Le prix du pouvoir - Chapitre II

Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet

Aller en bas

Le prix du pouvoir - Chapitre II

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:37





Claire Sazraêl : Apprentie sith (humaine)

Kenntrav Havern : Garde de la maison Sazraêl (humain)

Miha : Esclave de la maison Sazraêl (Twi'lek femme)

E-17751/Dix-sept : Compagnon de Claire (droide)

Ulysse Trevor : Gouverneur d’Aurélian (humain)






Aurélian : Bordure extérieure (territoire impérial)


Dernière édition par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:45, édité 1 fois
avatar
Claire Sazraêl
Admin

Messages : 749
Date d'inscription : 13/09/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le prix du pouvoir - Chapitre II

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:37

Qualifier l’endroit de cantina aurait été une insulte. Une insulte pour toutes les cantinas de la galaxie.
A première vue pourtant, tous les éléments étaient bien présents : de jeunes serveuses qui passaient entre les nombreuses tables où se pressait sans cesse plus de monde. Des vapeurs d’alcool qui montaient jusqu’au plafond, se mêlant à une fumée d’épice largement consommée, noyant les quelques musiciens qui tentaient d’animer le lieu.
Mais là s’arrêtaient les points communs, car aucune cantina digne de ce nom n’aurait accepter un tel état de déchéance. Couvert par un mélange de saleté et d’alcool, le sol était parsemé de consommateurs rendus trop ivres pour penser à se relever, allongés dans la crasse sans que cela semble les déranger. Visiblement habitués à l’état déplorable des lieux.
Tout ici avait une odeur puante : chaque mur, couverts par des tâches d’alcool et de gras. Chaque verre, qui visiblement n’avaient pas été lavés depuis bien des années. Même les habitants de cette planète puaient, comme si ils ignoraient l’existence même de l’hygiène, portant sur eux les haillons avec lesquels ils travaillaient dans leurs usines. Et au sein de cette planète, bien rares étaient les personnes qui ne travaillaient pas dans une des usines.
Ayant un statut social à peine supérieur à celui d’un esclave, les ouvriers de cette planète ne connaissaient qu’une chose : le travail. Exploitant de manière effréné les riches ressources de cette planète afin de fournir à la machine Impériale tout ce dont elle avait besoin : outils, machines, blaster, armures, et autres éléments indispensables afin de mener sa guerre. Et qu’importait aux petits fonctionnaires de Dromund Kaas les conditions de vie des ouvriers, tant que les quotas étaient respectés. Plongeant petit à petit dans la misère, ne récoltant aucun fruit de son travail, la planète était finalement devenue un dépotoir à ciel ouvert, où seule la fumée des usines parvenait à dissimuler l’extrême pauvreté des habitants.
Il n’était donc pas surprenant que les habitants cherchent la moindre occasion pour oublier leurs problèmes, ne serait-ce que l’espace d’un instant. Depuis l’une des tables, on pouvait facilement observer trois bagarres, dont deux avec des armes tranchantes, ainsi qu’une bande d’ivrognes s’expliquant violement avec une twi’lek rouge au sujet de mains baladeuses. Rien que du très habituel au sein de cette cantina.

— Bordel, mais qu’est-ce que je fous là ?
Plongeant son regard dans le gobelet qu’elle tenait, observant le reflet bleu de sa visière biotique dans le liquide verdâtre, la jeune femme remarqua que ce n’était pas la première fois qu’elle se posait la question. Et, malheureusement, certainement pas la dernière.
De tous les endroits qu’elle avait vu dans la galaxie, celui-ci était certainement l’un des pires. Les températures extrêmes, la faune et la flore agressives, cela elle avait appris à gérer. Mais devoir attendre dans un endroit aussi miteux était une expérience nouvelle pour elle.
— Et, mademoiselle, on peut vous payer un verre ?
Relevant son regard en direction des trois ouvriers qui venaient de l’aborder, la jeune femme passa quelques instants à les observer. Il aurait été si facile de baisser sa visière, de révéler ses yeux orangés, afin de les chasser. Mais cela aurait également compromis toute son opération.
A la place, elle se contenta d’afficher une mine féroce qui fut suffisante pour faire reculer les autochtones, déjà bien imbibés d’alcool à cette heure-là de la journée
Comment en était-t-elle arrivée là ? La réponse se trouvait trois jours auparavant, au sein de Dromund Kaas.




Un genou à terre et la tête penchée en avant, elle ne pouvait pas voir son interlocuteur. Tout ce qu’elle pouvait observer était le sol gris de la Citadelle, entendant comme un bruit le fond le son formé par les centaines de personnes qui travaillaient ici.
— Le système Aurélian ?
— Il s’agit d’un système en périphérie de l’Empire, avec une seule planète habitable du même nom.
Aucune trace de chaleur, aucune trace de patience. Comme à son habitude la voix lui avait répondu d’un air agacé et sec, comme un professeur devant expliquer pour la centième fois la même leçon à un élève particulièrement stupide.
— Et vous dites qu’une nouvelle espèce est apparue sur cette planète.
— Selon les rapports des services secrets, ils se font appelés les K’tan. Une espèce humanoïde ayant atteint le niveau technologique des voyages dans l’espace. Le service diplomatique a tenté de rentrer en contact avec eux, mais leurs progrès sont très lents. C’est pourquoi je vous envoie sur place.

Secouant la tête, n’étant pas certaine d’avoir bien entendu, Claire releva la tête pour observer son interlocuteur. Un tsis, dont la peau et la forme du visage proclamaient la pureté de sa lignée, ses yeux rouges plissés pour ne former qu’une mince fente par laquelle il l’observait.
— Je ne suis pas certaine de comprendre.
— Cela ne me surprend guère.
Grispant son poing, se retenant de répondre, la dame Sazraêl ne fut pas réellement surprise d’entendre une telle remarque.
Eprouvant déjà du mépris pour sa sœur, Darth Spaga n’avait que renforcer ce sentiment vis-à-vis d’elle. En tant que sang pur il ne comptait certes par parmi ses fans, ayant largement préféré que Xanxuu remporte leur duel. Mais en tant que commandant d’une des flottes impériales, il lui était bien trop supérieur pour qu’elle puisse faire autre chose que subir son mépris.
— Les hautes sphères de l’armée s’intéressent de près à ce peuple ; continu a-t-il d’un ton exaspéré. Et surtout à la potentielle menace que ces K’tan pourraient faire peser sur la sécurité de l’Empire.
— Ont-ils fait quelques actions hostiles à notre encontre ?
— Pas encore. Mais toute leur culture repose sur une seule religion, qu’ils essayaient de propager au sein d’Aurélian avec un succès assez important pour le moment. Et depuis qu’ils sont arrivés sur la planète, la dîme impériale connait d’importants retard de versement, jusqu’à finir par se tarir totalement.
— Dans ce cas pourquoi ne pas envoyer l’armée afin de les repousser ?
— La reprise de la guerre demande déjà d’importantes ressources, et je ne veux pas risquer un affrontement contre un ennemi dont nous ne savons rien. Vous irez donc sur Aurélian, et vous prendrez contact avec notre réseau d’agents sur place afin de déterminer si ces K’tan représentent réellement une menace. Puis vous reviendrez me faire votre rapport afin que j’évalue la situation.

"Pourquoi m’envoyer sur cette mission, moi qui n’a aucune expérience dans ce domaine ?". Telle fut la première parole qui lui vint instinctivement à la bouche, et qu’elle parvint heureusement à réprimer au dernier moment. Voyant le sourire narquois du sang pur, sa façon hautaine de la regarder, elle pouvait facilement deviner qu’il s’attendait à une telle réponse.
Non…il espérait même une telle réponse. Rien ne lui ferait plus plaisir en cet instant de la voir reconnaître sa faiblesse, et d’en profiter pour l’abreuver de son mépris. Toute cette mission n’était en réalité qu’un piège : soit elle déclarait aux yeux de tous son incompétence, soit elle se lançait dans une mission avec peu d’espoirs de succès.
Mais elle n’allait lui donner la satisfaction ni de l’un ni de l’autre.
— Très bien excellence. Vous pouvez compter sur moi, je n’échouerais pas.
avatar
Claire Sazraêl
Admin

Messages : 749
Date d'inscription : 13/09/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le prix du pouvoir - Chapitre II

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:38

— Bas les pattes crétin. Encore un coup comme ça, et ta main ne touchera plus jamais rien.
Ignorant l’avertissement, l’advozse se contenta de sourire, tendant ses mains afin de saisir les parties les plus intéressantes de la twi’lek. Un choix qu’il devait regretter amèrement.
Fidèle à sa promesse, la jeune femme à la peau rouge réagit avant même qu’il ne puisse la toucher. Se détendant aussi brusquement qu’un diable surgissant de sa boite elle frappe de son poing fermé la gorge de l’ivrogne qui laissa échapper un sifflement aigue. Se tenant la glotte des deux mains, tombant à genou, il ne vit même pas la botte en peau de dewback qui vint lui percuter violemment la tête, l’éjectant contre l’une des tables dont il renversa tout le contenu.
— Et ne vient pas dire que je ne t’avais pas prévenu ; rajouta la jeune twi’lek en tapant ses mains l’une contre l’autre d’un air satisfait.
Quelle imbécile…Observant la scène de sa table située non loin, n’ayant rien perdu de la scène, Claire regretta une nouvelle fois d’avoir emmené son esclave sur place. Certes elle l’aider à assurer sa couverture, deux personnes étant toujours moins suspecte qu’une seule, mais pour ce qui était de passer inaperçu, elle repasserait.
Et comme prévu, son petit coup d’éclat ne laissa pas la salle sans réaction. Vexé de s’être fait botter les fesses par une twi’lek, l’advozse appela à lui ses camarades de beuverie, se retrouvant bientôt encadré par plusieurs gros bras pressés d’en découdre. Reculant devant cette menace, doutant que sa maîtresse lève le petit doigt pour l’aider, Miha commença à reculer. D’abord lentement, prudemment, puis de plus en plus vite alors que ses agresseurs se rapprochaient, jusqu’à ce qu’enfin elle se retrouva dos au mur, sans espoir de secours.
— Fini de jouer petite ; jubila l’advozse d’une voix encore enrouée à cause du coup qu’il avait reçu. A présent il est temps que moi et mes amis ont t’apprenne les bonnes manières.
Jetant un dernier coup d’œil en direction de Claire, constant que cette dernière n’avait toujours pas bougé de son siège et révélé sa présence, Miha n’eut d’autre choix que de faire face. Sans grand espoir de victoire elle se mit pourtant en garde, levant ses poings pour faire face, sous les hurlements déchainés des clients.

Des hurlements qui furent brutalement interrompus lorsque la porte de la cantina s’ouvrit dans un claquement sec. Un silence assourdissant remplaçant la bruyante huée alors que tous avisaient les nouveaux arrivants avec une crainte respectueuse.

Ils étaient trois. Trois créatures humanoïdes, présentant quelques similarités avec la plupart des espèces de la galaxie : deux bras ainsi que deux jambes, et deux yeux aux pupilles dorées qui brillaient au milieu de leur tête.
Là s’arrêtait la ressemblance. Haut de deux mètres, ils arboraient tous les trois une peau blanche, qui s’étendait y compris sur les cornes qui terminaient l’arrière de leur tête, semblables à celles d’un bantha. Les ongles semblables à des griffes, et leur nez n’étant qu’une fente au milieu du visage, ils possédaient tous de longs tentacules qui partaient de leur crâne pour leur descendre jusqu’à la taille.
Mais ce n’était pas ce qui marquait le plus toute personne qui les voyaient pour la première fois.
Car tout autour de leurs bouches hérissées de croc, une chair rouge se laissait voir. Non naturellement, comme cela aurait pu être le cas, mais car la peau avait été arrachée de manière violente. Et après un rapide examen, d’autre marques pouvaient se laisser voir : des cicatrices à peine refermées provenant d’armes tranchante, des tentacules crâniens coupés, une orbite d’œil vide…trop de marques sur ces trois personnes pour laisser planer le doute. Incontestablement il s’agissait là de scarifications volontaires.

Et pourtant, malgré l’apparence repoussante de ces créatures, les clients de la cantina semblaient leur vouer un respect quasiment religieux. Si quelques-uns préférèrent battre en retraite, leurs visages marqués par la crainte, la plupart s’inclinèrent profondément devant les nouveaux arrivants. Même ceux qui faisaient face à la twi’lek préférant battre en retraite, retournant à leurs tables comme si de rien n’était.
Ignorant ces marques de révérence, inclinant simplement la tête en direction de l’assemblée, les trois K’tan continuèrent leur marche sans s’arrêter. Menés par le borgne du groupe, vraisemblablement leur chef vu le bâton surmontée d’une orbe lumineuse qu’il avait entre ses griffes, ils allèrent simplement prendre place au milieu des autres clients.

— Ils sont sacrément impressionnants, n’est-ce pas ?
Emergeant de ses observations, Claire tourna son regard pour se rendre compte que quelqu’un était venu s’installer à sa table. Un cathar à la peau blanche, dont l’œil gauche était barré par trois importantes marques de griffures, souvenir d’un combat féroce qu’il avait dut livrer autrefois.
— Mais moins stupide que vous, si vous pensez que je vais vous tolérer à ma table ; répondit froidement la jeune sith tout en dévisageant l’alien qui lui faisait face. Déjà son esprit se mettait en marche, analysant ses chances si cet étranger venait la provoque. Pourrait-elle l’emporter sans son sabre laser ? Sans la Force ? Vu la carrure assez banale de la personne en face de lui cela devrait être possible.
— Vous devriez essayer la liqueur de yarum, elle est excellente.
Stoppée dans ses réflexions, Claire papillonna quelques instants, observant d’un œil nouveau le cathar. Puis, convaincue qu’elle avait bien entendue, elle lui répondit la phrase-code.
— Je préfère normalement le vin, mais ici tout ce qu’ils servent est immonde.
Hochant la tête, marquant son approbation, le cathar se rapprocha de la jeune sith tout en baissant la voix, prenant soin de vérifier que personne ne les espionnait.
— Agent Ihax Son, des services secrets.
— Je savais que les services secrets employaient d’autres espèces, mais vous êtes bien le premier cathar que je croise au sein de cette division.
— Les services secrets ont jugés qu’un clan alien aurait moins de chance d’être suspecté. Malheureusement cela n’a pas servi à grand-chose ; ajouta le cathar en baissant le regard d’un air triste.
— Votre dernier rapport mentionnait que la situation commençait à devenir critique sur Aurélian. Que la religion prônée par les K’tan se développait rapidement, et que les citoyens commençaient à avoir des pensées séditieuses.
— Si seulement…la situation est devenue encore plus catastrophique depuis. Le culte a continué de se développer de manière exponentielle, et le gouverneur n’a rien fait pour les en empêcher. Mais le pire c’est qu’ils sont au courant de notre présence : j’ai perdu sept agents au cours de la dernière semaine, tous mystérieusement disparus sans laisser de traces. Deux d’en eux étaient mes frères…
Hochant lentement la tête, ne manifestant aucune trace d’empathie, Claire tâcha d’analyser calmement la situation. Si vraiment tout allait aussi mal, alors sa présence ici devrait dépasser le stade de la simple observation. Et cela ne lui plaisait pas vraiment.
— Cette cantina n’est pas l’endroit idéal pour un briefing. Menez moi à la planque, nous y établirons un plan d’action.
avatar
Claire Sazraêl
Admin

Messages : 749
Date d'inscription : 13/09/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le prix du pouvoir - Chapitre II

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:39

— Combien vous en comptez ?
— Trois en face de nous, plus deux autres sur les toits. Mais davantage peuvent se cacher : il y a tant de monde dans cette ville que cela rend toute localisation difficile.
Leurs voix à peine plus élevées qu’un murmure, circulant comme n’importe quel autre citoyen de la planète au milieu des rues étroites et des flaques de détritus qui jonchaient le sol, le cathar et la sith tâchaient de garder leur calme, faisant comme si de rien n’était. Mais cela n’était qu’une façade : dès l’instant où ils avaient quitté la cantina ils avaient senti que quelque chose n’allait pas, comme une sensation de malaise logé dans leur nuque. Chaque seconde qui passait ne faisant que renforcer cette sensation, pour finalement la transformer en certitude : on les observait. Et ceux qui prenaient tant de soin pour ne pas être vu n’étaient pas animés des meilleures intentions.

