre. Plutôt que de lui donner un collier électrique, la Sazraêl lui avait coller se bandeau impossible à retirer.
— La première décharge suffit à te mettre dans cet état ; continua l’homme d’un ton neutre ; mais la seconde te tuera, dans le meilleur des cas. Et dans le pire elle risque de te griller la cervelle, te transformant en un gentil petit pantin obéissant.
Frissonnant à la simple évocation de ce sort, la jeune esclave tenta péniblement de se remettre debout. Mais l’état de ses forces lui permit tout juste de se mettre à quatre pattes, le visage toujours baissé vers le sol, dans une posture de soumission qui lui faisait horreur.

— Pourquoi ?! ; tenta-t-elle de hurler, mais sa voix fut à peine plus fort qu’un murmure ; Pourquoi servez-vous un tel monstre ? Quelqu’un qui torture des prisonniers, qui utilise des esclaves, qui… *vomissement*…qui trahie et tue ses alliés. Pourquoi ?!
En avait-t-elle trop dit ? L’homme ne risquait-il pas de s’énerver et de presser une seconde fois la commande ? Cette pensée ne lui vint que trop tard, mais de toute façon elle ne parvenait pas à regretter ses paroles. La colère prenant le pas sur le reste, lui faisant oublier toute prudence.
— Tu as la langue bien pendue ; remarqua Kenntrav après quelques secondes d’un lourd silence ; mais cela finir par te nuire.
Arrivé à sa hauteur, il se pencha sur elle pour lui coincer la mâchoire entre ses doigts, lui relevant la tête aussi délicatement que l’aurait fait un droide de chargement. Et alors que le brouillard devant ses yeux commençait à se retirer, elle put voir la rage difficilement contenue qui brûlait dans le regard de l’homme.
— Mais parle de Claire comme ça encore une seule fois, et je te tue. A présent, retourne au travail…esclave.
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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre I

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:35

— Cette enfant ne manque pas d’audace, cela au moins il faut bien lui reconnaître.
Laissant un mince sourire méprisant lui monter aux lèvres, le sith à la peau rouge relâcha le message qu’il tenait entre ses mains, observant le papier se replier sur lui-même. Une aberration technologique, et une tentative encore plus pitoyable de la part de son adversaire pour se donner une légitimité.
Mais tout cela ne faisait que rendre encore plus risible la requête qu’il venait de recevoir.

— Ce n’est qu’une gamine ignorante. Ignorez-la.
Passant ses doigts gantés de noir le long des appendices qui pendaient le long de son menton, le seigneur tourna lentement son regard vers la personne qui venait de parler. Un Rattataki d’une vingtaine d’année, dont la peau blanche était marquée par de longs tatouages noirs qui couraient de ses joues jusqu’au bas de son menton.
— L’ignorer ? ; susurra d’une voix menaçante le sith ; est-ce là le sage conseil que tu me donne apprenti ? Ignorer cette insulte ?
Déglutissant difficilement, l’apprenti n’osa pas formuler de réponse. Baissant ses yeux argentés vers le sol pour marquer tant sa honte que son respect devant la décision de son maître. Faisant un pas en arrière pour laisser son maître réfléchir.
Et pendant de longues secondes rien ne vint troubler le silence de plomb qui s’installait dans la pièce. Seulement le craquement des buches dans la cheminée, dont les flammes illuminaient les bannières accrochées aux murs. Un dragon noir entouré de rune.

Le symbole de la maison Sazraêl.
Le symbole de sa maison, dont l’usurpatrice se prétendait à présent propriétaire.

— Dis-moi Diyogr ; consentie enfin à dire le seigneur en tournant son siège vers l’apprentie ; pourquoi pense-tu que je devrais l’ignorer ?
— Maître, je ne voulais pas…
— Arrête de trembler de peur comme une vieille femme ; le corrigea sèchement le seigneur sith. Si tu souhaites devenir un sith alors cesse de te cacher derrière une fausse politesse et viens exprimer ton avis.
Hésitant au début, le Rattataki eut au moins le bon sens de ne pas répondre immédiatement. Réfléchissant avec soin à ses arguments, tâchant d’ignorer la tension exercée par les prunelles rouges de son maître posé sur lui.
— Cela a tout d’un piège ; finit-il par lâcher. Cette Crescent est en mauvaise posture, et ce défi est la seule façon pour elle de s’en sortir. Les Darth ont rendu leur opinion à ce sujet en la déclarant inapte, et tôt ou tard ils finiront par trancher le litige en votre faveur. Accepter cette…chose…ce duel judiciaire, serait déjà lui donner trop de crédit en la reconnaissant comme votre égale.