Ce ne fut donc pas une surprise lorsque trois personnes surgirent soudain d’une rue parallèle, venant leur interdire le passage. Deux humains à l’aspect miteux, portant encore sur eux leurs vêtements sales d’ouvriers, qui encadraient un K’tan. Un de ses êtres à la peau blanche, dont le visage lourdement couvert de cicatrice et l’ample bure d’un blanc immaculé venaient le distinguer de ses deux acolytes. Levant en direction de la sith le bâton qu’il tenait entre ses griffes, une arme surmontée par une statuette de marbre blanc représentant une femme dotée d’un sourire hérissée de croc qui allait bien au-delà de ses joues, remontant littéralement jusqu’à ses oreilles dans une représentation presque comique.
— Sith ; siffla le K’tan entre ses crocs d’une voix magnétique ; vous n’êtes plus la bienvenue ici. Partez immédiatement.
Dévisageant l’alien pendant une poignée de secondes, sentant dans la Force d’autres personnes hostiles se mettre en position sur les toits, Claire hésita un bref sur la conduite à tenir. Mais une autre perception dans la Force et put se détendre. Ouvrant son ample manteau qui claqua au vent, dévoila le sabre laser qu’elle gardait à la ceinture, retira la capuche qui avait dissimulé ses yeux orangés.
— Si vous savez qui je suis, alors vous savez également qu’on ne menace pas impunément un seigneur sith ; déclara-t-elle d’une voix chargée d’orgueil. Ecartez-vous, ou vous en subirez les conséquences.
Il était presque admirable de voir comment cela lui venait naturellement. Depuis ces quelques mois où elle avait essayé de refouler ses anciennes manières pour "jouer à la sith", les paroles et expression typique de l’ordre lui venaient de plus en plus naturellement. Au point que les deux humains commencèrent à reculer, le doute se lisant sur leurs visages devant la menace ouverte. Et seul l’expression imperturbable du K’tan leur donna le courage nécessaire pour rester.
— L’époque où vous dominiez ces personnes est révolu. Vous n’avez plus votre place sur cette planète à présent.
— Parce que bien sur vous n’êtes là que pour ça ; ironisa la jeune sith. Pour leur apporter la liberté, l’égalité et la richesse.
— Devant la grande Dame nous sommes tous égaux. Un concept que votre ordre est trop imbécile pour comprendre. Je me répète pour la dernière fois : quittez cette planète ou vous en subirez les conséquences.

Il n’y avait pas besoin d’en dire davantage, l’issue étant de toute façon inévitable. Jetant un coup d’œil vers le cathar à sa gauche, s’assurant qu’il était prêt pour ce qui allait suivre, elle fut rassurée en voyant la lueur de détermination briller dans ses yeux. Alors, sans un mot de plus, Claire dégaina soudain son sabre laser, se jetant en direction du K’tan une fraction de seconde avant qu’il n’imiter son mouvement.
A peine consciente des tirs qui commençaient à fuser entre son allié et les deux humains, chacun préférant un affrontement lointain au risque d’une confrontation au corps à corps, elle frappa d’un ample mouvement horizontal vers son adversaire, cherchant à clore rapidement le combat. Mais avant que le laser ne parvienne à faire son effet, le K’tan activa un dispositif dans son bâton qui se chargea aussitôt d’électricité, stoppant nette l’assaut de son adversaire.
* Un champ électromagnétique ? *
Surprise par ce retournement de situation, elle ne vit pas le coup suivant venir. Alors que l’alien rabattait brutalement son bâton sur elle, lui frappant le crâne avec la statuette en marbre. Sonnée, ce ne fut que par réflexe qu’elle parvint à se jeter en arrière pour éviter une autre attaque. Loupant sa réception, tombant à genou, elle avait l’impression que sa tête venait d’exploser.
— Vous êtes résistante ; siffla le scarifié, je dois bien vous l’accorder.
Poussant son avantage, le K’tan reparti aussitôt à l’assaut. Son bâton virevoltant rapidement entre ses mains, avec la grâce et l’efficacité d’un guerrier accompli, il frappa d’un violent mouvement vertical, cherchant à fracasser la tête de son adversaire. Mais l’effet de surprise était passé, et les quelques secondes de répit qu’il lui avait laissé allaient jouer une grande différence.
Se fiant à ses réflexes et à la Force bien plus qu’à ses sens, Claire roulant sur le côté, laissant le bâton n’enfoncer que le sol et non sa tête. Frappant en direction des jambes, sentant sa lame s’échouer contre l’arme adverse qui était brutalement revenue sur le côté, elle enchaina aussitôt avec une poussée de Force…qui vint s’écraser contre un bouclier.

* Egalement la Force ? *
N’ayant pas prévue une telle résistante, ayant perdue l’initiative de l’attaque, Claire eut tout juste le temps de se relever pour faire face à une nouvelle série d’assaut. Vif et rapide, maniant son arme avec la dextérité d’un maître, le K’tan frappa encore et encore. Ses attaques d’une rare violence faisant grincer les os de la Sazraêl à chaque parade, l’obligeant à reculer pour ne pas se faire submerger. A chaque nouveau coup un pas en arrière, et à chaque pas en arrière un nouveau coup. Si bien qu’elle se retrouva rapidement dos à un mur.
Poussant un sifflement de victoire, l’alien réorienta son bâton à l’horizontal, frappant de toute sa puissance en direction de Claire. Mais cela fut son erreur : trop concentré sur son assaut, voyant que la jeune sith n’avait aucun moyen d’esquiver, il en abaissa ses défenses l’espace d’une seconde. Tout juste ce dont elle avait besoin.
S’immergeant instantanément dans la rage et la peur qui parcouraient son esprit comme un poison, la jeune sith tendit son esprit vers le K’tan, agrippant dans la Force l’arme qui fonçait sur elle. Y mettant toute sa puissance, elle parvint ainsi à changer la trajection du bâton, qui se releva brutalement pour frapper bien au-dessus de sa tête, à la grande surprise de son possesseur.
Et une seconde de surprise était tout ce dont elle avait besoin.
Plongeant en avant, en sentie à peine une résistance alors que sa lame traversait le torse du scarifié de part en part, le tranchant littéralement en deux. Et alors qu’elle allait s’écrouler sur le sol, vidée par ce qu’elle venait d’accomplir, elle ne put voir le K’tan tomber à son tour, tué sur le coup par cet assaut.

Malheureusement, le combat n’était pas encore terminé.

— Excellence !
Percevant à peine la présence du cathar à ses côtés, comme si un voile était tomber sur le monde, elle devina au loin deux formes étendues sur le sol. Les deux humains qui s’étaient dressés avec le K’tan, et qui avaient payés de leurs vies cette erreur.
— Il faut partir, avant que d’autres n’arrivent.
— Je crains qu’il ne soit déjà trop tard pour cela.
Elle n’avait pas besoin de ses yeux pour voir, la Force lui suffisait pour sentir les choses. Pour percevoir que deux autres humains se positionnaient sur les toits, des fusils blaster entre leurs mains, venant pour venger le K’tan et leurs compagnons qui venaient de tomber.
— Bordel…qu’est-ce qu’on fait ?
— Pas de panique ; le rassura la Sazraêl ; j’ai déjà un plan en action.
Sans inquiétude, elle sentie les armes se tendre dans leur direction, percevant la menace qui se faisait de plus en plus pressante ainsi que la colère qui irradiait de ses deux humains. Et pourtant, elle ne ressentait elle-même aucune inquiétude : sa défense était déjà en place.

Surgissant d’une ruelle, un petit droide sphérique vint se positionner juste devant les assaillants. Surpris, ne sachant trop ce qu’on droide venait faire ici, ils ne comprirent que trop tard la menace. Ce fut seulement au moment où celui-ci leur envoya une rapide série de flash dans le visage, les aveuglants, qu’ils comprirent le danger qu’il représentait.
* Bien joué dix-sept *
Se permettant le luxe d’un sourire, Claire savait par avance ce qui allait suivre. Seul un fou ou un imbécile serait venu sans assurer ses arrières, or elle n’était ni l’un ni l’autre. Et avant que les deux humains puissent reprendre leurs esprits, ils furent chacun abattu. L’un par une vibro-lame qui le décapita d’un coup sec, manipulée par un rouquin solidement bâti, et l’autre par deux sabres laser rouge qui s’enfoncèrent dans sa poitrine avant d’être aussitôt rengainés, frappant le temps d’un battement de cil. Un mouvement d’une grande dextérité fruit d’une Togruta à la peau orangée, avec de grands tatouages blancs qui couvraient la moitié de son visage.
Kenntrav et Tsa’nuk. L’un était son garde, son ami du temps où elle était dans l’armée, et l’autre une sith que Kor’na lui avait laissé pour qu’elle lui serve de garde du corps. Deux personnes bien différentes qui pourtant avec acceptées sans sourciller d’agir dans l’ombre, surveillant ses arrières pendant qu’elle acceptait de devenir une cible.
Un pari risqué, mais qui s’était révélé payant.
— Et bien ; souffla la jeune sith en se remettant debout ; je crois que vous aviez raison : la situation est bien pire que je ne l’avais imaginé.
avatar
Claire Sazraêl
Admin

Messages : 749
Date d'inscription : 13/09/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le prix du pouvoir - Chapitre II

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:39

Peu importe dans quel sens elle la retournait, la chose était vraiment immonde.
Gravée dans un marbre blanc, avec une certaine grossièreté qui ne rendait pas honneur à ce support, la statuette représentait la plus vile chose que Claire n’avait jamais vu. Une femme, ou du moins ce qui devait ressembler à une femme, avec de longs cheveux qui descendaient en cascade le long de ses épaules. Rien de bien particulier à ce niveau-là, mais s’était davantage son sourire qui la mettait mal à l’aise. Un sourire presque parodique qui venait défier les lois fondamentales de la beauté et de la nature, s’étendant d’une oreille à l’autre en affichant une rangée de crocs. Tel un prédateur se réjouissant par avance du massacre de sa proie.
— Qu’est-ce que c’est que cette horreur ?
— De ce que nous avons réussi à comprendre, il s’agit de l’unique divinité de leur panthéon. Ils la nomment « la bien-aimée reine des étoiles » : une sorte d’entité millénaire dont ils espèrent le retour. Selon leur religion, tous les êtres sont égaux sous son regard : du plus humble des esclaves à l’Impératrice elle-même.
— Pas surprenant que cette religion ait autant de succès dans cette planète ; rajouta Claire en déposant la statue sur une table à côté d’elle, faisant tomber une pile de datapad qui vint s’ajouter aux nombreux appareils déjà présents sur le sol.

Dans cette petite planque des services secrets, dont la taille n’excédait pas seule d’un petit appartement, tout donner une impression de surcharge. Impossible de faire un pas sans écraser une feuille, un holofilm ou un reste de déjeuner. Sans parler des touffes de fourrures qui jonchaient allégrement le sol, résultat d’une équipe composée exclusivement de Cathar.
L’agent Son n’avait cependant pas menti sur ce dernier point : leurs pertes se faisaient cruellement sentir. Manquant cruellement d’effectif, l’équipe ne parvenait pas à traiter tous les rapports qui leurs parvenaient, encombrant rapidement leur petite planque de données non traitées.
— Leur religion ne m’intéresse pas, je ne suis pas venue ici pour trouver la Foi. Ce qui m’intéresse, et intéresse Darth Spaga, c’est de savoir s’ils représentent réellement une menace et comment faire pour ramener l’ordre ici.
— J’ai peur qu’il soit déjà trop tard pour cela…
La mine déconfite, le Cathar s’approcha de l’unique console holographique de la pièce. Pressant une série de bouton jusqu’à faire apparaître une série de diagrammes et de cartes dont le sens échappait totalement à la jeune sith.
— Je suis censée y comprendre quelque chose ?
— Pour résumer, nos dernières analyses laissent à penser qu’au moins un tiers des habitants se sont déjà convertis à leur religion. L’idée même d’une égalité sociale trouve un écho très favorable sur les planètes-forges comme Aurélian, et ces foutus K’tan ont à leur avantage d’avoir déjà une structure religieuse solide. A chaque jour qui passe de nouvelles grèves apparaissent, et on ne compte plus les collecteurs de la dîme impériale qui sont morts : les rares encore en vie ont préférés quitter la planète.
— Cette planète est sous le contrôle du gouverneur Trevor. Pourquoi ne fait-il pas intervenir la garnison pour ramener l’ordre sur la planète ?
— Tout laisser à penser que le gouverneur lui-même est devenu un adepte de leur religion : leur principal chef religieux est sous son hospitalité, et on les voit souvent ensemble.

En effet, la situation était bien plus grave que prévue.
Si même le gouverneur était sous le contrôle des K’tan, alors il n’y avait rien à espérer de la garnison de cette planète. Dans le meilleur des cas celle-ci ne prendrait pas partie, et dans la pire des situations elle irait se ranger aux côtés des nouveaux arrivants.
— Dites-moi que vous avez quand même une bonne nouvelle ; soupira la dame Sazraêl.
— Une seule ; répondit le Cathar en pressant une nouvelle fois les commandes de l’appareil holographique qui se mit à grésiller, montrant déjà des signes de fatigue. Mais un bon coup de pied plus tard et une nouvelle image apparue, nette, représentant le plan d’un vaste complexe.
— Il s’agit de leur temple sur cette planète ; précisa l’agent. Comme vous pouvez le remarquer ici, le temple est en réalité bien plus grand qu’on pourrait le croire de prime abord. Il s’agit d’une ancienne planque pour un cartel local, qui a creusé un vaste réseau souterrain sous le bâtiment.
— Enfin nous avançons ; soupira la sith. A quoi leur sert ce vaste espace ?
— Nous l’ignorons pour le moment. J’ai envoyé trois s’infiltrer dans la base, ainsi que deux autres pour se mêler aux fidèles. Mais les K’tan semblent avoir une bonne intuition, et ils ont été démasqués à chaque fois.
— Quand ce cas j’irais moi-même y jeter un coup d’œil.