Fermant les yeux, Xanxuu Sazraêl laissant un petit sourire amusé lui monter aux lèvres. Un sourire qui pouvait autant être le signe d’une approbation silencieuse que d’une moquerie devant les arguments présentés par son apprentie.
En effet, il avait raison sur un point : les Darth finiraient par trancher le litige en sa faveur. Croire l’inverse était une aberration si folle qu’elle en apparaissait presque comme drôle : lui-même était un seigneur sith, un sang pur qui plus est, héritier par le sang de cette antique maison des Sazraêl. Dès sa naissance la noblesse coulait déjà dans ses veines.
Quant à cette enfant…elle était aussi éloignée de la noblesse qu’il en était possible. Sa simple vie était en soit une farce : une soldate dont on avait tardivement découvert le don. L’adoptée d’une adoptée, qui prétendait à présent diriger une ancienne famille au nom d’un testament à la valeur douteuse. Cela était pitoyable.
Cependant…

— Ton argumentation est correcte mon jeune apprenti.
— Merci m….
— Cependant, tu oublies deux choses essentielles ; le coupa le sang pur d’un ton qui ne laissait aucune place à la conversation. Tout d’abord les nombreuses personnes qui appuient sa demande : la famille Sothule, la famille Fallere, et bien sur la famille Asren. Trop de personnes pour que je puisse simplement balayer ses revendications d’un revers de la main.
— Mais…
— Ensuite ; poursuivis le sith ; de quoi aurais-je l’air si je refusais le duel ? Sinon pour un faible et un lâche alors que cette "gamine ignorante" m’insulte.
Non…il fallait bien lui reconnaître cela, la Crescent avait bien joué son coup. Avec tant de soutiens, le défie ne resterais pas ignoré bien longtemps. Reculer, s’était admettre sa faiblesse, et voir ses propres soutiens s’évaporer rapidement. Reculer, s’était perdre, tout simplement.
Bien sûr il n’était pas stupide au point de croire qu’elle l’avait défié sans un plan en tête. "A l’épée, comme le faisaient nos ancêtres". Nos ancêtres…comme si elle avait le droit d’employer pareille expression. Mais il n’était pas dupe : elle avait longtemps été dans l’armée, et la vibrolame restait son arme de prédilection. Sans doute espérait-t-elle que cela lui fournirait un avantage suffisant.

Et si tel était le cas, elle se trompait lourdement.

— Prend note Diyogr. Ecris que j’accepte le duel, et que nous nous retrouverons à Kaas City pour mettre un terme à cette histoire une bonne fois pour toute.
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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre I

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:36

Les lames s’entrechoquaient lourdement l’une contre l’autre. Le bruit du métal contre le métal provoquant un grincement strident qui resonnait contre les parois en pierre. Mais aucun des deux adversaires n’y prêtait réellement attention, tout concentrés qu’ils étaient l’un et l’autre sur leur combat.
Depuis combien de temps luttaient ils ainsi ? Une heure ? Deux ? Impossible à dire. Plongés dans la frénésie du combat, ils étaient au-delà des notions de temps. Les coups qu’ils échangeaient étaient leur seule indication de temps, et la fatigue leur seule limite. Une limite dont ils commençaient à se rapprocher dangereusement.
La sueur perlant sur leurs muscles saillants, l’air ayant presque un goût toxique au sein de leurs poumons, l’un et l’autres étaient à deux doigts de craquer. La chaleur leur faisant tourner la tête même si le haut de leurs corps demeurait mis à nu, seule la femme ayant pris soin de couvrir sa poitrine d’un bandeau de soie, qui en devenait plus suggestif qu’autre chose.
— Aller ; déclara la femme blonde en raffermissant une main poisseuse de sueur sur sa vibrolame ; il est temps d’en finir.
Approuvant cette affirmation d’un bref hochement de la tête, l’homme, qui arborait une magnifique barbe rousse, se jeta aussitôt sur son adversaire. Traversant en un instant l’espace qui les séparaient, puissant une réserve de vigueur qui vint surprendre la jeune femme, il repassa aussitôt à l’attaque. Maniée avec la dextérité des vrais vétérans, la lame se mit à virevolter entre ses mains, semblant frapper de toute part tant elle bougeait rapidement.

Mais ce n’était pas sur sa vitesse que comptait Kenntrav pour l’emporter sur Claire.