Pas un sifflement de surprise, pas un mot pour tenter de la dissuader. Dès le moment où elle avait posé le pied sur cette planète, tous savaient qu’il faudrait plus bien que se tourner les pouces et observer la situation. En tant que sith il était de son devoir d’intervenir directement, et d’utiliser sa force de frappe pour restaurer la situation.
— Comment comptez-vous vous y prendre ?
— La meilleure façon serait de…
S’interrompant d’un seul coup, coupée dans sa phrase par le bruit de son comlink, Claire fit un petit signe de la main au cathar alors qu’elle s’éloignait de quelques pas afin de consulter le message qu’elle avait reçu. Un message qui valait la peine d’être lu.
— Tiens tiens…voilà qui risque d’être intéressant. Le gouverneur Trevor m’invite, mais je devrais plutôt dire qu’il me convoque, à le rencontrer directement dans son palais.
— Célà réssemblé à ùn piégé éxcéllence ; intervint Tsa’nuk avec son accent à couper au couteau.
— Je suis d’accord avec la Togruta excellence. Si le gouverneur est sous le contrôle des K’tan, comme nous le suspectons fortement, alors cela ne pourrait être qu’un prétexte pour vous assassiner.
— Je ne pense pas que le gouverneur ira jusque-là. S’il me fait tuer alors il sait que la colère de l’Empire s’abattre aussitôt sur lui, et que ses jours seront comptés. Non…ses intentions doivent être toutes autres. Et j’ai bien l’intention de découvrir lesquelles.
avatar
Claire Sazraêl
Admin

Messages : 749
Date d'inscription : 13/09/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le prix du pouvoir - Chapitre II

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:39

De tous les palais gouvernementaux qu’elle avait pu visiter durant sa vie, celui-ci se distinguait clairement des autres.
A chaque fois qu’elle avait pu entrer dans ce genre de bâtiment, en tant que soldat des opérations spéciales ou en tant que sith, un seul qualificatif lui venait toujours à l’esprit : luxueux. Chaque gouverneur essayant de démontrer la puissance de sa planète, et surtout la sienne, en étalant aux yeux de tous son immense richesse. Sur certaines planètes, des impôts exceptionnels avaient ruinés la population dans le seul but de construire un bâtiment aussi imposant que l’orgueil de son possesseur. Mais ici les choses étaient bien différentes.
Certes, le palais avait dû autrefois être impressionnant. Une bâtisse dont les dimensions n’auraient pas déplu à un hutt, ses nombreuses coupoles extérieures et ses statues de sith qui s’alignaient le long de vastes jardins donnant une idée de la richesse qui prédominant ici autrefois. Du luxe que le gouverneur Trevor déployait autrefois pour impressionner ses invités.
Les choses avaient bien changé depuis. Seule des statues brisées s’alignaient désormais, encadrant un jardin qui avait été sauvagement saccagé, comme si un jardinier fou avait décidé de retourner le moindre centimètre carré de terre. Envolées les belles coupoles garnies d’or : chacune n’arborait plus désormais que le triste visage d’un dôme salis et parfois couvert de trous, là où ceux qui avaient gratter pour retirer l’or avaient eu la main trop lourde.
Même les gardes ne présentaient plus qu’un sinistre visage. A la place des habituels soldats portant l’uniforme impériale, ce fut un groupe de va nus pieds qui se présenta devant elle, arborant guenilles et des fusils blaster mal entretenus, que même une milice aurait trouvée difficilement acceptable.
— Dame Sazraêl ; l’interpela l’un d’entre eux en remarquant son sabre laser ; le gouverneur vous attend.
— Je sais. Et vous êtes… ?
— Capitaine Malkor, du premier régiment libre d’Aurélian ; répondit ce dernier fièrement en tapant du poing contre son torse.
Ne cherchant pas à dissimuler sa surprise devant ce nom pour le moins évocateur, Claire sonda brièvement les autres gardes à la chercher de plus amples informations. Mais aucune trace de doute ne se laissait percevoir dans leurs esprits face à l’affirmation de leur "capitaine" qui venait quasiment d’affirmer l’indépendance de ce système face à l’Empire. Est-ce que toute cette planète était devenue complètement folle ?
— Je vais devoir vous demander de me remettre votre sabre madame. Le gouverneur…
— le gouverneur comprendra très bien ; répliqua la Sazraêl d’un ton sec. Et croyez-moi, la seule façon que vous prendrez mon sabre, ça sera directement dans votre corps.
Ignorant la menace des autres gardes, levant maladroitement leurs fusils blaster avec un manque d’expérience caractéristique, la sith se contenta d’observer le capitaine du regard. Sa main descendant vers son sabre montrant clairement qu’elle n’hésiterait pas à s’en servir contre eux, le défiant d’aller plus loin.

Et par chance, sa volonté de vivre était plus grande que sa loyauté envers ses ordres.

— Le gouverneur comprendra très bien ; confirma-t-il d’une voix ferme avec laquelle il essayait de sauver les apparences.
Retenant un petit rire moqueur, jugeant qu’il n’était pas nécessaire de presser encore sa chance, Claire hocha la tête alors que les autres gardes s’écartaient pour lui laisser le champ libre. Armée, elle put ainsi pénétrer dans le palais, suivit de près par un petit droide sphérique qui volait derrière son épaule.
+ Ce n’était pas très prudent maîtresse + réagit le droide une fois qu’ils furent loin des gardes + Ils auraient pu choisir de ne pas vous laisser rentrer. Surtout si le gouverneur est sous l’emprise de cette nouvelle race alien +
— Détend toi un peu dix-sept. Même si le gouverneur voulait me tuer, il ne prendrait pas le risque de le faire dans la périphérie de son palais. Mieux vaut pour lui que cela passe pour un accident, ou tout autre chose qu’il pourrait justifier devant l’Empire.
Malgré tout, une voix dans sa tête lui disait que le petit droide avait raison. Son propre raisonnement reposait sur la logique, mais tout ici semblait au contrairement démontrer que le gouverneur ne répondait plus à la logique. Alors qu’elle s’enfonçait dans le palais, chaque nouveau couloir présentait une scène plus inquiétante que la précédente.
Les statues de l’Empereur et de l’Impératrice avaient été jetées à bas, fracassées contre le sol pour être remplacées par des moulages grossiers représentants une femme au sourire étiré et aux longs cheveux. Occasionnellement des brasiers avaient été allumés devant ces statues, voyant se presser des adeptes qui psalmodiaient un hymne envoutant. Des brasiers au sein desquels on pouvait encore voir bruler le drapeau impérial.
+ Je n’aime pas ça maîtresse. Ces personnes ne semblent pas réaliser la gravité de leurs actes. +
— A moins qu’ils soient prêts à en subir les conséquences…commence à faire chauffer tes routines de combat, et reste en alerte.
Pressant le pas, Claire traversa rapidement les couloirs tout en s’immergeant petit à petit dans la Force. Laissant la colère devant de telles profanation, et la peur pour sa propre vie, alimenter son propre pouvoir. Se guidant grâce au murmure de la Force dans son esprit, elle parvint finalement jusqu’à la salle de réception, écartant sans ménagement les deux derniers gardes qui tentèrent de lui barrer le passage avant de pénétrer dans le lieu, sa main déjà quasiment collée à son sabre laser.

— Dame Sazraêl ! Je vous en prie, joignez-vous à nous.
De tous les accueils auxquels elle s’était attendue, celui-ci figurait en bas de sa liste. Le ton léger du gouverneur, ainsi que ses paroles de bienvenues, rompant radicalement avec l’ambiance qui régnait dans le palais.
Pourtant, même en ce lieu, rien n’était pas pour la rassurer sur les nouvelles orientations de cette planète. Ici, plus que dans tout autre endroit du palais, se pressait une foule d’adorateurs qui priaient leur nouvelle déesse. Disposés en une multitude de petits ilots, chantants devant d’immondes statues ou, plus surprenant encore, devant de simples graffitis apposés à mêmes les murs, leur présence venait renforcer l’impression de chaos qui émergeait de ce lieu.
Pourtant, ce ne fut pas cela qui attira le regard de la jeune sith, mais le gouverneur lui-même. Assis sur les marches qui menaient autrefois à son trône, ce dernier gisant brisés au même titre que les riches statues qui autrefois l’encadrait, il ne portait sur le dos qu’une légère tenue qui aurait mieux convenue à un esclave qu’à un gouverneur. Le visage marqués par de nombreuses entailles, dont certaines n’avaient pas encore cicatrisées, son corps paraissait pourtant en bon état comparé aux trois K’tan qui l’encadraient.
Si pour deux d’entre eux les scarifications se limitaient à quelques tentacules tranchés et de longues cicatrices qui ravageaient leurs visages, cela n’était pas le cas du plus grand d’entre eux. Sur son torse mit à nu on avait gravé au couteau le même visage que Claire pouvait voir sans cesse, le sourire élargit n’en devenant que plus perturbant maintenant qu’elle le voyait dessiner à même le corps. Tenant un bâton dans son unique main, son bras gauche ayant été amputé en dessous du coude, il tourna ses orbites vides en direction de la jeune femme qui s’approchait lentement d’eux, un sourire ensanglanté montant sur ses lèvres arrachés.
— Dame Sazraêl ; siffla la créature avec une langue de serpent qui avait été fendue en deux sur toute sa longueur ; j’ai beaucoup entendu parler de vous.
— Dans ce cas, vous devez connaître les raisons de ma présence dans ce système.

Inutile de faire semblant plus longtemps. S’assurant une dernière fois que dix-sept était toujours prêt à intervenir, ce qu’il lui confirma par un petit signal lumineux, la jeune sith vint se caller devant le gouverneur. La main sur le sabre laser et ses yeux orangés posés sur lui, dans une posture qui se trouvait être volontairement aggressive.
— Gouverneur Trevor, Darth Spaga de la 9ème flotte impériale m’envoie afin d’enquêter sur les nombreuses irrégularités de cette planète vis-à-vis de la dîme impériale dut à Sa majesté, l’impératrice Acina. En fonction de votre réponse, je prendrais la liberté ou non de vous maintenir dans votre statut actuel de gouverneur.
S’était du bluff bien sûr, une menace à peine voilée laisser croire qu’elle avait déjà avec elle une force suffisante afin de soumettre cette planète. Mais pendant un temps cela sembla fonctionner : comme s’il avait été frappé par un coup de fouet le gouverneur se recroquevilla sur lui-même, perdant d’un seul coup sa bonne humeur face aux paroles agressives de la sith. Et sans doute cela aurait-il suffit, s’il n’avait pas eu ses nouveaux alliés. Faisant un pas en avant, allant se placer juste à côté du gouverneur, le K’tan aveugle répondit aux accusations avec un sourire plein de mépris, tel un parent patient devant les caprices de son enfant.
— Inutile de se montrer si agressive, dame Sazraêl. Pour répondre à votre question, la dîme a déjà été dépensée afin d’aider les pauvres de cette planète. De même que toutes les richesses que votre Empire avait si généreusement laissé à la disposition du gouverneur.
— Vous n’aviez aucun droit de disposer de cet argent : il appartient à l’impératrice, et à elle seule.
Invoquer le droit en pareille circonstance était une défense bien fragile, elle le savait bien, mais il s’agissait aussi d’une des rares options qui lui restait encore. Loin d’être impressionné par ses menaces, le K’tan se contenta d’élargir son sourire bardé de crocs.
— Je pense au contraire que votre impératrice se réjouira en apprenant comment nous avons utilisé cet argent pour le bien des Auréliens. Après tout, quel genre de monstre serait prêt à laisser son peuple mourir de faim ?

Maintenant elle comprenait pourquoi ces créatures avaient eu un tel succès sur cette planète. En détournant les crédits de la dîme pour les distribuer aux habitants, ils s’assurer ainsi non seulement l’adhésion de la population, mais aussi l’affaiblissement de la position impériale sur place. Le coup saupoudré de ce qu’il fallait de légalité, grâce au gouverneur, et de religiosité. Si cela n’avait pas été utilisé contre l’Empire elle aurait presque put admirer la manœuvre.
— Ce n’est pas à moi de deviner ce que souhaite, ou ne souhaite pas l’impératrice. Et ne croyez pas que je vais rester les bras croisés pendant que vous utilisez la misère de ces personnes pour vos propres objectifs.
— Amusant ; siffla le K’tan en descendant les quelques marches qui le séparait de la sith. Son bâton cognant lourdement contre le sol, se répercutant en écho alors qu’un silence de mort était tomber sur la salle. Même les adorateurs avaient cessé de psalmodier, abandonnant leurs rituels pour observer le duel mental qui se jouait entre les deux êtres.
— Et qu’est-ce qui est amusant ? demanda Claire sans quitter la créature du regard, le voyant se glisser lentement sur le côté, sa façon de bouger son corps faisant penser à un serpent entrain d’enrouler sa proie.
— Vous. Vous venez ici, proférant des menaces et des accusations, nous reprochant les pires crimes comme si vous étiez innocente. Mais tous ici nous avons entendu parler de vous ; déclara-t-il en écartant brutalement les bras pour embraser l’assembler ; et de ce que vous avez fait pour parvenir à votre position. Dites-moi, dame Sazraêl,…vous arrive-t-il de penser à elle ? A cette enfant que vous avez vendue en échange d’un peu plus de pouvoir.
Ecarquillant les yeux, ne parvenant pas à dissimuler sa surprise en se voyant rappeler cet épisode, Claire ne put rien répliquer, son esprit se retrouvant comme figée alors que des souvenirs lui remontait en mémoire.
Aya…elle s’appelait Aya. Une gentille petite enfant aux cheveux bruns et sales. Et deux grands yeux bleus qui observaient sans cesse avec curiosité cette galaxie qu’elle ne connaissait pas. Deux grands yeux qui avaient hurlés de douleur quand elle avait tué Lazna juste devant elle, séparant sa tête du reste de son corps.
— Vous voyez dame Sazraêl ; continua le K’tan dans un sourire amusé ; vous et votre Empire êtes bien moins innocent que vous voulez le faire croire à cette planète. A présent je vous conseille de partir d’ici, vous ainsi que la bande de cathar qui vous sert d’agents. Quitter cette planète et ne revenez pas : les sith ne sont plus les bienvenus ici.
avatar
Claire Sazraêl
Admin

Messages : 749
Date d'inscription : 13/09/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le prix du pouvoir - Chapitre II

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:40

La nuit était déjà bien avancée, lorsque le doute commença à le saisir.
Au début ce n’était rien d’autre qu’un bruit. Un petit écho lointain qui le fit à peine frissonner, mettant ses sens en alerte une poignée de secondes avant qu’il ne se relâche finalement, convaincu que ce n’était rien. Mais bien vite un autre son suivit, le bruit étouffé d’une masse tapant contre quelque chose de mous, suivit par le son de quelque chose qui s’effondrait sur le sol. Ce fut à ce moment qu’il commença réellement à se dire que quelque chose ne tournait pas rond.
Empoignant son fusil blaster, espérant y trouver un sursaut de courage, le garde s’avança à travers les couloirs sombre du palais gouvernemental. Seuls les quelques torches qui continuaient de bruler devant les statues lui fournissant un semblant de lumière, le crépitement des flammes étant le seul hymne qu’on pouvait entendre à la gloire de la nouvelle déesse, maintenant que les fanatiques étaient tous rentrés chez eux prendre quelques heures de repos.
Offrant silencieusement une prière à la bien aimée reine des étoiles, l’homme continua sa progression dans les allées du palais, avançant en se fiant uniquement à la lumière de sa lampe torche qu’il gardait en main. Et il ne lui fallut que quelques minutes avant de voir ses craintes se trouver confirmées, lorsqu’au détour d’un couloir il découvrit une forme étendue sur le sol, un trou encore fumant au milieu des omoplates.
— Arkos ! »
Se précipitant en direction de son camarade à terre, oubliant toute prudence l’espace de quelques instants, le garde n’eut pas le temps de regretter son erreur. Ce fut à peine s’il entendit le bourdonnement sinistre dans son dos avant de se retourner face à cette menace, apercevant tout juste le laser rouge avant que ce dernier ne lui traverse le cœur, le tuant sur le coup.

— Est-ce que c’était bien nécessaire ? Je pensais que tuer des impériaux vous serait plus difficile. »
— Ces personnes ont tournées le dos à l’Empire, Miha. De moins point de vue, ils ne valent guère mieux que les républicains. »
Capitulant, sachant qu’il était inutile de discuter avec sa "maîtresse", la twi’lek à la peau rouge se contenta d’un soupire très bruyant afin de marquer sa désapprobation. Se baissant pour ramasser le communicateur sur le corps sans vie du garde, une élémentaire précaution, elle put observer du coin de l’œil une nouvelle silhouette se dessiner lentement dans l’ombre.
— Là zoné est dégàgé dàmé Sàzràêl. » déclara la togruta avec son habituel accent à couper au couteau, massacrant le basic.
— Parfait Tsa’nuk. » approuva Claire en hochant la tête, rengainant son sabre laser d’un mouvement rapide et ample « Surveillez nos arrières, et assurez-vous que personne ne viendra nous déranger. »
Abandonner le maître d’arme et foncer tête baisser ? Cela ne lui plaisait pas spécialement, mais Miha n’osa pas protester devant les ordres, sachant par avance que la Sazraêl demeurerait soudre à ses remarques. Si l’inverse pouvait être vrai, alors toute cette opération n’aurait même pas vue le jour.
Après la défaite qu’elle avait subi dans le palais du gouverneur, la sith aurait normalement dû capituler, et quitter la planète en comprenant que sa mission était vouée à l’échec. Mais loin d’adopter cette attitude raisonnable elle avait au contraire choisit de persévérer, décidant d’infiltrer le palais gouvernemental à la faveur de la nuit.
— Je pensais que les aliens étaient installés dans un entrepôt à l’extérieur du palais » murmura la twi’lek tout en avançant juste derrière Claire « Alors pourquoi venir ici, dans le lieu le plus sécurisé de la planète ? »
— A l’époque de la pègre le gouvernement était totalement corrompu… »
— Les choses ont tellement changées… »
— …et un réseau reliait directement la cache de l’entrepôt au palais » poursuivit Claire sans prêter attention à la remarque. « Les K’tan ne sont pas des imbéciles : ils s’attendent à nous voir passer par l’entrepôt ; cela leur donnerait la parfaite occasion pour nous éliminer sans faire de vagues. Mais en passant par ici ils ne s’attendront pas à notre venue. »

Soupirant à nouveau, la twi’lek ne fut guère convaincue par l’argumentaire de la sith. Par plus qu’elle ne l’était par leur progression effroyablement lente au sein de ces couloirs, la blonde s’arrêtant à intervalle régulier pour fermer les yeux, diminuant alors le rythme de sa respiration. Cela, lui avait-t-elle expliqué dans un de ses rares moments de patience, afin de sonder la présence de toute personne dans la Force.
Encore une de ces sorcelleries employées par les jedi et les sith. Mais pour ce qu’elle en savait, leurs tours de passe-passe avaient leurs limites et ne les rendaient pas infaillibles. Dans le cas contraire ils n’auraient été des centaines à mourir sur les champs de bataille durant la précédente guerre.
— Il y a trois gardes devant nous. » déclara Claire qui s’était de nouveau arrêtée « Ainsi que deux tourelles automatisées de défense si j’en crois le plan. » ajouta-t-elle après avoir consulter un petit holo.
— On ferait mieux de prendre un autre chemin dans ce cas : une telle défense risque d’être trop difficile à passer, même pour une sith. »
— Il n’y a pas d’autres chemin : ils sont juste devant la porte qui mène au sous-sol. Il faut passer par là ou bien renoncer. »
Renoncer ? Elle aurait volontiers appuyé cette idée s’il y avait eu la moindre chance de voir la sith se ranger à cette solution. Il y avait cependant peu d’espoir : après quelques mois passés en tant qu’esclave au service de la maison Sazraêl, elle savait que sa jeune maîtresse refuserait d’abandonner. La connaissait elle préférait encore foncer tête baissée, quitte à les sacrifier toutes les deux.
A moins que…
— Il y a un poste de garde non loin ? »
— Trois couloirs plus loin » répondit Claire en consultant à nouveau le holo. « Pourquoi ? »
— Menez moi là-bas, et vous verrez. »

Ce n’était certes pas son meilleur argumentaire. Et pendant un moment il lui sembla la sith allait simplement l’envoyer sur les roses avant d’ordonner une charge contre la porte si lourdement gardée. Mais finalement la curiosité, ou peut-être véritablement son instinct de Force, la convainquit du contraire. Abandonnant leur position non sans lâcher un soupire elle conduisit son esclave à travers le vaste dédale de couloir, continuant de s’arrêter à intervalle régulier afin de sonder la Force. Une poignée de minutes plus tard et les deux furent devant une vaste porte blindée, dont l’entrée était contrôlée par une petite console juste à côté.
— Et maintenant ? Je n’ai pas les codes d’accès, et découper cette porte au sabre laser leur laissera amplement le temps de donner l’alerte. »
Dans son esprit, il était évident que le plan de la twi’lek tombait ici à l’eau. Qu’elle reconnaîtrait humblement son erreur et accepterais de rebrousser chemin devant cette difficulté. Mais elle n’en fit rien.
Jouissant au contraire de cette situation, de la position de supériorité que cela lui conférait par rapport à la sith, Miha se contenta de répondre par un petit sourire énigmatique. Avançant en direction de la porte blindée, elle connecta la console à son propre datapad, ses doigts se mettant aussitôt à pianoter sur le clavier avec une dextérité admirable.
— Qu’est-ce que tu fais ?! » demanda Claire dans un murmure partagé entre l’agacement et l’incompréhension.
— Je pirate la porte. Tenez-vous prête, elle va s’ouvrir. »
— Quoi ? Mais qu’est-ce que… »
Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase. S’ouvrant d’un seul coup devant elle, remontant dans son encadrement, la porte désormais absente révéla le poste de garde. Une petite pièce de quelques mètres carrés à peine, les murs couverts d’écrans qui affichaient le périmètre extérieur du palais, laissant à peine la place pour les deux chaises sur lesquels étaient avachis deux gardes qui somnolaient une demi-seconde auparavant.
Le bruit de la porte qui s’ouvrait les avait réveillés en sursaut, la brume de leur réveil brutal engourdissant leurs esprits et leurs corps, les laissant tout aussi surpris que Claire. Mais elle avait la Force, et des réflexes forgés dans les feux de la guerre, alors qu’eux n’étaient que des miliciens mal entrainés.
A l’instant même où ils firent le mouvement en direction de leurs armes, elle-même s’était déjà mise en mouvement. Bougeant alors que sa lame commençait tout juste à s’allumer elle frappa d’un ample mouvement diagonal, fauchant le premier garde qui s’écroula raid mort sans même un hurlement de douleur ou de surprise. N’y prêtant pas attention, Claire ramena brutalement sa lame en haut, contrant in extremis un tir qui fusait vers elle. Percutant le sabre, le rayon fut aussitôt renvoyé à son expéditeur, creusant un trou fumant au milieu de sa poitrine qui le tua sur le coup, éliminant la menace.

Malgré cela, Claire refusa d’éteindre son sabre. Entendant l’écho du tir résonner dans le couloir elle demeura en position, ses yeux fermés afin de sonder la Force à la recherche de garde alertés par le tir. Et ce fut seulement après quelques secondes, lorsqu’elle fut convaincue qu’aucune nouvelle menace n’émergerait, qu’elle put enfin se détendre. Désactivant son sabre laser avant de se tourner en direction de la twi’lek, faisant des efforts considérables pour continuer de murmurer et non lui hurler dessus.
— Bordel, mais qu’est-ce que c’était que ça ? Tu veux nous faire tuer ou quoi ?! »
— Je savais que vous parviendriez à vous en sortir » répondit Miha d’une voix légère tout en se dirigeant dans le poste de garde, ignorant le regard furieux de la sith. Branchant à nouveau son datapad contre la console centrale qui commandait l’ensemble, se mettant à pianoter rapidement dessus.
— Depuis quand possèdes-tu des capacités de pirate informatique toi ? »
— Depuis toujours. Vous n’avez simplement jamais pensé à me poser la question. »
Frémissant devant sa propre audace, craignant l’espace d’un instant d’avoir poussé sa chance trop loin. Mais contre toute attente, sa maîtresse ne se mit pas en colère. Au contraire, la réflexion lui arracha un petit sourire tandis qu’elle se penchait vers la twi’lek, observant son travail.
— Tu penses pouvoir désactiver les tourelles ? »
— Leur sécurité informatique est tellement archaïque que cela en est honteux. Laissez moi deux minutes et je pourrais même en prendre le contrôle. »
— Et ainsi neutraliser les gardes… » compléta Claire, visiblement impressionnée. « Parfait. Vraiment parfait. »
Parfait, certes, mais pour qui ? Ce qu’elles allaient découvrir dans ce sous-sol demeurait inconnu, mais il y avait fort à parier que les K’tan n’allaient pas apprécier de les voir fouiller dans leurs affaires.
Et tout en prenant le contrôle du réseau de sécurité Miha se demanda pour la première fois, mais pas la dernière, si elle n’était pas entrain de commettre une grossière erreur.
avatar
Claire Sazraêl
Admin

Messages : 749
Date d'inscription : 13/09/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le prix du pouvoir - Chapitre II

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:40

La première chose qu’elle remarqua, ce fut l’odeur.
Une odeur effroyable de produits chimiques et de cadavres en décomposition qui vint lui agresser les narines, lui soulevant le cœur et lui tournant la tête. Nauséeuse, la jeune femme dut prendre quelques instants afin de se ressaisir, prenant appui sur l’un des murs en pierre noire qui encadraient l’endroit, si long que la lumière blanche artificielle ne parvenait pas à les éclairer jusqu’au bout.
— Bon sang, qu’est-ce que c’est que cette odeur ? »
Arrivant à son tour dans cette pièce, ayant vérifié que les deux gardes en haut de l’escalier étaient bien morts, la twi’lek fut moins résistante que sa maîtresse. Quelques secondes seulement et son estomac rendit tout ce qu’il avait ingurgité depuis les derniers jours, rajoutant son lot de dégoût à l’endroit.
— Pour être honnête, je n’en ai pas la moindre idée. » articula lentement Claire tout en observant la pièce. De tout ce qu’elle avait envisagé de trouver, ceci figurait certainement tout en bas de sa liste.
Au lieu d’un temple secret plein de torches crépitantes, ou d’une base d’opération remplie d’holo-cartes, cet endroit ressemblait davantage à un hôpital. Avec ses innombrables cuves qui s’étendaient à perte de vue, leurs parois givrées par le souffle régulier des unités de congélations disposées au plafond. Avec ses consoles tout aussi nombreuses, chacune reliées à une cuve différente afin d’en vérifier les niveaux, comme elles l’auraient faite si un patient était à l’intérieur, guérissant de ses blessures grâce à un bain de kolto.
A dire vrai, si ce n’avait pas été cette odeur de putréfaction, Claire aurait sans doute crue qu’il s’agissait vraiment d’un centre pour soigner les malades. Mais aucun hôpital, même le plus immonde, n’aurait laisser une telle odeur se propager. Il y avait autre chose, quelque chose de bien moins avouable.

— Surveille mes arrières Miha, je vais aller voir. »

Prenant son sabre laser en main, se tenant prête à allumer la lame, la sith s’engagea en avant. Le pas léger, progressant aussi discrètement que possible, elle avança tout en sondant l’endroit avec la Force, cherchant des traces de vie. Et à sa grande surprise, plusieurs échos vinrent lui répondre. Certains très faibles, aussi vivants que des embryons dans le ventre de leur mère, et d’autres au contraires extrêmement vivaces, semblants rugirent comme une bête sauvage qu’on aurait par mégarde réveiller.

Qu’est-ce que c’était que cet endroit ?

Prenant son courage à deux mains, elle décida finalement d’en avoir le cœur net. S’approchant d’une des nombreuses cuves, choisissant celle qui se trouvait être la plus proche, la jeune femme posa son gantelet griffu sur le verre glacé, effaçant d’un geste la pellicule glacée qui dissimulait son contenu. Et presque aussitôt elle regretta son geste.
La créature, car il ne pouvait y avoir d’autre mot, qui se trouvait à l’intérieur était l’une de choses les plus repoussantes qu’elle avait jamais vu. Un amas uniforme de chairs roses rassemblés en deux sphères faisant chacune une vingtaine de centimètres de diamètre, ondulants comme si aucune structure osseuse ne venait stabiliser leur forme. De l’une de ses deux sphères partaient deux petits appendices, trop petits et trop fins pour parler véritablement de bras, ressemblants plus à des petits filaments qu’on aurait greffés là.
A dire vrai, la seule chose qui permettait de qualifier cet ensemble uniforme de « créature » était la partie supérieure du corps, la seconde sphère de chair au milieu de laquelle était planté un œil aveugle, surmontant de peu une mince entaille qui ressemblait de loin à une bouche. Quant à savoir si une telle chose était animée d’un esprit, rien n’était moins sûr.