Après les centaines d’entrainement que les deux anciens-soldats avaient exécutés, après toutes ses années à combattre côtes à côtes, ils se connaissaient parfaitement. Trop bien pour qu’il puisse espérer surclasser Claire en vitesse : vive et légère, cette dernière ne se laisserait pas avoir aussi facilement, le surclassant bien trop dans ce domaine grâce à ses réflexes de sith.
C’était un tout autre atout sur lequel il comptait : sa force physique. Un point sur lequel il se montrait encore supérieur, et sur lequel il jouait pleinement. Mettant toute sa puissance dans chaque coup, il frappait et frappait sans relâche, mettant à mal les muscles de la sith qui devait déployer d’immenses efforts pour garder son arme en main.
Et pendant un temps, il sembla que la stratégie avait fonctionner. Martelant sans cesse son adversaire, agissant avec autant de force et de détermination qu’un droide de combat, Kenntrav parvint finalement à atteindre son objectif. Un coup plus violent que les autres triomphant de la résistance de Claire, obligeant le manche dégoulinant de sueur à glisser hors des doigts de la sith, faisant s’envoler la lame qui décrivit un arc dans les airs.
* Je te tiens* jubila intérieurement le soldat en abaissant sa lame en direction de son adversaire, semblant goûter à la victoire.
Mais Claire n’avait pas dit son dernier mot. Vive et rapidement, elle exécuta une roulade arrière, sentant la lame passer à un cheveu de sa tête sans parvenir à la toucher. Se remettant sur ses jambes, elle put voir que son adversaire n’avait pas perdu de temps, se jetant aussitôt à sa poursuivre.
Il était cependant trop tard. Invoquant la Force, elle attira la lame dans la paume de sa main, récupérant son arme à l’instant même où une attaque d’estoc plongeait en direction de sa poitrine. Heureusement, elle était prête.
Faisant un pas sur le côté, pivotant de 90°, elle laissa la lame lui passer juste devant le corps alors qu’elle-même ramenait brutalement sa propre arme vers l’avant, venant la place juste sous la gorge de son adversaire.

— Impressionnant ; souffla Kenntrav ; où as-tu appris une telle botte ?
— C’est un autre étudiant de l’académie qui la pratiquait. Malheureusement pour lui, elle s’est avérée être totalement inutile face à une meute enragée de tuk’ata.
Ne sachant s’il s’agissait d’une blague dont il devait rire, le soldat se contenta de hausser des épaules et d’abaisser sa lame, déclarant ainsi la fin de son long entrainement. Du moins pour le moment.
— Faisons une pause ; proposa le rouquin. Il ne servira à rien de s’entrainer si cela doit t’épuiser avant ton duel.
N’ayant même plus la force de simplement donner son avis, Claire se contenta de hocher la tête, laissant tomber lourdement son épée. Tout ce temps passer à s’entrainer, à travailler ses techniques et ses bottes en vue de l’affrontement contre Xanxuu Sazraêl. Cela en était devenu éreintant.
Faisant un signe de la main, elle réclama la présence de Miha qui s’exécuta aussitôt, lui tendant une serviette humide d’un geste brusque, l’expression de son visage et la froideur de ses yeux exprimant tout le bien qu’elle pensait de sa situation. Mais cela n’importait plus à la jeune sith qui y prêtait à peine attention, accueillant avec un soupire de plaisir la fraicheur que la serviette répandait sur sa nuque.
— Merci pour cet échange Kenntrav. Va te reposer un peu, nous reprendrons demain.
S’inclinant devant son ancienne sœur d’arme, saluant son départ comme il l’aurait fait devant n’importe quel seigneur sith, le soldat parti ranger les armes. Laissant Claire partir de son côté, sortant de l’imposante pièce à ciel ouvert, sentant le souffle chaud de Korriban l’accueillir dès l’instant où elle mit le pied dehors.

Korriban…était-il vraiment surprenant que cette planète ait engendrée une espèce aussi violente et résistante que les sith ? Sur une terre aussi hostile, seuls les plus forts avaient une chance de survivre. Les faibles eux n’avaient d’autres choix que de mourir.
Mais une telle philosophie avait également ses avantages. C’était grâce à ce principe de méritocratie qu’elle pouvait aujourd’hui lancer son défie, et espérer récupérer les biens des Sazraêl. Elle qui ne possédait pas une goutte de leur sang pouvait diriger cette famille, si cela elle prouvait sa puissance.
Souriant à la simple évocation de cette idée, Claire stoppa finalement sa marche solitaire, ne se surprenant même plus de voir qu’une fois encore ses pas l’avaient mené au même endroit. Qu’une fois encore elle se trouvait à l’ombre d’une imposante statue saisissante de réalisme.
Cela lui avait coûté cher, une part non négligeable de l’argent qu’on lui avait laissé, mais elle ne regrettait pas cette dépense. Le travail du sculpteur en valait la peine : sous ses coups de bourrins, il avait réussi à littéralement donner vie à son œuvre. Au point que son travail semblait sur le point de bondir hors de son socle pour aller combattre.
Une statue dans laquelle Claire avait l’impression de retrouver sa sœur. Flanquée dans son armure noire, tendant son sabre laser en direction d’un ennemi invisible et sa natte partant vers l’arrière, elle ressemblait à l’une des vierges guerrières que décrivait la mythologie du système Sicanavdne. Une vision enjolivée bien sûr, tout comme l’étaient les souvenirs qu’elle avait de Siqsa.
— Tu m’aura causé bien du soucis petit sœur ; murmura pour elle-même la jeune sith en touchant le socle de la statue, laissant un sourire sans joie lui monter aux lèvres. Que n’aurait-elle donné pour que les choses soient plus simples.
++ Maitresse ++.
Emergeant de sa rêverie, la sith fit volteface, constatant qu’un nouveau venu s’était approché d’elle. Un petit droide sphérique volant à un mètre et demi au-dessus du sol, reflétant le soleil de Korriban sur son revêtement argenté.
— Dix-sept, qui a-t-il ?
++ La navette de son excellence Darth Naïcen est en chemin. J’ai pensé que vous voudriez vous changer avant de la recevoir. ++
— Et tu as eu raison. Part devant, je te rejoins tout de suite.
S’exécutant, le petit droide reparti comme il était venu, s’éloignant de Claire. Trop rapidement pour voir que celle-ci s’attardait encore quelques instants devant la statue de sa sœur. Non pour accorder une dernière pensée à Siqsa, mais pour observer une stèle qui avait été posée là quelques temps auparavant. Un morceau de pierre sans aucune décoration, gravé simplement d’un nom.

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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre I

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:36

— Vous avez eu de la chance. Si la lama avait frappé quelques centimètres plus bas il aurait été impossible de sauver votre bras.
Grommelant en guise de réponse, Claire raffermit la prise qu’elle avait sur son siège alors qu’une série de lames et d’aiguilles plongeaient à nouveau sur sa blessures mise à vif. Serrant l’accoudoir alors que le métal froid venait découper la peau et la chair encore brûlée, déployant d’immenses efforts afin de ne pas hurler, tâchant de concentrer son attention sur autre chose.
Mais rien ici ne parvenait à lui faire oublier la douleur, l’endroit ressemblant à tous les autres hôpitaux de la capitale. De nombreux droides médicaux qui allaient et venaient sans cesse, des nombreuses cuves de kolto qui s’étalaient le long du mur, des lits remplis de blessés et malades. Plus d’une fois, elle crut déceler du mépris dans leur regard, vis-à-vis d’elle qui avait été traitée aussitôt en vertu de son rang de sith, alors qu’eux devaient attendre pendant des heures.
— Quelle folie vous a pris ? Vous auriez dû venir tout de suite après votre duel, et non attendre plusieurs heures.
— J’avais des invités à honorer avant cela. Pour quel genre de personne serais-je passée si j’avais fui vers l’hôpital le plus proche.
Grognant dans sa barbe tout le bien qu’il pensait des sith et de leurs jeux de pouvoir, l’homme retourna à son travail. Pressant un bouton, il injecta une série de produit directement dans les veines de sa patiente qui sentie aussitôt la douleur s’estomper, accueillant cela avec un soupir de soulagement.
— Il faudra encore plusieurs jours pour que la plaie se referme proprement ; prévint le médecin ; et cela va vous laisser une cicatrice. Quant à votre doigt, je crains qu’il n’y ait pas grand-chose à faire.
Levant sa main gauche, Claire observa l’endroit où auparavant se tenait son auriculaire, et où maintenant ne se tenait plus qu’une moitié de phalange. Un faible prix à payer pour la victoire qu’elle venait d’arracher face à Xanxuu Sazraêl.
Le combat n’avait pas été facile, et plus d’une fois la jeune sith avait cru sa dernière heure arrivée face au colosse ne rien ne semblait pouvoir ébranler. Heureusement, il avait commis l’erreur de la sous-estimer, baissant sa garde alors qu’elle semblait être déjà vaincue. Une erreur qu’il avait payé au prix fort.
Soupirant, elle reporta son attention sur le droide médical qui avait pris le relais du médecin. Ses nombreux bras mécaniques continuant de découper et recoudre sa chair, refermant progressivement la plaie qu’elle avait à l’épaule. Son revêtement métallique renvoyant à Claire le reflet de son propre visage, au milieu duquel brillaient deux pupilles orangées.
Et que pouvait-elle y observer ? Un soldat qui avait survécu à d’innombrables batailles et avait dut renoncer à son ancienne vie ? Une apprentie sith qui avait rejeté son maître afin de tracer sa propre voie ? Une noble qui s’était frayé un chemin jusqu’au sommet en faisant couler le sang ?
Pouvait-elle vraiment être tout cela à la fois ? Et en même temps si peu.
Quels sont vos projets à présent ? demanda le droide en enclenchant automatique l’une de ses routines de conversation.
Posant une question en apparence anodine, mais dont Claire savait qu’elle serait aussitôt enregistrée, afin de servir dans un quelconque jeu de pouvoir.
— A présent…et bien je vais reprendre les choses en main.