— Par la Force… » murmura doucement la jeune femme en reculant devant cette horreur. « Comment une telle créature peut-elle… »
— Xihho if, no ted'k xulo misx kamo. »
Sursautant de surprise, la sith plongea par réflexe derrière la cuve. Juste à temps : quelques secondes plus tard et trois personnes firent leur apparition. Trois personnes que, maudit soit son faible entrainement, elle n’avait pas perçu comme des êtres extérieurs aux cuves. Attendant quelques instants, elle passa lentement la tête par-delà le rebord de la cuve, observant les nouveaux arrivants. Des K’tan, tous les trois vêtus d’amples tenues blanches tâchées de sang, semblables à celle qu’aurait porté un chirurgien fou dans un film d’horreur.
Un-œil, une-corne, une-main. Voilà les noms qu’elle leur donna instinctivement, en référence à leurs différences les plus notables. Lourdement scarifiés, comme tous ceux qu’elle avait pu croiser pour le moment, ils s’étaient arrêtés devant l’une des cuves que rien ne distinguait en apparence. Tenant entre leurs griffes des datapad, hormis une-main qui serrait dans son unique poigne un long bâton au pommeau sculpté sous la forme d’une femme avec un large sourire malsain, ils conversaient dans leur langue natale.
— Nxuk aj xaj jkukio ? »
— Weet. Kxo colocj uho jkurco, udt xo aj houto ke vawxk. »
Ecoutant leur langue sifflante, Claire réalisa rapidement qu’elle ne parviendrait pas à en comprendre le moindre élément : trop de différences existaient avec le basic, ou n’importe quelle autre langue qu’elle connaissait. Cependant, cela ne signifiait pas qu’elle ne pourrait rien en retirer. Pour le moment le trio lui tournait le dos, trop occupés par leur inspection de la cuve pour réellement lui prêter attention. En agissant rapidement elle pouvait encore les surprendre, et en capturer un pour obtenir des informations.
Mais bien sûr, les choses ne pouvaient jamais être aussi simples.

— Nxuk aj kxuk ? »
D’un seul coup, les trois K’tan orientèrent leurs regards vers le fond de la pièce, et la personne qui venait de rentrer dans leur champ de vision. Miha ! Comme une idiote elle avait totalement négligée la twi’lek, celle-ci s’étant imprudemment avancé sans se douter que trois ennemis se trouvaient dans ce lieu apparemment désert.
Se retrouvant sur des charbons ardents, la jeune sith n’eut d’autre choix que de réagir promptement. Bondissant de sa cachette comme un diable de sa boite, elle se jeta sur les trois aliens encore hébétés par cette soudaine intrusion. Se baissant pour esquiver le jet d’un datapad, une bien mince défense face à son assaut, elle alluma son sabre laser tout en frappant une-corne qui s’effondra sans même un hurlement de douleur, une trainée brûlante sur le torse.
Mais ce fut là tout ce qu’elle put faire. Devant battre en retraite face à l’assaut d’une-main, évitant de peu un coup de bâton qui aurait dut lui fracasser le crâne comme un fruit mur, Claire vit un-œil presser frénétiquement une série de touche sur la console. Un instant plus tard et le liquide transparent s’échappa de la cuve par de multiples orifices, révélant la créature qui s’y trouvait.
avatar
Claire Sazraêl
Admin

Messages : 749
Date d'inscription : 13/09/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le prix du pouvoir - Chapitre II

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:41

Le sabre laser toujours en main, levé à la verticale pour faire face à une-main qui faisait virevolter son bâton en guise de devant, Claire pouvait observer avec horreur la créature émerger de sa cuve. Briser de son poing le verre avant même que le liquide n’ait fini de s’évacuer, s’échappant si violemment de son cocon qu’il tomba à la renverse sur le sol, s’effondrant au milieu des éclats de verre et du liquide fumant.
Comment décrire une telle créature ? Peu importe où elle posait son regard, la sith avait l’impression de contempler une vision d’horreur, tout droit sortie des cauchemars d’un enfant. Haute de deux mètres cinquante au moins, possédant une corpulence tout en muscle à l’égale de sa haute, la créature ne ressemblait à rien de ce qu’elle avait pu voir durant sa vie. Sa peau d’un violet maladif semblait trop petite pour son corps imposant, ayant craquée à plusieurs endroits pour relever la chair noire qui existait en dessous. Du même noir que les griffes et les crocs dont il était pourvu, lui donnant l’apparence d’une créature sauvage, que la forme allongée de son crâne ne faisait que renforcer.
Mais un simple coup d’œil suffisait à comprendre qu’il ne s’agissait pas là d’une œuvre naturelle : aucune créature ne serait née ainsi, avec deux yeux blancs aveugles, ne lui laissant que la fente qui lui servait de nez pour repérer son environnement. Et jamais la nature n’aurait conçu un être dont le bras gauche avait été remplacé par deux longs appendice chacun terminés par des dards, semblables à des queues de scorpions.

— Bordel de m.… » commença à articuler la jeune femme, oubliant pendant une seconde qu’elle était déjà en combat. Saisissant cette opportunité, une-main se jeta à sa rencontre, faisant virevolter son bâton afin de lui faire gagner de la vitesse avant de l’abattre en diagonal d’un coup sec, cherchant à fracasser le bras de son adversaire.
Et cela aurait pu fonctionner si la sith avait manquer de réflexe. Il n’en fut rien : agissant instinctivement, Claire concentra la Force au creux de son poing avant de la déchainer en direction du K’tan qui fut balayer comme une feuille morte. Filant à travers la pièce pour finalement s’écraser contre la créature qui gisait encore à terre, la percutant avec autant d’effet que s’il avait percuter un mur.
— Raksx ! » siffla l’alien sur un ton qui ne laissait guère de doute quant au sens de ce mot. Une lueur folle brillant dans son regard il se releva rapidement, ses doigts se refermant sur son bâton…avant de le lâcher lentement, vider de leurs forces.
Agissant enfin, la créature avait frapper dans le dos. L’un des appendices qui remplaçaient son bras gauche transperçant son créateur au niveau du torse, le soulevant avec autant de facilité qu’il l’aurait fait avec un enfant. Le portant sans cesse plus haut, prolongeant son agonie, alors que lui-même se mettait lentement debout, tournant son regard aveugle en direction de Claire.
— Bacc xoh ! » rugit un-œil, le dernier des K’tan encore en vie, à l’adresse de sa créature « Bacc xoh ! »

Se mettant en garde, levant son sabre laser en direction de la créature dans l’attente de sa charge, la Sazraêl observa avec inquiétude l’être se dresser sur ses deux pas, constatant que ses genoux se pliaient dans le mauvais sens. Ce qui ne pouvait signifier qu’une seule chose…
Comprenant au dernier moment le danger devant lequel elle se trouvait, Claire eut tout juste le temps de réagir, bougeant à l’instant même où les genoux de la créature se dépliaient d’un seul coup, l’emmenant d’un seul bond prodigieux droit sur sa cible. Mais lorsqu’il toucha terre, ce fut le sol et non la sith qui se retrouva écrasé sous son poids, celle-ci ayant eu le temps de bondir en arrière pour éviter le coup mortel.
Sans attendre, elle se lança en avant, utilisant la Force pour accélérer sa propre vitesse. Répondant à cette contre-attaque, la créature fendit l’air de son appendice au bout de laquelle pendait encore le cadavre du K’tan. Ralentit par ce poids mort, l’assaut fut facilement esquivé par la sith qui se contenta de faire un pas sur le côté, laissant le membre lui passer devant le corps avant d’abattre sa lame rouge d’un coup sec.
Clapissant de douleur, comme un chien qui aurait reçu un coup, la créature se replia. Penchant son imposant corps en arrière avant de bondir, mettant quelques mètres de distance entre lui et la sith. Une retraite bienvenue, mais Claire n’était pas assez stupide pour croire que le combat allait s’arrêter là : la rage de la créature était si intense qu’elle en devenait palpable, continuant de grandir à chaque seconde qui s’écoulait. Pour le moment elle s’était repliée, surprise par la contre-attaque, mais cela ne durerait pas.

— Bacc xoh ! » intima de nouveau un-œil à son monstre, demeurant prudemment en retrait loin de l’affrontement.
Répondant à l’injonction, le monstre chargea Claire dans un hurlement bestial, avançant à une vitesse prodigieuse en faisant une série de petits bonds qui le portèrent devant son adversaire en a peine quelques secondes. Tout juste le temps pour la sith de préparer sa contre-attaque, tournoyant sur elle-même afin de se replier avant de bondir en avant, sa lame rouge fendant l’air en visant le cœur de son ennemi.
Mais ce dernier n’était pas aussi stupide qu’il en avait l’air. Agissant par instinct, ou grâce à une certaine intelligence dont il était finalement doté, la créature bondit en arrière pour éviter l’assaut, allant se placer juste à côté de son appendice qui trainait sur le sol, le cadavre du K’tan toujours empaler dessus. Et avant qu’elle ne puisse réagir ou comprendre ce qui se tramait, le cadavre lui fonçait dessus à toute vitesse, balancée avec force par la créature. Trop fort pour que le maigre bouclier qu’elle leva à la hâte puisse faire grand-chose.
Percutée de plein fouet, sentant ses pieds se soulever du sol et sa main lâcher son sabre, elle fut proprement éjectée de plusieurs mètres en arrière, finissant sa course contre l’une des cuves qu’elle fracassa au passage. S’écroulant dans un amas de verre brisé et de chairs uniformes qui remuaient dans un petit couinement, tel des êtres à peine formés ne pouvant attendre que la mort. Tout comme elle.

— Bordel… » gémit-t-elle tout en se forçant à émerger de la confusion dut au choc, sentant chaque cellule de son corps lui hurler qu’un danger approcher rapidement.
Et en cela son instinct ne la trompait pas. Bien décidé à en finir la créature poussa un rugissement bestial avant de foncer tête baissée, sa main droite bardée de griffes s’élevant devant, prête à déchiqueter son adversaire désormais impuissante. Sans doute y serait-elle parvenue, si deux tirs n’avaient pas soudain surgis face à lui, creusant deux trous fumants au sein de sa peau violette. Entrant enfin dans la danse, Miha venait de faire feu en direction de la créature, stoppant son avancée. Mais uniquement pour se rencontrer sur cette nouvelle menace, lui faisant aussitôt regretter son geste.
— Et merde… » murmura-t-elle alors que la créature tournait son effroyable trogne vers elle.
avatar
Claire Sazraêl
Admin

Messages : 749
Date d'inscription : 13/09/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le prix du pouvoir - Chapitre II

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:41

— Et merde, merde, merde » Quelle imbécile ! Mais bordel, quelle imbécile elle avait été !
Cette pensée, Miha ne cessait de se la répéter alors que le monstre tournait lentement sa face hideuse dans sa direction, le corps encore fumant aux endroits où les tirs de blaster l’avaient atteint. Oubliant totalement la sith qui pourtant se trouvait à sa merci, il reportait à présent son attention vers cette nouvelle menace qui avait surgit sur sa gauche, son odorat surdéveloppé orientant ses yeux aveugle vers la twi’lek.
Poussant un rugissement bestial qui percuta l’esclave comme une onde de choc, la faisant frissonner de tous son long et détruisant sa maigre volonté de combattre, l’être immonde chargea finalement. Avançant en une série de petit bond, détruisant les cuves qui étaient sur son chemin en répandant leur contenu de chairs rose qui se tortillaient sur le sol, le monstre fut rapidement sur sa cible. Paralysée par la peur, le corps tremblant de tout son long alors que les larmes roulaient le long de ses joues, elle observa sans réagir la créature levée son poing massif afin de l’écraser, prenant tout son temps avant de l’abattre comme s’il en retirait un quelconque plaisir.
Mais après de longues secondes d’attente, il devint évident que quelque chose clochait. Les traits tordus par la surprise, la créature se retrouvait elle-même immobilisée. Comme si une force invisible l’avait enchaînée, stoppant son assaut au dernier moment. Une force invisible qui trouvait son origine quelques mètres plus loin : la main levée, les dents serrées à cause de l’effort, Claire maintenait immobile la créature grâce à la Force.
— Tu attends quoi… » demanda la sith d’une voix faible « une invitation ? »
Battant rapidement des cils, chassant la brume de son esprit alors que l’instinct de survie prenait enfin le pas sur la peur, Miha put réagir. Bondissant en arrière, à peine quelques secondes avant que l’emprise ne se relâche et que le poing s’abatte, elle se réceptionna aussi bien que possible, glissant sur l’une des nombreuses flaques qui jonchaient à présent le sol.

Au moins elle était en vie, mais pour combien de temps encore ? La créature était toujours là, son instinct meurtrier entièrement tourné vers elle. Quant à sa "maîtresse" mieux valait ne pas y compter : ayant profitée d’un petit moment de répit, elle se battait à présent avec le dernier K’tan. Faisant face, désarmée, à son bâton dont elle ne pouvait qu’esquiver les assauts répétés, sans espoir de contre-attaquer.
Se relevant tant bien que mal, glissant à plusieurs reprises dans son empressement, la twi’lek se mit à courir à l’instant même où la créature se mettait de nouveau en mouvement. Fuyant aussi vite que ses jambes pouvaient la porter, tâchant d’ignorer la peur qui lui tombait comme une pierre sur l’estomac, elle fonçait afin d’échapper à la créature.
Cependant, il devint vite évident que cela ne suffirait pas : à chaque seconde qui s’écoulait la distance entre eux deux se raccourcissait inexorablement. Jusqu’à ce qu’enfin la créature fut suffisamment proche pour l’atteindre, pendant son appendice crochu qui vint s’enfoncer dans le dos de la twi’lek qui en lâcha ses blaster. Ayant un hochet de surprise, sentant son corps se vider de ses forces alors qu’une gerbe de sang lui montait du fond de la gorge, l’esclave crachat rouge alors que le crochet lui déchirait la chair en se retirant.
S’effondrant sur le sol, une plaie sanguinolente lui zébrant à présent le dos, elle tenta dans bien que mal de ramper afin d’échapper à son adversaire. Une tentative puérile, qui aurait sans douter amuser la créature si celle-ci avait été dotée du sens de l’humour. Mais tel n’était pas le cas : abattant son poing sur le dos de la jeune twi’lek qui hurla de douleur tout en crachant une nouvelle gerbe de sang, le monstre ne semblait pas décidé à s’arrêter là. Répétant l’opération encore et encore alors que sa victime s’acharnait à ramper, bien que tout espoir de fuite semblât vain.

Cependant, ce n’est pas la fuite qui l’intéressait.

— Aller, mange-toi ça enfoiré. » cracha Miha tout en se retourna brutalement sur le dos, levant vers le monstre les deux blaster qu’elle venait enfin d’atteindre. Un instant plus tard et un véritable déluge de feu s’abattit sur la créature, les doigts de la twi’lek rouge pressaient frénétiquement la gâchette de ses armes, sachant que s’était là sa seule façon de survivre.
Hurlant de douleur face à cet assaut inattendu, sentant des dizaines de petites brulures incendier son corps, la créature fut obligée de reculer face à cet afflux de tirs. Laissant croire l’espace de quelques secondes que cette manœuvre désespérée aller avoir raison de lui.
Mais il n’en fut rien.
Se remettant rapidement de sa surprise initiale, surmontant la douleur qui lui perçait les entrailles grâce à une rage rouge qui venait prendre le pas sur tout le reste, la créature balaya de son poing massif les bras de la twi’lek qui fut forcée de lâcher ses armes sous la force de l’impact. Désarmée, elle ne put alors rien faire tandis que la main du monstre se refermait sur elle, l’enserrant dans une étreinte mortelle.
Hurlant à son tour de douleur alors que l’étau se faisait de plus en plus puissant, faisant grincer les os de sa boite crânienne. Tambourinant contre le bras immense de la créature dans une tentative futile de lui faire lâcher prise, l’esclave se rendit rapidement compte que cela ne servait à rien. L’esprit de plus en plus embrumé par la pression qui se faisait croissante, sentant son pouls s’accélérer alors que son corps comprenait le danger. Mais il n’y avait rien à faire, et bientôt les ténèbres remplacèrent la douleur, la coupant si totalement de son environnement qu’elle ne réalisa même pas que la poigne se resserrait d’un seul coup.
Même sa lourde chute sur le sol ne sembla être qu’un lointain écho de la réalité, comme si elle observait les choses en tant que simple spectatrice. Ce ne fut que lentement, très lentement, que ses sens lui revinrent enfin. Qu’elle entendit le hurlement de la créature et le bourdonnement caractéristique d’un sabre laser. Qu’elle vit cette lame rouge se dresser devant elle, et le bras qui gisait sur le sol, plaie déjà cautérisée là où autrefois il était rattaché au reste du corps.

Claire était enfin venue. Laissant derrière elle le corps sans vie du dernier K’tan, le corps séparé en deux au niveau de la taille par une grand coup de sabre laser, elle avait réagi juste à temps pour sauver Miha. Son arme de nouveau en main, elle pouvait à présent vraiment faire face au monstre, reprenant leur duel là où ils l’avaient laissé.
Mais cette fois-ci, les choses étaient bien différentes : blessé par les nombreux tirs de Miha, épuisé par ses nombreux sursauts de rages et ses charges incessantes, la créature n’avait plus les moyens de s’opposer à une sith armée et prête à se battre. Un fait que, bien entendu, son cerveau primal ne pouvait comprendre. Malgré l’absence de son bras, ne lui laissant qu’un de ses des appendices gauches pour combattre, la créature se jeta sur Claire en hurla.
Tant pis pour lui. Se baissant pour esquiver un coup horizontal porté par la queue de scorpion, la Sazraêl fouetta rapidement l’air de sa lame, découpant le dernier appendice de la créature. Et alors que celle-ci se cambrait et hurlait de douleur, la jeune sith bondit dans sa direction. La puissance de son saut décuplé par la Force l’amenant juste devant la tête de l’être…qu’elle trancha d’un coup sec, retombant sur le sol en même temps que la caboche immonde, bientôt suivit par le reste du corps qui s’écroula comme un pantin dont on aurait coupé les fils.
C’était fini…enfin. S’écroulant à genoux sur le sol, son corps refusant de la porter, Claire put alors constater le massacre. Toute cette opération venait de foirer : trois K’tan morts, un laboratoire presque entièrement détruit, et un raffut qui avait dut réveiller tous les alentours du palais.
— Pour la discrétion, je crois que c’est planté…. »
avatar
Claire Sazraêl
Admin

Messages : 749
Date d'inscription : 13/09/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le prix du pouvoir - Chapitre II

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:41

Le dos posé contre un mur lézardé par de nombreuses failles, ses deux bras croisés l’un contre l’autre lui enserrant la poitrine, Claire prêtait à peine attention au flot de récrimination que le cathar lui déversait dessus, oubliant toute prudence qu’il convenait d’adopter face à une sith. Heureusement pour elle, les hurlements de colère et les sirènes d’incendie qui se faisaient entendre à l’extérieur parvenaient presque à couvrir la voix de l’agent, lui permettant d’ignorer une grande partie de son discours.
Relevant ses deux pupilles orangées, faisant semblant de lui accorder un peu de crédit, et en profita au contraire pour vérifier que tout le monde était à son poste. Dissimulée au sein d’un petit appartement dans les quartiers pauvres d’Aurélian, leur planque lui avait toujours semblée bien trop étroite pour la dizaine d’agents qui l’occupaient, donnant l’impression d’être sans cesse surchargé. Et à présent qu’une de leurs trois pièces avait été réquisitionnée pour soigner Miha, la twi’lek bardée de bandages reposant sur un lit de camp, le manque de place se faisait encore plus sentir.
— Je pensais que nous devions agir avec discrétion. » continua l’agent Ihax Son, apparemment pas décidé à s’arrêter « Et voilà que maintenant toute la planète menace de nous tomber dessus. »
— Si dès le début vous aviez fait votre travail, ma présence n’aurait pas été nécessaire. » rétorqua Claire d’une voix absente.
— Exact. Mais si on m’avait envoyé plus tôt les renforts que j’exigeais, alors nous n’en serions pas là. »
Cette conversation ne menait vraiment nulle part. Soupirant profondement, la sith se détacha lentement du mur, grimaçant légèrement alors que ses propres plaies encore mal cicatrisées tiraient sur sa peau. Ignorant le cathar et sa mine furieuse, elle le dépassa sans plus de considération qu’elle ne l’aurait fait pour une table, ne s’arrêtant que lorsque sa patte vint se poser sur son épaule.
— Si j’étais vous agent, je retirerais ma main avant de la perdre. » articula lentement Claire en tournant son visage dans sa direction.

Une fois de plus elle se surprit en voyant avec quel naturel son rôle de sith lui venait. Aussi facile que d’enfiler un vêtement, il lui suffisait de regarder son interlocuteur droit dans les yeux, de froncer les sourcils et de prendre un air hautain, pour que celui qui lui faisait face perde soudain toute trace de courage. A force de "jouer la sith" peut-être en était-elle vraiment devenue une, comme lui avait autrefois prophétisé Kor’na.
Réagissant à cette menace tant verbale que psychologique, le cathar retira aussitôt sa main, aussi prestement que s’il s’était brûlé. La peur se dessinant sur son visage, réalisant qu’il avait été trop loin, l’alien recula tout en s’inclinant devant la sith, marmonnant une flopée d’excuses que celle-ci ne prit même pas la peine d’écouter, reprenant son chemin.
— Quelles nouvelles de l’extérieur ? »
— Pàs bonnés éxcéllence. » bégaya tsa’nuk dans son habituel accent qui rendait la togruta difficile à comprendre. Mais malgré ce handicap elle n’en demeurait pas moins très capable de comprendre le basic, espionnant depuis plusieurs heures à présent les canaux officiels et officieux de la planète. Assise devant une large console posé dans un coin de la pièce, un écouteur posé contre son oreille à l’affut de la moindre information, elle était devenue leur seul contact avec le monde extérieur. Et au vu de son expression, comme de ses paroles, la suite ne s’annonçait pas facile.
— On parlé de nombréuses émeutés àù sein de touté là planète. Dés bâtiments officiels ont été détruit, plusiéurs quàrtiers sont déjà én féu, et lés forcés dé l’ordré sont totalement dépàssés. »
— C’est impossible » murmura Claire tout en se saisissant d’un second écouteur, constatant par elle-même l’étendue de la catastrophe « La garnison devrait déjà être en action, chaque planète impériale a un plan pour ce genre de situation. »
— Seulé ùné partié de là garnison s’ést misé en mouvement, mais là plupàrt des gardes demeurent cloitrés dans léurs bàràquements. »
Bien sûr…qu’attendre d’autre de toute façon. Leur réaction, de même que les émeutes qui éclataient un peu partout sur la planète, n’avaient rien d’une réaction spontanée. S’était là la réaction des K’tan suite à son intrusion dans leur laboratoire, leurs prêcheurs enflammant l’esprit de la foule en présentant cela comme une tentative d’assassinat contre le gouverneur. Et ce dernier ne faisait rien pour contredire cette version : dévoué à ces aliens et à leur culte, il avait dû donner des ordres afin que la garnison n’intervienne pas.
Désormais, ils ne pouvaient compter sur aucune aide au sein de la planète.

— Excellence ? »
Emergeant de ses pensées, Claire réalisa seulement à ce moment-là qu’elle n’écoutait plus les canaux de transmission depuis plusieurs minutes maintenant, toute plongée qu’elle était dans ses réflexion. Posant sur la console l’écouteur qu’elle tenait contre son oreille, laissant tsa’nuk retourner à son travail, elle tourna son regard en direction de l’homme qui venait de l’interpeler.
Bardé d’une simple tunique composée d’un débardeur gris et d’un pantalon marron, tous les deux sales et troués à plusieurs endroits comme si ils avaient servis de nombreuses année, Kenntrav ressemblait bien peu à un soldat dans cet accoutrement. Seule son importante musculature, ainsi que la posture qu’il prenait naturellement devant elle, témoignant de sa véritable nature.
— Sergent Havern. Comment se porte la twi’lek ? »
— Elle est tiré d’affaire, même si je doute qu’elle puisse de nouveau combattre ou se déplacer avant un bon bain de kolto. Mais sauf votre respect, il y a un autre sujet dont j’aimerais m’entretenir avec vous. »
Percevant l’empressement dans la voix de son ancien frère d’arme, la sith ne se fit pas prier. Invitant d’un geste chacun à continuer son travail au mieux, elle suivit le roux jusqu’à l’une des deux pièces adjacentes, à peine assez grande pour contenir les piles désordonnées de papiers qui jonchaient le sol et couvraient les murs, remplaçant la tapisserie miteuse et le parquet immonde. Même la porte n’était plus en bonne état, gisant hors de ses gongs contre l’un des murs, obligeant les impériaux à se coller au fond de la pièce et à murmurer comme deux conspirateurs.
— Puis-je parler librement ? »
— Kenntrav… » soupira Claire « Tu n’as pas besoin de… »
— Dans ce cas je serais direct : rester ici n’est pas sûr. Si le gouverneur est impliqué alors il doit se douter de notre localisation, et ce n’est qu’une question de temps avant qu’une bande d’émeutiers enragés n’enfonce la porte pour tous nous massacrer. »
— Je sais, je sais. J’ai déjà envoyé un signal au Codex obscur via une balise hyperspatiale, afin qu’il vienne nous récupérer. Il ne devrait plus tarder à présent. »
— Cela risque d’être trop tard. » insista le sergent « Toute cette planète commence à partir en vrille, si nous ne partons pas maintenant, alors… »

Le reste de son discours ne fut jamais entendu. Sa voix se retrouvant couverte par le bruit sourd d’une masse cognant lourdement contre un support, le choc faisant trembler tout l’appartement, figeant instinctivement tous ses occupants dans leurs activités.
— Qu’est-ce que c’est que ça ? » demanda l’un des cathar après quelques secondes de silence
— Rien de bon… »
Prise d’une sombre prémonition, à moins que ce ne fut le murmure de la Force dans son esprit, la jeune femme courut en direction des fenêtres alors qu’un nouveau battement se faisait entendre, secouant les fondements de l’appartement.
Une foule était là, faisant le siège de l’immeuble. Armés d’armes rudimentaires, leurs outils en fer, des piques et quelques blaster de faible qualité, cette masse hétéroclite pouvait néanmoins compter sur son nombre pour compenser le manque de matériels. Plusieurs dizaines de personnes, peut-être même déjà une centaine, étaient rassemblés devant la porte de l’appartement, voyant de nouveaux renforts arriver à chaque instant.
Mais plus inquiétant encore était leur attitude. Vociférant des menaces à l’encontre de l’Empire, leurs visages déformés par une rage qui n’avait rien de rationnels, ils avaient emporté avec eux une speeder qui leur servait à présent de bélier. Tambourinant lourdement contre la porte de l’immeuble, se fracassant un peu plus à chaque coup, de même que la porte contre laquelle il cognait. Encore quelques minutes, dans le meilleur des cas, et leur unique ligne de défense tomberait.
— Il faut qu’on bouge…maintenant ! »
avatar
Claire Sazraêl
Admin

Messages : 749
Date d'inscription : 13/09/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le prix du pouvoir - Chapitre II

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:42

— Dépêchez-vous, n’emportez que ce qui est indispensable, et brûlez le reste »
Dissimulant mal la peur qui lui enserrait les tripes comme un nœud coulant, Ihax Son put au moins se rassurer en constant l’efficacité de ses agents. Agissant comme un seul homme, appliquant une procédure répétée cent fois, chacun savait ce qu’il avait à faire. Aussitôt les papiers et les blocs de données furent poussés dans la seule pièce vide, arrosés de carburants au fur et à mesure qu’ils étaient amenés, tandis que les données les plus importantes étaient rapidement fourrés dans de grands sacs noirs.
Supervisant tout cela au mieux, aidant les autres cathar à ranger cela rapidement, l’alien à la peau blanche savait pourtant que cela ne suffirait pas. A peine une minute après que l’ordre ait été donné, un craquement sinistre se fit entendre, bientôt suivit par des clameurs féroces provenant de la rue. La porte avait cédé, et les émeutiers s’enfonçaient à présent dans l’immeuble. Ils étaient foutus.
Ou du moins, ils l’auraient été, sans la présence de leurs précieux alliés.
— Tsa’nuk et moi on va les repousser, vous autres terminez de ranger et retrouvez-nous sur le toit. » déclara Claire en entrainant la togruta avec elle, leurs sabres laser déjà en main brillant de leur revêtement chromé que les deux femmes sortaient de l’appartement, leurs visages de marbre ne laissant percevoir aucune trace de peur.
Occupant l’un des quartiers les plus pauvres de la ville, l’immeuble ne disposait pas de turbo-élévateur, ou même d’un ascenseur parmi les vieux modèles qui existaient encore sur certaines planètes. La seule façon de passer d’un étage à l’autre était d’emprunter un escalier en colimaçon qui s’élevait comme un serpent enlaçant sa victime, ses innombrables marches en pierre laissant à peine assez d’espace pour que deux hommes se tiennent de rang. Ce qui ne semblait pas devoir gêner leurs assaillants.
Se pressant comme une nuée de sauterelle, la foule grimpait rapidement les escaliers en poussant des hurlements où rage et victoire venaient se confondre tandis qu’ils apercevaient les deux sith quatre étages plus haut. Déjà plusieurs tirs de blaster commençaient à fuser dans leur direction, bien trop mal ajustés pour provoquer ne serait-ce qu’un mouvement de reculs chez elles.
— Prête ? »
— Jé sùis àvéc voùs éxcéllencè. »

Trois étages. Raffermissant la poigne sur son sabre laser, Claire observait la foule qui montait sans cesse, leur criant une floppée d’injures et de menace.
Deux étages. Emportés par leur frénésie la foule semblait avoir du mal à se contenir dans le petit escalier : trois personnes chutèrent en direction du sol alors que la rambarde cédait sous la pression, allant s’écraser contre le sol dans une explosion de sangs et d’os.
Un étage. Dans une synchronisation parfaite les sabre laser s’allumèrent en même temps, deux lames rouges surgissant des mains de Tsa’nuk alors que Claire dégainait sa propre arme dont la couleur sang vint se refléter dans les pupilles des insurgés. Tellement emportés par leur rage qu’ils n’eurent même pas le bon sens de reculer face à cette triple menace, les plus en avant d’entre eux levant déjà leurs armes de fortune avec l’espoir futile d’abattre les deux sith.