* La dame rouge est en approche sur le quai deux. Le personnel auxiliaire doit évacuer la zone *
"La dame rouge". Ce nom de code était si simple que cela lui arracha un petit sourire. Qui que fut celui qui avait décidé d’un tel nom de code, il ne s’était pas creusé la tête.
Mais pour le moment, cela avait peu d’importance. Pouvant suivre la progression de la navette grâce aux nombreux messages qu’ils échangeaient avec le vaisseau, elle préféra de lui s’avancer jusqu’au cockpit pour voir par elle-même l’imposant vaisseau dont ils approchaient. Un magnifique croiseur de classe Pourfendeur, dont la simple vision suffit à la faire frissonner, se remémorant dans quelles circonstances elle était venue la dernière fois. Alors qu’elle accompagnait Michael et sa padawan, ainsi que Galéo, tous les quatre partant à l’assaut de l’imposant bâtiment dans le but d’abattre Daemon.
— Arrivée dans trente secondes madame.
Entendant la voix du pilote, s’arrachant à ses pensées, Claire confirma d’un bref hochement de la tête. Et alors que la navette traversait les boucliers du hangar, amorçant son ultime manœuvre, elle-même vérifiait une dernière fois son apparence.
Et encore une fois, le seul constat était qu’elle ne pouvait faire guère mieux. Drapée dans une tunique rouge traditionnelle, trainant dans son dos une cape rouge brodée avec le blason des Sazraêl, elle ressemblait à n’importe quel seigneur sith qu’on aurait pu croiser sur Dromund Kaas ou Korriban. Même son sabre laser avait été mis en avant, afin de bien rappeler à tous le rang dont elle se prévalait à présent.
Que disait Kor’na à ce sujet déjà ? Qu’il fallait donner l’illusion ? Jouer la sith, se mettre dans la peau du personnage encore et encore. Jusqu’à ce qu’enfin, elle n’ait plus besoin de jouer, mais soit devenue son propre personnage.
Pourvut seulement qu’elle ne trébuche pas à cause de cette saloperie de robe…

— Allez-y ; ordonna-t-elle ; ouvrez.
Répondant à son ordre, le pilote fini de poser leur navette, appuyant sur une commande afin d’abaisser la passerelle, déverrouillant la porte de la navette…et révélant un spectacle à couper le souffle.
Parfaitement rangés comme à la parade, une centaine de personnes se tenaient devant la navette, aussi immobiles que des statues devant les bannières frappées du symbole de l’Empire et de la maison Sazraêl. Soldats, pilotes, officiers…cela ne représentait qu’une fraction des milliers de personnes qui s’occupaient du vaisseau, mais les voir ainsi rangés dans un espace aux telles proportions avait de quoi impressionner n’importe qui.
— Dame Sazraêl, bienvenue à bord du Codex Obscur ; dit l’un des officiers en s’avançant. Je suis le commodore Acamas, responsable de ce vaisseau. Moi-même, ainsi que mon équipage, sommes à vos ordres.
A ses ordres…êtes-ce donc cela le pouvoir dont elle disposait à présent ? Les ressources dont elle avait hérité ? Bien sûr elle en était consciente, étant au fait des biens que possédait sa maison, mais il y avait une énorme différence entre le savoir et le vivre.
Mais heureusement pour elle, personne ne réalisa le trouble qui s’était emparé d’elle pendant quelques secondes. Se redressant, balayant toute trace de surprise sur son visage, Claire descendit lentement la passerelle en direction du commodore. Faisant parfaitement ce qu’on attendait d’elle : jouer la sith.

— Parfait. Faites préparé le vaisseau au départ commodore : une longue route nous attend.
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Re: Le prix du pouvoir - Chapitre I

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