Tant pis pour eux. S’abattant d’un même mouvement, les sabre laser tranchèrent les trois premiers civils avant même qu’ils puissent comprendre que la mort venait frapper à leur porte, s’écroulant en même temps que les morceaux de leurs pseudo-armes. Mais cela ne suffit pas à calmer la foule.
Piétinant les corps de leurs camarades sans plus de considérations qu’ils n’en avaient pour le sol, le reste des assaillants se jeta en direction des deux sith, qui n’eurent qu’à faire pivoter leurs lames pour trancher de nouveaux trois autres personnes qui s’écroulèrent sur les marches, aussitôt remplacer par trois autres tout aussi pressées de mourir.
Ce n’était pas une bataille, ou même un combat. Tout cela n’était qu’une boucherie, un bain de sang aussi dépourvut de tensions que de sens. Des dizaines de fois les émeutiers chargèrent, et des dizaines de fois Tsa’nuk et Claire n’eurent qu’à faire pivoter leurs lames pour faucher les nouveaux assaillants qui se pressaient pour remplacer leurs morts. Encore et encore elles frappèrent, n’ayant même pas besoin de s’inquiéter des quelques tirs de blaster, tant la foule compacte venait rendre toute tentative de tir hasardeuse.
+ Pourquoi faites-vous cela ? Pourquoi venez-vous mourir en vain ? + avait envie de leur hurler la Sazraêl alors qu’elle fauchait un nouvel émeutier, un homme bourru qui serrait entre ses mains usées un simple tuyau de métal, sa tête grisée prématurément par des années de travail allant s’échouer contre le sol du rez-de-chaussée. Rejoignant ainsi les dizaines d’autres cadavres qui étaient tombés, basculants dans le vide tant l’escalier déjà remplie de mort ne pouvait plus les contenir.
Et cette bataille aurait pu sans douter durer longtemps si leurs adversaires étaient réellement des fanatiques, déjà entièrement convertis aux discours qui les avaient encouragées à se révolter. Mais heureusement cela n’était pas le cas : voyant les corps s’amonceler et les deux sith demeurent toujours sur leurs positions, la volonté des émeutiers commença à se fissurer. Ce fut d’abord un qui lâche son arme pour prendre la fuite, puis un second, et rapidement la panique se répandit dans leurs rangs comme une trainée de poudre. La foule se retirant comme une marée se retirant après s’être écrasée contre des rochers, laissant ses morts derrière elle.

— Bien jouée Tsa’nuk. » laissa échappa Claire dans un souffle tout en désactivant son arme, allant prendre appuie contre la rambarde afin de soulager ses muscles. Heureusement que leurs ennemis avaient fuis : encore quelques secondes de ce rythme effréné et elle aurait sans doute craqué.
— Mérci éxcéllencè, màis noùs né dévrions pàs tràiner ici, ils vont révénir. »
— Je sais…je sais. » répondit Claire tout en tâchant de retrouver bonne figure. « Reste ici, et garde l’escalier au cas où ils reviendraient, et tiens-toi prête à bouger, je vais… »
S’interrompant brutalement dans son propos, la jeune sith sentie soudain le sol trembler sous ses pieds, basculant vers la rambarde à laquelle elle se raccrocha afin de ne pas tomber. Encore un coup des insurgés ? Essayaient-ils à nouveau de créer une brèche au sein de l’immeuble ? Non, il s’agissait d’autre chose : ils n’avaient pas d’armes assez puissantes pour créer un choc aussi violent.
— Qu’est-ce que… » commença à demander la Sazraêl avant d’être à nouveau interrompu, un choc tout aussi violent que le précédent faisant trembler l’immeuble, lézardant les murs et menaçant d’effondrement tout la structure.
— Excellence ! » l’interpella un des cathar en surgissant de l’appartement « Vous devez venir voir ça, nous avons un problème ! »
— Non, vous croyez ? » répliqua-t-elle avec humeur tout en retournant dans l’appartement, bousculant sans ménagement le cathar dans sa précipitation. Balayant du regard le petit espace, elle put constater avec satisfaction que tout était prêt : les sacs étaient chargés des documents les plus importants, tandis que toutes les données sensibles brûlaient dans un coin, la fumée noire qu’elles dégageaient s’échappant par l’une des étroites fenêtres de ce lieu. Fenêtre par-dessus laquelle Kenntrav était penché, sa mine inquiète ne laissant rien présager de bon.
— Excellence… »
— C’est si moche que ça ? »
— Plus encore »
Ignorant la troisième secousse qui fit trembler le bâtiment, Claire s’avança en direction de la fenêtre, constatant par elle-même l’ampleur du problème.
Mais même dans ses pires prédictions, elle n’aurait pas pu s’attendre à cela.
Cinq droide Mark I faisaient face à l’immeuble, condamnant toute échappatoire. Leurs canons blaster pointés en direction du murs encore fumants, laissant deviner qu’ils étaient programmés pour tirer en même temps. Où les insurgés avaient-ils trouver une telle puissance de feu ? La seule réponse possible faisait froid dans le dos : le gouverneur était parvenu à retourner la garnison contre eux, utilisant ses droides afin de les abattre.
— Qu’est-ce qu’on fait ? »
En voilà une excellente question. S’ils attendaient ici ils étaient morts : encore quelques salves et l’immeuble s’effondrerait, les ensevelissant tous. Mais sortir était tout aussi suicidaire : les cinq droide n’attendaient que ça pour les tailler en pièce, et même avec le soutiens de Tsa’nuk leurs chances d’en sortir en vie étaient bien faibles. Ce qui ne leur laissait qu’une seule échappatoire.
— On fonce sur le toit…VITE ! »
avatar
Claire Sazraêl
Admin

Messages : 749
Date d'inscription : 13/09/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le prix du pouvoir - Chapitre II

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:43

— Sur le toît ! Vite, vite ! »
Pressant les agents cathar de sa voix impérative, Claire ne faisait rien pour les rassurer. L’heure n’était plus à cela : à chaque seconde qui s’écoulait les fissures dans les murs se faisaient plus importante, formant une véritable mosaïque sur cet ensemble autrefois solide, et qui menaçait à présent de s’écrouler sur eux.
Posée juste devant l’entrée de l’appartement, la jeune sith continuait d’encourager les impériaux à accélérer le rythme, n’accordant que peu d’attention à l’escalier encore chargé de cadavre gardé par Tsa’nuk. La menace ne viendrait pas de là : les cinq droide Mark I étaient incapable de gravir le petit escalier, et les émeutiers n’iraient plus lancer d’assaut suicide. Pourquoi le faire, alors que les salves des droides finiraient par faire s’effondrer l’immeuble sur eux ?
Heureusement, les agents savaient ce qu’ils faisaient. Ayant mis à profit les quelques minutes que leur avait fait gagné les deux sith, ils n’avaient plus qu’à se saisir des sacs déjà remplis, passant devant Claire avant de gravir l’escalier en direction du toit sans poser de question. Mais alors que le dernier d’entre eux commençait à gravir les marches, un doute la saisit soudainement.
— Où est Miha ? » demanda-t-elle en attrapa la manche du cathar.
— Qui ? »
— La twi’lek rouge, celle qui était avec moi. Où est-t-elle ? »
— Nous l’avons laissée à l’intérieur excellence. Elle est blessée, difficilement transportable, et elle ne ferait que nous ralentir. Ce n’est qu’une esclave, vous pourrez en acheter une autre. »
Sentant la fureur lui monter au visage et brouiller son esprit, la jeune dame Sazraêl s’apprêta à répliquer à l’instant même où Kenntrav émergea à son tour de la pièce. Sa vibro-lame accrochée dans le dos, juste à côté de la twi’lek dont il avait noué les deux bras autour de sa gorge, la soutenant par les cuisses comme un adulte portant un enfant.
— On n’abandonne personne. » dit simplement le sergent en hochant la tête
— On n’abandonne personne. » répéta-t-elle avec un hochement de tête accompagné d’un sourire nostalgique. Cette phrase, combien de fois l’avaient ils entendu et prononcés tous les deux, à l’époque où ils appartenaient encore à l’armée. "On n’abandonne personne" : telle était la devise de ceux qui avaient combattus et saignés ensemble.

Mais l’heure n’était pas aux vieux souvenirs. Chassant cette pensée aussi rapidement qu’elle lui était venu, la sith gravit rapidement les marches à la suite des cathar, entrainant derrière elle Kenntrav et Tsa’nuk qui formait leur arrière garde. Parvenant à conserveur leur équilibre alors qu’une nouvelle salve de tirs secouait l’immeuble, ayant désormais l’habitude de ces secousses, ils gravirent rapidement les quatre étages qui les séparaient du toit. Poussant à la volée la mince porte en métal au verrou depuis longtemps brisé, ils parvinrent enfin à l’air libre, retrouvant le reste du groupe qui semblait médusé par le spectacle qui s’offrait à eux.
Si la situation semblait inquiétante vue de l’appartement, la vision qui s’offrait maintenant à eux avait des relents de désespoir. Partout où ils posaient le regard, le chaos régnait. D’innombrables incendies illuminaient la cité, leurs fumées noirs s’élevant si nombreuses dans le ciel qu’elles en cachaient le soleil. Des immeubles et des barrages posés à l’improviste par les émeutiers, le feu jetait sur la ville un filtre rougeoyant.
Où était la garnison impériale ? Pourquoi, malgré les innombrables sirènes qui chantaient leur musique sinistre, aucun soldat ne se trouvait-il dans les rues ? La question ne pouvait avoir qu’une seule et inquiétante réponse : les forces impériales avaient abandonnés la cité à son sort. Sanctionnant, de par leur absence, cet apparent mouvement populaire qui n’en était pas un. Agitant la foule, tirant d’invisibles ficelles, les K’tan balayaient les derniers bastions loyalistes de la planète, faisant tomber Aurélian entre leurs mains.
— Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait excellence ? » demanda l’un des cathars, un imposant géant haut de deux mètres qui paraissait pourtant bien ridicule comparé à la scène qui se dessinait sous leurs yeux.
— Maintenant on fonce au spatioport. On trouve une navette, et on se met dans l’orbite de la planète en attendant que le Codex obscur vienne nous récupérer. »
— Vous voulez dire ce spatiport ? » répliqua Kenntrav d’une voix ironique, désignant d’un mouvement de la tête le vaste bâtiment en flammes qui se trouvait quelques centaines de mètres plus loin.
+ Et merde + fut la pensée qui fila dans l’esprit de Claire, parvenant à retenir le juron alors qu’il s’apprêtait à franchir ses lèvres. Un tel saut d’humeur ne leur serait d’aucune utilité dans l’instant présent. Tous comptaient sur elle pour les tirer du piège mortel qu’était devenue cette planète, et elle n’avait pas l’intention de les décevoir.

— Très bien. Tant pis dans ce cas. » articula-t-elle lentement, temporisant afin de mettre en place un plan « De toute façon il faut qu’on bouge. Rester ici, c’est mourir. »
Et comme pour prouver ses dires, une nouvelle salve de tirs vint frapper l’immeuble. Si violente que plusieurs cathars chutèrent, incapable de demeurer debout alors que toutes les vitres du bâtiment finissaient d’exploser alors qu’une faille large de plusieurs centimètres venait se former tout le long du toit. Ils n’avaient plus le temps de réfléchir, il fallait agir.
Heureusement, les agents impériaux n’avaient pas choisi cet endroit par hasard. S’il avait été autrefois un lieu plein d’espoir et de vie, un des faubourgs qui avait été créé entre le spatioport et le palais du gouverneur, ce quartier avait depuis longtemps connu une importante vague de paupérisation. Répondant à une demande croissante d’une population sans cesse plus nombreuse, et sans cesse plus pauvre, les bâtiments avaient été élevés et surélevés de manière incontrôlable, se collant les uns aux autres afin de gagner quelques précieux mètres.
Et grâce à cela, il ne restait désormais plus qu’une distance ridiculement petite entre chaque immeuble, quand il en restait une tout du moins. Créant un véritable chemin par lequel Claire pouvait à présent les mener, évitant grâce à cela les rues bondées d’émeutiers enragés. Faisant un ample geste de la main, encourageant le reste du groupe à la suivre, la jeune sith se remit à courir. Passant d’immeubles en immeuble, entrainant à sa situe les autres tout en essayant d’ignorer le bruit de la cité en train de bruler.
Courir oui, mais pour aller où ? Même dans ses pires projections elle n’avait pas imaginée pareille situation. Ils étaient seuls, isolés en plein territoire hostile, et bien trop en sous-nombre pour espérer l’emporter en cas d’affrontement. Pour le moment se déplacer suffisait à les mettre à l’abri, mais combien de temps cela durerais ? Déjà les impériaux commençaient à fatiguer, les minutes de courses effrénées et de sauts se faisant cruellement sentir dans leurs muscles tandis qu’ils arrivaient dans des quartiers plus riches, où les distances entre les immeubles se faisaient plus importantes.

Et ce qui devait arriver arriva.

Lesté par le poids de Miha sur son dos, fatigué par ces courses folles qui mettaient ses muscles à rude épreuve, il bondit à nouveau d’un immeuble à l’autre…mais sans réussir ce saut plus important encore que les précédents. Son pied ripant sur le rebord, ses mains déjà occupées ne lui permettant pas de se raccrocher in extremis, il chuta en entrainant avec lui la twi’lek.
Tombant de plusieurs mètres de haut, rebondissant contre les échafaudages qui courraient le long du mur, cognant rudement contre ses os dont plusieurs se fracturèrent en chemin. Mais cela eut au moins pour effet de freiner sa chute : ce qui aurait dut le tuer ne se transformant qu’en un choc rude, le laissant à moitié KO, allonger sur le sol en plein territoire ennemi, mais vivant.
Du moins, pour le moment
avatar
Claire Sazraêl
Admin

Messages : 749
Date d'inscription : 13/09/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le prix du pouvoir - Chapitre II

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:43

Sonné, les oreilles bourdonnant d’un sifflement assourdissant, Kenntrav revint rapidement à lui. Tentant par réflexe de se remettre sur pied, il regretta aussitôt cette manœuvre lorsqu’une douleur aveuglante vint lui vriller la jambe, son corps refusant de se mettre debout. Serrant les dents pour ne pas laisser échapper un hurlement de douleur, il se contraignit au calme, respirant lentement tout en tâchant d’ignorer la douleur que lui infligeait chaque bouffée d’air.
Ce n’était pas beau à voir. Une tige de métal s’était enfoncée profondément dans sa cuisse droite, transperçant sans mal le tissu de son pantalon, marquant à présent le centre d’une tâche de sang qui ne cessait de s’étendre. Quant au reste de son corps, il n’avait pas besoin d’une inspection très poussée, la douleur lui fournissant toutes les informations dont il avait besoin : au moins trois côtes cassées, de nombreuses écorchures, ainsi qu’une plaie bégnine sur le bras gauche.
Et pourtant il pouvait s’estimer heureux. Vu la chute qu’il venait de faire, les dégâts auraient pu être bien plus importants. A dire vrai, il aurait presque pu se réjouir de sa chance, si la réalité ne l’avait pas brutalement rattrapé.

— Crève chien d’impérial ! » hurla un homme qui surgit soudain d’une des arcanes qui entouraient le point de chute. Armé d’une lance rudimentaire, un bâton au bout duquel il avait attaché un petit couteau, l’homme se jeta en direction de Kenntrav tout en continuant à hurler, tel un possédé. Orientant son arme en direction de l’impériale, il piqua vers lui d’un coup sec, tentant de l’embrocher comme un animal. Et si ce n’avaient été les réflexes du soldat, sans doute y serait-il parvenu.
Saisissant l’arme juste en dessous de la lame, le soldat parvint à freiner l’arme juste à temps, stoppant son avancée à moins d’un centimètre de sa barbe rousse. Luttant quelques instants contre l’émeutier dont les yeux se trouvaient révulsés par la rage, se trouvant en position défavorable, Kenntrav réussit néanmoins à réagir. Roulant brutalement sur le côté, entrainant dans son mouvement la lance ainsi que son agresseur qui s’écroula vers lui, écopant pour sa peine d’un violent crochet du droit qui finit de l’étaler sur le sol. Mit KO par la puissance du coup, il ne vit même pas la mort arrivée alors que le soldat se mettait péniblement sur un genou, levant la lance avant de lui transpercer la gorge, mettant fin à la menace qu’il représentait.
Mais cette victoire demeura éphémère.
— Attention, derrière vous ! »
D’abord surpris en entendant cette voix, il fallut cinq secondes au soldat-roux pour comprendre qu’il s’agissait de la voix de Miha, le choc réveillant la twi’lek qui gisait elle aussi contre le sol, le sang qui coulait de ses plaies rouvertes se mélangeant à la couleur de sa peau. Et encore deux secondes de plus pour assimiler ce qu’elle venait de lui dire, se retournant pour voir une nouvelle menace émerger.

Trois nouveaux émeutiers arrivaient en hurlant. Leurs vêtements loqueux, leurs cheveux en bataille ne faisant que renforcer la lueur folle qui brillait dans leurs regards, faisant penser à des animaux enragés. Des animaux enragés brandissant chacun une vibro-lame, se jetant sur Kenntrav qui eut à peine le temps de réagir. Bloquant le premier coup vertical avec la lance de fortune, évitant de se faire broyer le crâne, il repoussa son agresseur au moment où deux nouvelles attaques fondaient sur lui.
Esquivant la première attaque en roulant sur le côté, il banda ses muscles tout en frappant de son arme vers les troisièmes insurgés, profitant de l’allonge que lui fournissait la lance. Mordant à travers la tunique couverte de suie, le couteau s’enfonça profondément dans la chair de l’homme, lui ravageant les entrailles qui s’écroulèrent bien vite sur le sol, s’échappant de la plaie béante qui lui barrait au présent le ventre.
Malheureusement, une telle attaque avait pris trop de temps, et ses ennemis n’avaient pas besoin de plus pour reprendre l’avantage. Voyant une nouvelle attaque s’amorcer contre lui, Kenntrav tenta une nouvelle esquive…mais ne put cette fois être suffisamment vif. L’attaque qui aurait dut lui trancher la main droite parvenant à lui entailler profondément le poignet, découpant tendons et muscles, faisant jaillir le sang.
Hurlant de douleur, sentant son arme s’échapper de sa main désormais sans force, l’impérial avait cependant connu trop de blessures durant sa longue carrière pour se laisser avoir aussi facilement. Surmontant la douleur, il se reprit aussitôt, utilisant son pied gauche pour faucher d’un seul coup son adversaire qui chuta lourdement contre le sol, surpris par la vivacité de cette réaction.
Et à peine eut-il touché le sol que déjà son adversaire était de nouveau en mouvement. L’empoignant par le col, profitant qu’il se trouvait encore trop hébété pour penser à réagir, Kenntrav l’attira vers lui tel un amant fougueux, venant le placer au-dessus de son torse…juste à temps pour lui servir de bouclier. La vibro-lame qui aurait dut lui exploser le torse frappant sur le crâne de l’insurgé, le tuant sur le tout.

Enrageant en constatant ce qu’il avait fait, le dernier des émeutiers reparti aussitôt à l’assaut. Dégageant d’un coup de pied le corps sans vie de son adversaire, privant le soldat de sa seule protection, il abattit à nouveau sa lame qui piqua droit vers le cœur de son ennemi. Sans moyen pour se défendre, sans assez d’espace ou de temps pour esquiver, Kenntrav n’eut pas d’autres solutions que d’empoigner l’arme avec son unique main encore valide.
Sentant la lame lui ravager la paume, tranchant profondément dans la chair, il surmonta son premier réflexe qui fut de lâcher l’arme. Mobilisant toute sa force physique, parvenant à stopper la course de l’arme, il demeura à lutter contre son adversaire qui lui aussi mettait toute sa force afin d’atteindre sa cible. Les deux hommes restant à lutter ainsi, l’expérience faisant face à la rage brute.
Mais bien vite, il apparut évident que le soldat ne pourrait plus tenir très longtemps. Affaiblis par ses nombreuses blessures et les luttes qu’il avait déjà mené, Kenntrav faiblissait rapidement. Serrant les dents, luttant contre la douleur et la fatigue alors qu’un filet de sang s’écoulait en continu de sa paume blessée, il voyait la pointe de l’arme se rapprocher inexorablement de sa tête, menaçant de le tuer d’un instant à l’autre…jusqu’à ce que, soudainement, son adversaire cesse de lutter.
La bouche figée dans une expression de surprise, les yeux exorbités non par la rage mais cette fois-ci par la douleur, l’homme baissa un regard hésitant en direction de son torse d’où émergeait à présent deux lames rouges. Une seconde plus tard et celles-ci disparurent, laissant l’homme s’écrouler alors que Tsa’nuk rengainait ses armes, dévoilant derrière elle le reste du groupe qui était enfin arrivé en revoir.

— Kenntrav ! Tu vas bien ? » demanda Claire en se penchant vers lui, oubliant pendant un moment de le vouvoyer, comme se devait de le faire un seigneur sith devant un subordonné.
— Je me porte comme un charme excellence. Quoi de mieux qu’une bonne petite rixe entre amis en attendant l’arrivée de ses excellences ? » répondit le roux d’un ton qui laissait planer le doute sur s’il s’agissait d’une plaisanterie ou d’un reproche à peine dissimuler. « Et maintenant que comptez-vous faire ? La zone est totalement dégagée, et d’ici quelques minutes tous les émeutiers de la planète vont venir nous tomber dessus. Vous avez un plan face à cela j’espère. »
— En réalité… » répondit Claire avec un sourire, levant le doigt vers le ciel « …il se trouve que oui. »
Suivant la direction désignée par sa maîtresse, levant les yeux, Kenntrav repéra rapidement ce qu’elle voulait lui montrer.
Et jamais de sa vie il n’avait été aussi heureux de voir une navette impériale. Marquée du double blason de l’Empire et de la maison Sazraêl, un dragon noir cerclé de runes, l’engin descendait rapidement vers eux. Sa présence en ce lieu ne pouvant signifier qu’une chose : le Codex obscur était enfin arrivé. Ils étaient sauvés.
avatar
Claire Sazraêl
Admin

Messages : 749
Date d'inscription : 13/09/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le prix du pouvoir - Chapitre II

Message par Claire Sazraêl le Mer 22 Nov - 13:44

Tout semblait si calme vu de l’espace. A une telle distance, Aurélian ne se distinguait en rien des autres planètes de la galaxie. Seules les quelques lueurs qui brillaient à sa surface permettant de deviner la présence de villes, d’une société un tant soit peu évoluée. Rien qui ne laisser deviner le chaos qui avait englouti la planète.
— Contact à 3-0-4. La navette oméga, avec à son bord le seigneur Sazraêl et le reste de son équipe. »
— Confirmez son code d’authentification et faites-les atterrir sur le hangar deux. »
— Bien prit commandant. Code d’authentification confirmé. Plan de vol vers le hangar deux transmit »
— Très bien lieutenant. Que les batteries de proue demeurent en état d’alerte, au cas où un intercepteur surgirait à l’improviste. Faites également prévenir la baie médicale, qu’ils se tiennent prêts à recevoir les blessés. »
Avec une certaine satisfaction, le commandant observa son équipage réagir aussitôt à ses ordres, agissant comme des soldats chevronnés. Beaucoup d’entre eux étaient pourtant de jeunes recrues, à peine sorties de l’académie et désireux de faire leurs preuves. Avec un pincement au cœur, il se demanda combien seraient encore en vie à la fin de cette guerre.

Debout devant son siège de commandement, se trouvant ainsi à la pointe même du vaisseau, le commandant Nathanaël Riva était de ces hommes dont la vie avait marqué le corps, comme une encre marque une page blanche. Un simple coup d’œil suffisant pour deviner leur vie mouvement.

Jurant avec le reste de l’équipage et leur jeunesse, il arborait quant à lui une chevelure gris-sel, trahissant les trop nombreuses années qu’il avait passé au service de la marine impériale. Une expression sévère et concentrée, sans cesse figée sur son visage, rappelant à tous son habitude à commander. Au point qu’il en devenait presque inconcevable de l’imaginer autrement que sur le pont d’un vaisseau.
Mais le trait le plus notable de son académie était sans conteste sa main droite, dont le gant de cuir noir ne pouvait dissimuler l’absence de trois doigts. Une blessure de guerre, et le souvenir de sa plus lourde défaite lorsque que son précédent vaisseau avait été abordé par Zakel au-dessus de Korriban. Ce jour-là, alors qu’il observait le « lance de Ziost » s’échouer sur la planète capitale via une capsule de sauvetage, avait été le pire de sa vie.
Il fallait des coupables, et lui-même en était un tout désigné. Passé en jugement, il avait réussi à sauver sa tête grâce à la clémence de l’Impératrice, mais son nom était tombé en disgrâce, le condamnant à ne jamais retrouver le commandement d’un vaisseau. Jusqu’à ce que Siqsa Sazraêl ne vienne le sortir de sa retraite forcée, plaçant entre ses mains sa nouvelle acquisition…acquérant ainsi sa loyauté éternelle, à elle et à sa famille.
Le Codex obscur était un bon vaisseau. Arpenter sa passerelle suffisait à lui fouetter le sang, donnant une seconde jeunesse à ses muscles autrefois atrophiés. Il était encore jeune et plein de promesse, la peinture sur sa coque n’ayant pas encore disparue sous les tirs de canons lourds. Mais vu la propension qu’avait la nouvelle dame Sazraêl à se mettre en danger, il ne s’écoulerait sans doute pas longtemps avant que les premiers tirs ne viennent rayer cette coque.

— Commandant, la navette vient d’atterrir dans le hangar numéro deux. » l’informa l’un des officiers, sa voix transmît dans une oreillette parvenant à surmonter le brouhaha qui régnait sans cesse sur le pont.
— Très bien. » confirma réception le commanda Riva en pressant une touche de son oreillette avant de se tourner vers son officier en second qui se tenait un pas derrière lui, attendant ses ordres. « Faites rediriger les blessés et préparez-vous à sauter en hyperespace dès que vous en recevrez l’ordre. Oh, et informez dame Sazraêl que je viens à sa rencontre. »
— Bien prit commandant. »
Pivotant sur lui-même, tournant dos à la baie vitrée et à la planète qu’on pouvait voir orbiter lentement sur elle-même, l’homme s’avança lentement en direction des ascenseurs. Remontant la passerelle, il contrôla au passage que l’équipage ne relâchait pas son attention, tout en plissant son uniforme déjà impeccable. Un réflexe que tout officier de l’armée impériale se devait d’acquérir rapidement s’il ne voulait pas connaître une fin expéditive face à un sith un peu trop pointilleux. Et ce fut pile à temps qu’il arriva devant l’ascenseur, ayant à peine fini de se poser dans une posture d’attente lorsque la porte s’ouvrir d’un seul coup, révélant le commandant qui échappait à la planète.
De toute évidence les informations n’avaient pas exagéré l’intensité des combats. Même avec les blessés partis vers la baie médicale, le groupe faisait peine à voir. Leurs mines tirées et les nombreuses petites entailles qui parcouraient leurs visages laissant deviner la situation en bas. Même les sith, la dame Sazraêl et la togruta Tsa’nuk, n’avaient pas été épargnés.
— Commandant Riva. »
— Excellence. » répondit se dernier en s’inclinant « Je suis heureux de vous voir saine et sauve. Nous avons craint d’arriver trop tard. »
— Mais heureusement ce ne fut pas le cas. Et maintenant que vous êtes là, nous allons pouvoir rendre au centuple ce que ces rebelles ont fait subir à l’Empire. Quand vos troupes pourront elles débarquer ? »

Le visage demeura de marbre, comme figé dans la carbonite, le commandant soupira intérieur. Ces sith…tous les mêmes. Tous des enfants capricieux, refusant de comprendre que tout ne leur était pas dut. Et c’était sur des gens comme lui que revenait la délicate tâche de leur expliquer, tout en essayant de ne pas subir leurs excès de rage.
— Je crains que cela soit impossible excellence. »
— Impossible ? Impossible ?! »
— Malheureusement excellence. Le vaisseau n’a à son bord ni l’équipement ni les hommes en nombre suffisants pour espérer reprendre une planète entière, même si nous ne visons que la capitale. Nos hommes seraient certainement mis en pièces, et cela ne conduirait qu’à renforcer la position des émeutiers. »
— Et que suggérez-vous donc ?! » explosa la jeune sith, collant quasiment son visage à celui du commandant « Que nous prenions la fuite ? Que nous laissions la planète aux mains des K’tan et des traitres ? »
— Ce que je suggère excellence, c’est de retourner sur Dromund Kaas pour nous rassembler et obtenir davantage de troupes. Après nous reviendrons et nous chasserons ces enragés jusqu’au dernier, vous avez ma parole. »
Devan n’importe quel sith, suggérer de se replier lui aurait sans doute valu de se faire raccourcir d’une tête, lui épargnant de voir ses hommes être sacrifiés dans une vaine tentative. Mais heureusement, tel n’était pas la sith qu’il servait. Ayant elle-même été soldat, elle avait le bon sens de ne pas sacrifier ses hommes sans raison, sachant reconnaître une cause désespérée.
Le temps de quelques battements de cœur, plus personne ne dit rien, plus personne n’osant même bouger. L’officier demeurant droit, faisant face à la sith, attendant ses ordres alors qu’elle réfléchissait à la question. Ou, plus précisément, qu’elle enterrait les espoirs dont elle s’était jusque-là bercée.
— Donnez l’ordre commandant…nous rentrons à Dromund Kaas. »
avatar
Claire Sazraêl
Admin

Messages : 749
Date d'inscription : 13/09/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le prix du pouvoir - Chapitre II

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet
 
Permission de ce forum:
Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum